mercredi 14 février 2018

La bibliothèque de Babel

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Victor Ginsburgh

Voilà qu’en Chine, on vient de construire une bibliothèque étonnante, qui tout en étant finie, en tout cas, le nombre de livres l’est (à peine 1,5 millions), ressemble à une bibliothèque indéfinie. Elle m’a évidemment rappelé la très étrange nouvelle de Jorge Luis Borges auquel j’ai emprunté le titre de mon texte. Voici l’essentiel de la nouvelle écrite en 1941:

« La Bibliothèque se compose d’un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d’aération bordés par des balustrades très basses. 

Johnny et Cendrillon

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Pierre Pestieau

Non Cendrillon n’est pas une chanson de Johnny et pourtant ils ont quelque chose en commun. Il y a plusieurs siècles, en Angleterre, de nombreuses femmes mourraient en couches ; leurs maris prenaient une seconde épouse dont ils avaient des enfants. On s’est aperçu que lors de successions les enfants du second lit étaient favorisés, ce que le droit anglo-saxon permettait. Pour éviter que les enfants du premier lit soient régulièrement déshérités, le gouvernement a décidé d’adopter la règle continentale d’équirépartition. Cela permettait d’éviter ce que l’on a appelé l’effet Cendrillon. En réalité, Cendrillon a eu beaucoup de chance (1). Tous ces enfants de second lit n’ont pas eu la chance de rencontrer un.e prince.sse charmant.e.

mercredi 7 février 2018

Taxer les robots

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Pierre Pestieau

L’idée qu’il faille taxer les robots qui prennent l’emploi des non qualifiés est ancienne. Depuis le début de la révolution industrielle, on a assisté à une séquence  continue d’innovations techniques qui permettaient de produire plus rapidement et plus économiquement ce que les hommes produisaient jusqu’alors. C’est sans doute l’ampleur du phénomène et ses effets sur l’emploi qui distinguerait la robolution de la révolution industrielle.  Mais sur ce point, les avis divergent. Certains pensent que de nouvelles activités permettront à la main d’œuvre ainsi déplacée de rester occupée et de ce fait de maintenir le plein emploi. D’autres au contraire, prévoient des pertes massives d’emploi et un chômage de masse qu’il sera difficile de gérer (1). Il n’est pas possible de prévoir ce qui se passera mais clairement la manière dont les gouvernements abordent ce problème est cruciale. On peut en effet adopter une attitude passive et accepter avec fatalité le chômage de masse en proposant un revenu universel pour le pallier. On peut au contraire adopter des politiques proactives qui encouragent le travail dans de nouveaux domaines tels que ceux de l’aide à la personne.

L’école de la réussite

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Victor Ginsburgh

Décidément, mes collègues économistes sont bien actifs à écrire sur les problèmes importants de notre société. Il y a quelques semaines, Mathieu Lefèvre et Pierre Pestieau (Université de Liège) publiaient leur livre sur l’Etat-providence (1), et à peu près au même moment, Jean Hindriks (Université catholique de Louvain) et Kristof De Witte (KU Leuven) s’attaquaient, dans les articles d’un ouvrage collectif intitulé L’école de la réussite (2), au problème des différences des modèles d’enseignement et des résultats obtenus dans les deux communautés linguistiques belges. Ceci les différencie de nombreux autres écrits dans ce domaine. Les points qu’ils abordent ont plutôt trait à l’organisation de l’enseignement qu’à ce qui est enseigné. Ils sont économistes et pas éducateurs. Mais je m’en voudrais de ne pas revenir brièvement sur ce point plus loin.  

Tout en étant centré sur la Belgique, et contrairement à d’autres analyses, l’ouvrage souligne les différences importantes entre l’enseignement en Flandre et en Wallonie Bruxelles (et on se doute bien où cela nous mène), et compare la Belgique (unie !) au reste des pays de OCDE. De façon générale, la Belgique n’en sort pas toujours grandie (3). En voici quelques exemples qui devraient vous inciter à lire l’ouvrage (4).