mercredi 6 décembre 2017

La couleur de notre peau n’est pas due au savon Dove

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Victor Ginsburgh

Je me souviens de l’atlas que j’avais à l’école, mais plus tout à fait du nombre de races qui y étaient représentées. Cinq comme le nombre de continents, je suppose, mais je n’en retrouve que quatre : la blanche, bien sûre, la noire, qui m’était la plus connue puisque je vivais en Afrique, la rouge des « peaux rouges » et la jaune, des japonais que, dans une bande dessinée de Spirou, Buck Danny traitait de « faces de citron » quand ils apparaissaient comme pilotes d’avion, surtout s’ils étaient mitraillés par les bonnes « faces d’américains », plus blanches que blanches.

Ce qui m’a amené à me souvenir que récemment, et vous le savez sans doute, la marque des savons et autres produits dits d’hygiène, Dove d’Unilever, a répandu sur internet, l’image d’une femme à la peau noire qui se transforme en femme à peau blanche après avoir utilisé un de leurs merveilleux produits du style « lave plus blanc que blanc ». Dove a prié ceux qui avaient vu cette image de les excuser : « cela n’arriverait plus ». Et pourtant, Dove n’était pas loin, il suffit de très peu.

Les petits larcins

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Pierre Pestieau

Quelques anecdotes plus ou moins récentes. Il y a quelques jours, une connaissance qui est loin d’être dans le besoin me montrait sa collection de bouteilles de shampoing et savonnettes qu'elle collectait dans les grands hôtels qu'elle fréquentait. Récemment, on me rapportait qu'a l'occasion d'un mariage, certains invités n'hésitaient pas à mettre en poche des poignées de chocolats censés accompagner le café. Je me souviens d’une tante qui lorsqu’elle se trouvait dans un café ramassait les sucres et les godets de lait avec toujours la même sentence, reflet de son époque, « C’est toujours cela que les boches n’auront pas ! ».

jeudi 30 novembre 2017

Le miraculeux multiplicateur

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Pierre Pestieau

A plusieurs reprises, dans notre blog, Victor et moi nous sommes gaussés de l’effet multiplicateur que nos hommes politiques invoquaient pour justifier des dépenses injustifiables. Qu’il s’agisse du Circuit de Francorchamps, de Mons Capitale européenne de la culture ou de tel ou tel festival, on nous expliquait qu’un euro dépensé rapporterait 4 à 6 euros à la région, à la nation, au monde. C’est quasiment aussi bien que la multiplication des pains. Le multiplicateur est aussi invoqué pour arrêter ou ralentir la fermeture de centrales électriques ou de casernes. Il s’agit alors de calculer et d’opposer le gain financier qu’entraînent ces fermetures et les pertes d’emplois qu’elles provoquent. 

É.e.s et la féminisation de la langue françaiseLa t

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Victor Ginsburgh

Reconstruction de le Tour de Babel
Il y a des langues qui ont de la chance. L’anglais par exemple. Presque tous les noms communs sont neutres à quelques exceptions près comme celle de ship (bateau), dont on dit she sails out (elle quitte le quai, ou encore, elle met les voiles). Mais directeur.e s’écrit et se dit director, professeur.e ou écrivain.e s’écrivent professor et writer, et droits de l’homme se dit human rights. Il n’y a donc rien à changer dans la grammaire et l’écriture de l’anglais. Et s’il est question d’un pupil (un.e élève), on écrira, dans le cours du texte de temps en temps un she et de temps en temps un he pour indiquer que cela pourrait être une fille, mais aussi un garçon. Chacun.e a sa chance. Victor Margueritte avait d’ailleurs déjà inventé le mot garçonne dans son livre éponyme qui date de 1920.