Pierre Pestieau
Dans de nombreux pays à commencer par la France et la Belgique, lors de sa création,
le système de sécurité sociale se référait au modèle familial traditionnel
selon lequel l’homme, chef de famille, subvenait aux besoins de sa femme et de
ses enfants. La femme inactive ne bénéficiait en propre d’aucun droit social,
mais seulement des droits dérivés de ceux acquis par son mari : droits à une
couverture maladie, à un supplément de retraite ou à une pension de survie.
Lorsque l’activité féminine s’est développée et que les structures familiales
ont évolué, ce modèle à été remis en cause et l’idée d’individualisation des
droits a pris de la force, entendant par là que tout individu serait doté de droits
personnels qui ne peuvent pas être affectés par leur situation familiale.
Sur le principe, l’individualisation des droits se défend au nom de
l’aspiration à l’autonomie des individus et de l’égalité entre femmes et hommes.
Elle ne poserait pas de problèmes, si l’on passait du modèle familial ancien à
un modèle d’où aurait disparu le rôle de mère au foyer permanente. Or ce n’est
pas tout à fait le cas. C’est ainsi qu’est apparue une solution hybride avec
individualisation des droits pour la fiscalité et certaines parties de la sécurité
sociale et la familialisation des droits pour d’autres parties de la sécurité
sociale et pour l’assistance sociale. Une application intégrale de
l’individualisation pénaliserait la femme au foyer surtout celle qui appartiendrait
à un ménage à bas revenu.















