Pierre Pestieau
Récemment, Angus Deaton un des spécialistes de l’économie du développement
a publié un livre intitulé La grande évasion
en référence au film éponyme (1). Ce livre porte sur les progrès qu’ont connus
les sociétés contemporaines en termes de réduction de la pauvreté et d’allongement
de la durée de vie. Dans un chapitre excentrique, Deaton traite de l’aide au
pays en développement pour la dénoncer et en recommander la suppression. Inutile
de dire que c’est la partie de son livre que de nombreux medias ont retenue. Ce
n’est pas la première fois que l’on assiste à ce type de recommandations extrêmes.
Tel remède ne donne pas les résultats escomptés, supprimons-le. Il y a près de
50 ans, Deaton et moi avions 20 ans, Ivan Illich sortait ses deux ouvrages
fameux sur l’école et la médecine
(2). Il montrait avec beaucoup de subtilité que la plupart des dépenses de santé
ne servaient quasiment à rien; de même, de nombreux investissements dans l’éducation
n’avaient que peu d’utilité. Et bien, supprimons l’école et les systèmes de santé.















