jeudi 13 juin 2019

Migration et justice

1 commentaire:

Pierre Pestieau

Le thème de l’immigration est celui à propos duquel la gauche a la fâcheuse habitude de se diviser, mais plus grave, de maintenir un flou qui pourrait donner raison à tous les points de vue allant de l’angélique accueil universel justifié par les inégalités mondiales à des  positions plus restrictives fondées sur la protection de la cohésion politique et sociale des sociétés d’accueil.

Entre l’argument qu’une obligation d’entraide est due à tous universellement, y compris aux étrangers cherchant à immigrer, et le point de vue que les compatriotes ont priorité et que les obligations envers les étrangers sont limitées, on aurait pu penser que John Rawls (1), le philosophe de la justice qui a eu tant d’influence sur les économistes, pencherait pour le premier. Or, même s’il est discret sur le sujet, cela ne semble pas être le cas. Pour Rawls, si un peuple est lui-même responsable, par son incurie, des facteurs qui poussent ses membres à immigrer, cette irresponsabilité ne peut être transférée sur le dos d’autres populations sans leur consentement. Seuls les réfugiés pour cause de guerre, de famine ou de catastrophe naturelle constitueraient un problème de justice pour les éventuels pays d’accueil. Cet argument fondé sur la nation est parfois complété par un impératif d’aide aux pays défavorisés dont sont originaires les migrants potentiels.

mardi 4 juin 2019

Vous êtes tous remballés

Aucun commentaire:
Victor Ginsburgh

Ce 29 mai 2019, le procureur Robert Mueller qui a mené l’enquête sur les agissements de
Trump réfléchit
Trump, déclare dans sa conférence de presse que « si nous avions véritablement cru que le président n’avait pas commis de crime, nous l’aurions dit ». C’est un peu tordu, mais les doubles négations (et affirmations qui contredisent les négations) sont difficiles à comprendre et Trump, homme sans honneur en a évidemment profité (ou n’a pas compris, encore que certains le disent pas idiot) puisque sur Twitter il a déclaré que ces mots ne changent rien
(« nothing changes »), que l’évidence d’un crime est insuffisante et que dès lors, « dans notre [beau et grand] pays l’accusé est innocent » (1). Sa vie est belle. A moins d’être mis en accusation par le sénat (ce qui a peu de chance de se produire), il sera réélu et pourra continuer à s’opposer au reste du monde. Il a certainement d’autres astuces dans les poches. La Présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, lui a par ailleurs fait une proposition qui pourrait l’intéresser : « Peut-être le Président Trump aimerait prendre un petit congé sabbatique » (2). Façon polie de lui suggérer qu’il devrait se remballer lui-même.