jeudi 20 avril 2017

Pertinence contre excellence

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Pierre Pestieau

Il y a peu, j’ai eu l’occasion de faire partie d’un jury qui sélectionnait des projets de recherche en économie. Les candidats faisaient partie du gratin des jeunes économistes résidant dans l’Union européenne. Le jury était composé d’universitaires de qualité venant d’Europe et des Etats Unis.

Deux spécificités m’ont frappé dès l’abord : les thématiques de recherche et les critères de sélection. Les sujets de recherche étaient le plus souvent très éloignés de ce que je considère être le cœur de l’économie. Plusieurs projets portaient sur les normes, les valeurs, la guerre, la paix, les aspirations, les règles de vote, thèmes plus proche de l’anthropologie, de la psychologie et de la science politique que de l’économie. Le chômage, la pauvreté et la stagnation étaient absents alors que ce sont là les problèmes qui taraudent les sociétés européennes.

Le vote des Turcs Belges

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Victor Ginsburgh

Les travailleurs autrichiens remercient le Führer
Je suis né en mars 1939, peu avant le début de la guerre 40-45. Je ne dirai pas que je me souviens de ce qui s’est passé, mais il m’a souvent été raconté que mon oncle, autrichien, et en fait tous les hommes autrichiens, allemands et italiens, juifs ou pas juifs, qui vivaient au Congo belge, et au Rwanda Burundi à ce moment-là, ont été « internés » parce que pas belges, mais plutôt ennemis. Bien sûr, c’était un internement très modéré, qui n’a pas duré très longtemps. Quand le ministère belge des Affaires Etrangères s’est rendu compte qu’ils n’étaient sans doute pas des ennemis, ils ont été « libérés », mais devaient quand même se présenter tous les matins à ce qui, à l’époque, s’appelait l’administration territoriale, pour faire la preuve qu’ils n’avaient pas pris les armes contre la patrie dont ils ne faisaient pas partie, puisqu’ils n’avaient pas la nationalité belge. Et, comme enfant d’apatride, et puis autrichien pendant de longues années, j’ai toujours compris la raison. Vous ne pouvez pas agir contre le pays qui vous a accueilli.

jeudi 30 mars 2017

Elections

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Victor Ginsburgh

Un ami suisse (Philippe J.) me fait parvenir un article très drôle sur les élections françaises (ou autres, puisque la farce, parfois tragique comme aux Etats-Unis, est devenue universelle). L’auteur y propose que sa concierge se présente aux élections. Il cite dans cet article — que je vous suggère d’ailleurs fortement de lire (1) — une des propositions d’un certain Ferdinand Samuel Lop, qui s’est présenté plusieurs fois aux élections présidentielles françaises entre 1946 et 1958 avec des projets du type « extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir ». Si cette extinction était répétée jour après jour, elle vaudrait sans aucun doute autant, si pas mieux, que l’allocation universelle.

Ceci m’a évidemment donné envie de découvrir M. Lop, qui avait bien d’autres idées toutes plus originales les unes que les autres ; en particulier :

- la construction d'un pont de 300 m de large pour abriter les sdf ;
- la nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique ;