mercredi 16 décembre 2015

La caissière et la bourgeoise

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Pierre Pestieau

J’ai reçu le texte ci-dessous (1) et même s’il ne me parait que partiellement pertinent, j’ai trouve bon de vous le livrer ainsi que mes commentaire afin de célébrer bien modestement l’accord oh combien fragile de Paris.

Quatre voeux pour un monde plus vivable

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Victor Ginsburgh

Une ouverture dans le mur entre la Palestine et Israël
Un dessin d’un artiste palestinien ou israélien, on ne sait pas. Peut-être par l’un et l’autre qui ont leur part de chaque côté du mur et peut-être est-ce le Palestinien qui a ouvert le mur, et l’Israélien qui s’est attribué la mer. A moins que ce ne soit l’inverse.





mercredi 9 décembre 2015

¡ Cuba Sí !

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Victor Ginsburgh

Certains d’entre vous — et certainement ceux qui comme moi
avaient affiché un grand poster de Che Guevara au mur de leur bureau — se souviendront du film documentaire ¡Cuba Sí! que Chris Marker avait tourné en 1961, pour marquer le premier anniversaire de la révolution cubaine, et du boycott stupide de plus de 60 ans que les Etats-Unis ont imposé au pays et que, comme des moutons, nous avons allègrement suivi. Allègre veut aussi dire « joyeux ».

Quelle joie c’était, par contre, de voir finalement Batista éliminé. C’était un homme corrompu, ami de la mafia américaine, familier de la torture et des exécutions publiques — ce qui ne nous dérangeait pas plus à l’époque qu’aujourd’hui à voir nos petits pactes récents avec certains pays (2). C’est aussi l’homme qui a révoqué lors de son retour à Cuba en 1952 la Constitution relativement libérale qu’il avait lui-même fait adopter lors de sa première présidence de 1940 à 1944 et qui a fini par se réfugier au Portugal de Salazar où il a vécu, dans les environs d’Estoril, riche et heureux de ses pillages à Cuba.

Prévisions démentielles. Un démenti

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Pierre Pestieau

S’il est un sujet qui préoccupe autant les pouvoirs publics que chacun d’entre nous, c’est bien celui de la démence. Celle-ci correspond à une catégorie de troubles du cerveau qui entraînent des lésions provoquant une détérioration progressive des capacités fonctionnelles et des relations sociales de l'individu. La maladie d'Alzheimer en est la forme la plus courante ; elle représente 60 à 80 % des cas. Il n'existe actuellement aucun de traitement capable d’arrêter la maladie.
Selon l'OMS, près de 35,6 millions de personnes en souffrent dans le monde. Compte tenu du vieillissement de la population et en l'absence de solutions de prévention efficaces, on appréhende généralement que ce chiffre triplera d'ici 2050. Ce qui est effrayant et insoutenable.

mardi 1 décembre 2015

Fraude sociale, fraude fiscale

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Pierre Pestieau

Dans le débat politique courant, ces deux types de fraude constituent un duo d’inséparables frères ennemis. Toujours opposés dans un monde manichéen. Pour la gauche, la fraude est essentiellement fiscale. Typiquement, tout indépendant est un fraudeur en puissance. Pour la droite au contraire, la fraude est surtout sociale ; l’allocataire social, en particulier le chômeur ou le bénéficiaire de minimums sociaux est un tricheur potentiel. Et si ce n’est pas lui, c’est son frère.

Que faut-il en penser ?

Réfugiés, exilés et terroristes

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Victor Ginsburgh

Je fuyais la guerre, rêvant d’un ailleurs, d’une vie meilleure. Silencieux, anxieux, je m’approche d’une frontière dans l’espoir que la terreur et la souffrance perdraient mes traces.

Une fois à la frontière, le passeur me dit de jeter un dernier regard sur ma terre natale. Je m’arrêtai et regardai en arrière : tout ce que je vis n’était qu’une étendue de neige avec les empreintes de mes pas. Et de l’autre côté de la frontière, un désert semblable à une feuille de papier vierge. Sans trace aucune. Je me suis dit que l’exil serait ça, une page blanche qu’il faudrait remplir.

jeudi 26 novembre 2015

Maxime Rodinson et Amin Maalouf : Même combat à 28 ans de distance

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Victor Ginsburgh

Voici ce que vient d’écrire l’écrivain franco-libanais
Amin Maalouf
Amin Maalouf, auteur des Identités meurtrières :

« Après chaque attentat, on se demande, avec angoisse, quand le cauchemar va s’arrêter enfin. Mais, dans la mesure où ces actes ont leur origine dans la désintégration politique et morale de plusieurs pays arabes et musulmans, il serait peu réaliste d’espérer que cette démence se révélera passagère. La tragédie est si ample et si profonde qu’il faudra des décennies pour la surmonter. Personne, dans ma génération, n’en verra le bout » (1).

Je crois entendre presque mot pour mot la réponse que
Maxime Rodinson
m’a donnée en 1987, il y a 28 ans, un certain Maxime Rodinson que beaucoup d’entre nous ont malheureusement oublié.

Je sortais ce jour-là d’une conférence que nous avions organisée à la mémoire de Marcel Liebman, professeur de science politique à l’Université Libre de Bruxelles, décédé en 1986. J’avais été chargé, à l’issue de la conférence, de conduire Maxime Rodinson à l’aéroport, où il avait un vol pour Paris [c’était bien avant le TGV] et nous devisions en route.

Rodinson et Liebman avaient tous deux bu au biberon marxiste et leur critique politique, sociologique et historique en était imprégnée. Ils étaient tous deux Juifs, non religieux ni croyants évidemment, et étaient tous deux opposés à la politique israélienne de l’époque, qui était bien plus tendre que ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Rodinson était un spécialiste du Proche Orient et de l’Islam (2). Liebman s’intéressait plutôt aux grandes figures du marxisme et du léninisme et aux problèmes de la classe ouvrière belge (3).


La gauche et l’argent

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Pierre Pestieau

On connaît des cas où certains défendent avec conviction
des idées de gauche tout en étant d’origine bourgeoise ou même continuant de vivre en bourgeois. C’est peut-être surprenant mais ce n’est pas choquant. Ce qui importe est que les idées soient bonnes et bien défendues. Je me souviens d’une lecture de mes vingt ans, un livre de John Kenneth Galbraith, un économiste de gauche que l’on disait fortuné, propriétaire d’un haras dans le Massachussetts. Son livre était excellent ; il portait sur les inégalités (1). Il a d’ailleurs un fils économiste qui est bien plus à gauche qu’il ne l’était.

En revanche ce que je trouve choquant ce sont les propos et les comportements de gens étiquetés à gauche qui ignorent complètements la réalité sociale. Je ne leur demande pas d’accueillir chez eux des clochards ou des refugiés. S’ils le font c’est très bien. Ce que je leur demande c’est d’éviter les propos à l’emporte pièce du type: « Je ne prends pas le métro; c’est inconfortable et ça pue ». « Je ne comprends pas comment on peut élever une famille dans un logement de 60 m2 ». Ou encore: « On m’offre un jeton de présence de 500 euros pour participer à une réunion mensuelle. On se moque du monde. »

samedi 21 novembre 2015

Espoirs et déceptions

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Pierre Pestieau

Le titre de ce blog n’est pas celui d’un roman apocryphe de Jane Austen. Il a trait à une pratique récurrente de nos gouvernants de promettre la lune, à savoir un programme dont ils savent sciemment qu’ils n’ont pas les moyens de le financer ou la capacité politique de le faire adopter. D’où immanquablement déception et perte de confiance. Récemment je lisais que le gouvernement Wallonie-Bruxelles se proposait de développer une assurance dépendance publique. On rappelait son urgence dans une société où le nombre de dépendants ne cesse d’augmenter. Le même jour, François Hollande annonçait qu’il voulait revenir sur le projet d’une écotaxe dont l’attrait était tel que l’on se demandait pourquoi il avait été abandonné. Ce projet permet à la fois de réduire la pollution routière et de financer des régions budgétairement exsangues. On le sait aucun de ces projets ne verra le jour, le premier pour des raisons budgétaires et le second pour des raisons politiques. Je pourrais multiplier à l’envi ces marronniers de la politique qui fleurissent régulièrement pour faner presqu’aussitôt : l’éradication des sans domicile fixe, la libéralisation des taxis devenus trop chers et trop rares, le droit de vote des étrangers, une taxation équitable du capital et de ses revenus. On se rappelle de la promesse de Jacques Chirac de se baigner dans la Seine, impliquant ainsi que ses eaux seraient alors purifiées.

Erri de Luca, écrivain engagé et Vendredi 13 à Paris

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Victor Ginsburgh

Depuis plusieurs semaines, je me proposais de vous parler de l’écrivain italien Erri de Luca et de ses admirables petits ouvrages. En particulier du Tort du soldat (1), dont je ne vous dévoilerai pas l’intrigue, mais dont la quatrième de couverture explique qu’il s’agit là « d’un livre aussi bref que percutant qui nous offre un angle inédit pour réfléchir à la mémoire si complexe des grandes tragédies du XXe siècle », ce qui me fera revenir, inévitablement, à ce qui s’est passé vendredi dernier à Paris, parce que l’écrivain y est aussi (re)venu.

Erri de Luca a commencé sa vie comme ouvrier non qualifié. Il s’est engagé dans l’action politique révolutionnaire en devenant, en 1969, un des dirigeants du mouvement Lotta Continua. Il est maintenant un écrivain célèbre, tout en restant un homme politiquement engagé.

Lisez de lui La parole contraire (2) qui relate ce qui lui est arrivé après une interview dans laquelle il a incité « à saboter et à dégrader le chantier TAV Lyon Tunnel Ferroviaire » dans le Val de Suse entre l’Italie et la France et dont le percement dégage des doses importantes de poussière d’amiante. En février 2014, écrit-il, « des agents de la Digos (Division investigations générale et opérations spéciales en Italie) se présentent le soir à mon domicile et me remettent un exemplaire de ma mise en examen … Me voici poursuivi en justice. Si je suis condamné, la peine pourra aller de un à cinq ans… J’ai exprimé mon opinion et on veut me condamner pour ça. »

mardi 10 novembre 2015

Le grand n’importe quoi

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Pierre Pestieau

Jeudi 5 novembre. Deux articles parmi ceux que je parcours
rapidement dans les journaux me font sursauter. Le Soir publie un article qui annonce dans son titre « Les taux de fécondité européens chutent. La Belgique est touchée, mais la Flandre se redresse ». Et d’ajouter « La meilleure forme de l’économie flamande couplée à la régionalisation récente de la politique familiale ne sont sans doute pas étrangères au meilleur taux de fécondité de la Flandre ». Le New York Times lui consacre un de ses articles éditoriaux à une communication de deux économistes de Princeton, Anne Case  et Angus Deaton, qui vient de recevoir le prix Nobel d'économie (1). Leur communication porte sur l’augmentation rapide des taux de mortalité des Américains blancs non qualifiés et d’âge mur (midlife). Ce serait là un fait nouveau qui contraste avec l’augmentation continue de la longévité dans les autres groupes d’âge, dans les autres groupes raciaux et ethniques, et dans les autres pays. Bref une désolante spécificité américaine. Les auteurs observent que cette hausse surprenante des taux de décès s’expliquerait non pas par les facteurs traditionnels que sont les maladies cardiaques et le diabète, mais par une épidémie de suicides et de maladies découlant de la toxicomanie (cirrhoses du foie, surdoses d'héroïne et prescription d’opioïdes).

Pourquoi réagir ?

A boire, à manger et à écouter des psychologues et médecins

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Victor Ginsburgh

Une équipe de psychologues de l’Université de Bristol a étudié
l’influence de la forme du verre de bière sur la vitesse à laquelle on le boit. Ils ont trouvé qu’un verre droit et un verre sur lequel on trouve des marques relatives au contenu (en litres) se boit plus lentement qu’un verre arrondi ou sans marques (1).

La sexologue et thérapeute de couple, Kat Van Kirk, suggère que la bière améliore les performances sexuelles des hommes. Elle permettrait de lutter contre l’éjaculation précoce et boosterait la libido. En particulier, la Guinness aiderait à être plus en forme durant l’acte et la Innis & Gun stimulerait le désir, tout en ayant un meilleur goût que le Viagra (2). Moi je préfère le vin. Que dois-je faire docteur ?

mardi 3 novembre 2015

La peinture de Renoir est dégueulasse…

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Victor Ginsburgh

Il est temps que je traite de mon sujet favori : les arts visuels et ce, surtout si les informations sont amusantes. En voici deux récentes.

Renoir sucks, en français moyennement vulgaire : [la peinture de] Renoir est dégueulasse. J’adore l’idée. Un comité s’est créé à Boston et demande que les peintures de Renoir soient retirées du Musée des Beaux Arts de la ville et que les conservateurs démissionnent. Ben Ewen Campen, professeur de biologie évolutionniste à Harvard et membre du comité, explique qu’il proteste « parce que voir des Renoir me rend triste. Le reste de ce qui est exposé dans le musée est remarquable, mais quand j’arrive aux femmes roses, mal fichues et déformées de Renoir, c’est non ! » (1) Faut bien reconnaître que le tableau de Renoir reproduit dans ce blog est assez nul et il y a pas mal de très mauvais tableaux de Renoir. Pour le comité « la décision d'exposer ses œuvres [et de bien d’autres dont on pourrait dire la même chose] alors que de véritables chefs-d'œuvre sont condamnés aux réserves, c’est tout simplement du terrorisme esthétique » (2). Pas faux, nous vivons au 21ème siècle et sommes assommés par les arts impressionnistes et assimilés de la fin du 19ème. Le nouveau musée d’art contemporain qui s’ouvrira à Bruxelles sur le site actuel de Citroën (3) sera parfait, parce qu’il n’y aura rien de contemporain à y mettre à moins d’y exposer des Renoir, que le ministre-président bruxellois doit croire contemporains et les Chats de M. Geluck, ce qui éviterait d’investir dans un Musée du Chat les quelque €4,5 millions dont on parle (4).


Vivons riches, vivons cachés

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Pierre Pestieau

En Belgique comme ailleurs, les milliardaires font de temps
en temps la une des journaux malgré eux. Car leur désir le plus intense est de rester caché pour reprendre le titre de l’excellent film d’Hanneke. Je ne parle pas ici des fortunes tapageuses et sulfureuses des riches Russes qui flambent leur agent noir sur la Côte d’Azur, ni des vedettes du ballon rond, de l’écran ou de la chanson qui aiment afficher leur réussite auprès d’admirateurs souvent sans le sou. Malheureusement on ne dispose que de peu de données pour connaître la concentration de la richesse. Il y a l’enquête récente de la Banque Centrale Européenne, qui est la seule source fiable en Belgique. Il y a par ailleurs des données que nous livre la presse sur les grandes fortunes. Ces données sont rarement crédibles; elles frappent l’imagination quand elle sont présentées sous le titre tapageur du type : Les 30 familles qui contrôlent le pays. En l’espèce, les données du magazine américain Forbes sont sans doute les plus dignes de foi. Dans sa dernière livraison, Forbes nous annonçait que 3 Belges figuraient parmi les milliardaires de ce monde. En dollars américains, on comptait par ordre décroissant Albert Frère avec 4,9 milliards, Paddock Chodiev avec 2 milliards et Marc Coucke avec 1,47 milliards. Les choses vont vite. En 2010 quand l’enquête de la BCE a été menée, Albert Frère était le seul milliardaire belge repris dans le classement Forbes et sa fortune s’élevait seulement à 1,92 milliards d’euros (2,4 milliards de dollars). Excusez du peu.

jeudi 29 octobre 2015

A quoi ça sert

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Pierre Pestieau

Il y a un peu plus de 30 ans, nous nous sommes, mon co-blogeur et moi, intéressés à la question suivante: « Dans quelle mesure la manière dont les communes belges sont gérées dépend-elle de la couleur politique du conseil communal? » Cette étude (1) faisait suite à un ouvrage du politologue Denis Lacorne, Les notables rouges  (Presses de la FNSP, Paris 1980). La conclusion de notre étude comme celle de Lacorne étaient que la couleur importait peu. Fallait-il désespérer de la politique et de la capacité de changer la société de la gauche? Pas vraiment. A l’époque, on se rassurait en pensant que les communes avaient somme toute peu de responsabilités à part la gestion quotidienne de tâches très concrètes telles que le ramassage et le traitement des ordures ménagères. Or, jusqu’à preuve du contraire il n’y a pas d’ordures rouges ou bleues et encore moins vertes (encore que beaucoup de légumes soient jetés alors qu’ils sont frais). On se rassurait aussi en écoutant les édiles de gauche nous dire que même si leur gestion n’était pas différente de celle de droite, elle se faisait avec davantage de cœur.

Israël, encore et encore…

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Victor Ginsburgh

Il y a d’abord eu l’illustre discours du non moins illustre Netanyahou prononcé devant le Congrès américain en mars 2015 contre les accords avec l’Iran. Ce discours a non seulement fait pschitt, mais il a aussi décousu le fragile accord entre Juifs américains qui soutenaient encore la politique israélienne au Moyen-Orient.

Il y a ensuite la manière peu subtile dont le subtil Netanyahou croit résoudre la révolte qualifiée de « légitime » par Zeev Sternhell dans son article du Monde (1) et qu’il conclut comme suit :

« Le sionisme classique s’est fixé pour tâche d’offrir un foyer au peuple juif. Le temps qui a séparé la guerre d’indépendance de la guerre des Six Jours a montré que tous les objectifs du sionisme pouvaient être réalisés à l’intérieur du tracé de la ligne verte. La seule question sensée est de savoir si la société israélienne a encore la capacité de se réinventer, de sortir de l’emprise de la religion et de l’histoire et d’accepter de scinder le pays en deux Etats libres et indépendants. »

mardi 20 octobre 2015

Darwin et Einstein convertis?

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Victor Ginsburgh

Voici deux situations amusantes dans lesquelles un anglican est devenu juif sans l’aide d’un rabbin et sans avoir subi deux ans au moins d’études de la Tora et du Talmud. L’autre était juif mais s’est converti à l’Islam en ne sachant probablement pas tout à fait ce dont il s’agissait.

En mars 2009, l’agence turque responsable du financement de la science censure un magazine scientifique turc qui avait publié un article sur la vie et l’œuvre de Darwin (1).  La Turquie remet cela en décembre 2011 : les autorités scientifiques du pays bloquent certaines pages du web qui ont trait à la théorie de l’évolution du même Darwin (2). Notez que les Turcs ne sont pas seuls à ne pas aimer la théorie de l’évolution. En 2014, 42% des Américains croient que « Dieu a créé les humains sous la forme qu’ils ont aujourd’hui » (3).

Et cela se poursuit, puisqu’en octobre 2012, un éditeur turc publie des livres pour la jeunesse locale dans lesquels Darwin est décrit comme un Juif « avec un grand nez, qui vivait en compagnie de singes » (4). Darwin, Juif, ne pouvait donc pas avoir raison, il suffisait d’y penser.

Brèves de grand-père

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Pierre Pestieau

Il y a quelques mois, mon petit fils me demandait: Si tu pouvais choisir, préfèrerais tu avoir mon âge ou garder le tien? Il a dix ans et vit à Washington dans une banlieue confortable. A sa grande surprise, je lui répondis que je n’échangerais pas mon âge pour le sien. En répondant ainsi je pensais autant aux difficultés que j’ai pu connaître dans ma jeunesse qu’à celles que les jeunes d’aujourd’hui éprouvent trop souvent à commencer par la transition d’un cocon familial rassurant au monde cruel du marché du travail. Ma réponse me fut confortée quelques  temps après en lisant une enquête sur le bonheur selon l’âge. Il en ressortait que les retraités étaient bien plus heureux que leurs enfants et petits enfants. Surtout les jeunes retraités, ceux qui échappaient encore aux affres de la dépendance.

jeudi 15 octobre 2015

L’invariance des inégalités

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Pierre Pestieau

Deux faits nous interpellent : les multinationales paient
de moins en moins d’impôts et les inégalités de patrimoine et de revenus semblent ne pas diminuer, et partant la mobilité sociale apparaît stagner, voire régresser, en dépit des efforts des gouvernements. Devant ces réalités qui ne sont pas indépendantes, il est difficile de ne pas donner raison aux sceptiques qui sont convaincus de l’invariance des inégalités dans les sociétés humaines. C’était le point de vue de l’économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto (1848-1923), qui sur le tard inspira le mouvement fasciste (1).
Atkinson (2), Piketty, et leurs collègues ont montré à l’envi combien les inégalités de revenus et de richesse avaient augmenté ces dernières décennies. Ils ont aussi étayé la thèse de taux de pauvreté croissants. Si on prend une perspective plus longue, on remarque que ce qui est exceptionnel ce ne sont pas les inégalités actuelles mais la baisse des inégalités pendant les 30 glorieuses. D’une certaine manière les inégalités reviennent à un niveau d’équilibre. Si elles ont diminué pendant plusieurs décennies, ce serait grâce à la crise des années 30 et à la guerre 1939-45. De là à souhaiter une bonne guerre, il y a un pas que certains franchissent parfois.

Rencontre (trop) fugace avec Chantal Akerman

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Victor Ginsburgh

Il y a quelques années, peu d’années, j’ai croisé (rencontré ?) Chantal Akerman sur la plateforme d’un train de Bruxelles à Paris. Sans la reconnaître immédiatement, puisque je ne l’avais jamais vue qu’en photo, je l’entends soudain me dire : « Vous êtes Juif, n’est-ce pas? ». « Oui, bien sûr », ai-je répondu, « comment voyez-vous (ou savez-vous) cela ? »

Et puis les paroles se sont effacées parce que le train arrivait en gare de Paris Nord, et pressés par le temps, l’un et l’autre, et par les autres, nous nous sommes perdus de vue sur les quais. Mais j’ai, par la suite, très souvent pensé à elle et à ce très et trop court dialogue.

Voilà comment les choses se passent dans la diaspora, où que l’on soit, même dans un train entre Bruxelles et Paris, pas sur la terre, mais avec la terre qui roule sous le train. Aucun besoin de terre, surtout pas de la ‘terre d’Israël’, mais un besoin de parler.

jeudi 8 octobre 2015

Fausses vérités ou l’inverse : Beethoven avait des origines africaines

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Victor Ginsburgh

Les chercheurs en musicologie et en littérature s’amusent
au moins autant que les économistes à fantasmer sur des hypothèses. Mais ils sont moins dangereux et les crises qu’ils provoquent sont souvent plus drôles.

Les sonates pour piano de Beethoven (Ludwig van) contiendraient des rythmes africains (1). C’est semble-t-il une vieille histoire. Pas étonnant, Ludwig serait le fils de Frédéric II de Prusse (2) et d’une de ses servantes africaines. Pourquoi pas ? Mais malchance, le prince Frédéric était connu pour être cent pour cent gay. Mais un bref moment d’égarement suffit…

Je me souviens avec beaucoup de plaisir d’un concours d’élocution dans mon lycée d’Afrique où un certain Claude N. avait « élocuté » sur le thème « Molière était-il Louis XIV », ou l’inverse, ce qui revient presque au même. N’était-ce pas, soutenait-il, Louis XIV qui écrivait ce qu’un certain Jean-Baptise Poquelin, dit Molière jouait ? C’était étonnant mais tout à fait crédible, parce que quand même, comment le Roi Soleil pouvait-il laisser quelqu’un se moquer de sa cour, voire de sa personne. D’ailleurs le Roi lui-même est intervenu pour que Molière – qui ne pouvait être enterré à la chrétienne parce que comédien — obtienne un laissez-passer et, chrétiennement fût enterré. Donc tout cela était très vraisemblable, mais tout aussi vraisemblablement faux, même si c’était bien trouvé.

mercredi 7 octobre 2015

Fausses citations

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Pierre Pestieau
Il est bien connu que la plupart des citations sont fausses ; on dit plus savamment apocryphes. On les prête à quelqu'un qui ne les a jamais prononcées. Les victimes ou plutôt les bénéficiaires les plus fréquents de ces citations sont Churchill, Einstein et Voltaire.
C’est ainsi que l’on prête erronément à Voltaire le trop célèbre « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » qu’affectionnait Joseph Goebbels, le sinistre ministre nazi. Autre citation de François-Marie Arouet toute aussi fréquente et toute aussi apocryphe: « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. »

Albert Einstein aurait dit « L'astrologie est une science en soi, illuminatrice. J'ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. » 
Cette déclaration qu’il n’a jamais prononcée ou écrite est, on le devine, très souvent invoquée par les astrologues dont la docteure Élizabeth Teissier. Enfin il y a Churchill et son fameux « no sport » qu’il aurait lancé à un journaliste qui lui demandait le secret de sa longévité.

mardi 29 septembre 2015

D’un aéroport à l’autre : tribulations d’un sauveur du climat

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Victor Ginsburgh

Aussi dénommé le pape belge du climat, le professeur van Ypersele se présente comme candidat à la présidence du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. Les élections se déroulent le 7 octobre prochain.

Il est optimiste, et suggère que « l’élection se présente bien ». Pour glaner un maximum de voix, ajoute, Le Vif (1), il s’est rendu en dix-huit mois dans plus de 60 pays. Il a trouvé cela « passionnant et ne ressent pas trop le jetlag. Surtout, un peu de sommeil suffit pour récupérer, explique-t-il ».

De gare en gare

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Pierre Pestieau

J’ai récemment déménagé de Liège à Mons avec l’impression de passer de tracas ferroviaires irritants à des ennuis insupportables. Je m’explique. Liège a maintenant une gare pharaonique que l’on doit au génie de Valence, Santiago Calatrava Valls. Cela a impliqué une longue période de transition. En effet entre la démolition de l’ancienne gare des Guillemins et l’inauguration de la nouvelle gare, se sont écoulés 27 mois au long desquels il a fallu utiliser une gare préfabriquée sans confort (ni salle d’attente, ni escalators), d’accès difficile (taxis et bus éloignés), difficile surtout pour les personnes à mobilité réduite (rampes métalliques glissantes). Si j’évalue  à 10 minutes le temps supplémentaire moyen qu’un voyageur devait consacrer à rejoindre les quais et si j’estime qu’une heure de temps vaut 12 euros cela représente une perte de 2 euros par trajet. Il nous faut calculer le nombre total de trajets sur les 27 mois. Soit le nombre moyen de passagers par jour (14.812) multiplié par le nombre de jours (30x27), ce qui donne 11.997.720 voyageurs (1). C’est beaucoup. En multipliant ce nombre par 2, on obtient près de 24 millions d’euros. Certes cette perte est peut-être compensée par le gain en bien-être des voyageurs qui, depuis le 18/9/2009, jouissent d’une gare que toute l’Europe nous envie. C’est à voir. Tout dépend du taux d’actualisation qui permet de comparer des niveaux de bien-être à des moments différents. Si ce taux est très élevé, on peut parler d’une perte sociale. On notera en passant que je n’ai pas tenu compte des implications que ses travaux ont pu avoir pour les riverains. De nombreux commerces ont du fermer parce que pendant plus de deux ans ils étaient inaccessibles. En outre il est important d’observer que l’investissement gigantesque que représente la Gare de Calatrava n’a eu aucun effet sur la rapidité du trafic ferroviaire. En fait au cours de la dernière année, la situation a empiré. Par exemple, la durée du trajet Liège-Bruxelles s’est allongé de 6,5%.

mercredi 23 septembre 2015

Economies grises

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Pierre Pestieau

Le blog dithyrambique que Victor a consacré à Uber
(Uber ueber alles) m’a légèrement titillé. Aussi ai-je lu avec intérêt dans la presse française que le sénat menaçait ce type d’activités de taxation et autres règlementations (1).  Il y a plusieurs années que j’entends à gauche et à droite, plutôt à droite, chanter les vertus de ce qui s’appelle l’économie du partage ou économie collaborative. Uber par ci, Airbnb par là, sans parler du Bon Coin. Tous ces sites sur lesquels on peut échanger des biens ou des services, et qui sont rarement déclarés et encore moins imposés. C’est merveilleux. Cela casse le pouvoir monopolistique d’industries protégées, cela rend des services à des prix jusqu’alors prohibitifs et maintenant accessibles à tous. Bref tout le monde y gagne sauf…l’Etat qui souffre d’un sérieux manque à gagner et certains usagers qui peuvent en être exclus arbitrairement.

Bruxelles: Un dimanche sans Uber

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Victor Ginsburgh

Pour faire plaisir à mon co-blogueur Pierre, et sachant que dimanche dernier serait, comme chaque année  à cette date, une journée sans voiture, j’avais passé un petit coup de fil au Bon Dieu pour lui demander de peindre le ciel en bleu, ce qu’il a bien voulu me concéder.

Donc, ciel bleu, soleil, pas de voitures donc pas
d’Uber, ni avec ni sans taxes. Rien que des taxis taxés. Et surtout des centaines de piétons et des milliers de vélos qui empêchaient les piétons de circuler, parce qu’ils utilisaient même les trottoirs, et se comportaient comme s’il n’y avait qu’eux en rue. En général, les piétons doivent faire attention aux vélos et aux voitures (ce qu’ils ne font d’ailleurs pas), mais cette fois, les piétons devaient faire attention aux vélos, et parfois aux taxis, ce qu’ils ne faisaient pas davantage. Quelle belle journée et combien c’était agréable de marcher entre les vélos, tout ça parce que je suis trop vieux pour rouler à vélo (Pierre me dit qu’il a fait 25 Km à vélo hier, mais il a cinq ans de moins que moi, au moins).

Il s’agit maintenant d’organiser des journées « de toutes sortes ».

jeudi 17 septembre 2015

Inégalités de quoi?

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Pierre Pestieau


Quand on parle d’inégalités économiques, les nombreuses sources de confusion appellent autant de clarifications.

La première vient de la variable dont on veut évaluer la distribution et partant l’inégalité. Cela pourrait être le revenu disponible, la richesse, la consommation, voire un indicateur de bonheur ou de bien-être. On ne sera pas surpris d’observer une forte variation dans les inégalités de l’une ou l’autre variable. Il n’y pas non plus de corrélation claire entre elles. Une personne riche peut avoir un revenu faible. Témoin le pêcheur de l’Ile de Ré (1). Une personne qui s’endette peut consommer beaucoup plus qu’elle ne gagne. Enfin, on sait que l’argent ne fait pas le bonheur. Une personne matériellement aisée mais coupée de tout réseau social ou familial et diminuée par la maladie sera peut être plus malheureuse qu’un pauvre sans le sou mais entouré d’amis.


Uber et covoiturage

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Victor Ginsburgh

Il est difficile de comprendre que les autorités publiques poussent au covoiturage, mais soient peu favorables à la nouvelle compagnie Uber qui permet à tout un chacun et sous certaines conditions de servir de taxi.

Sur son site « covoiturage » (un mot pas très élégant, mais soit), la ville de Bruxelles poste les phrases suivantes : « La pratique du covoiturage permet de rationaliser l’usage de la voiture… et les personnes s’entendent entre elles pour le remboursement des frais… La société Taxistop propose un service de covoiturage pour aider chacun à trouver des partenaires de voiture, partout en Belgique » (1).

Sur son site, Uber-Bruxelles poste les phrases suivantes (je traduis de l’anglais) : « Votre trajet sur demande. Que vous vous rendiez à la Grand-Place, Flagey ou à l’aéroport, l’application Uber vous connecte à un transport de confiance et sécurisé, à un prix abordable en quelques minutes. Le paiement de la course est automatique, pas besoin de payer le chauffeur ».

jeudi 10 septembre 2015

Réflexions sur la question des réfugiés

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Victor Ginsburgh

L’auteur d’un courageux article paru dans le
New York Times du 5 septembre 2015 écrit notamment que les « Etats-Unis et leurs alliés en guerre contre l’Etat Islamique de Syrie, ont aussi des responsabilités envers les réfugiés. Si nous avons armé les rebelles syriens, ne devrions-nous pas également aider ceux qui essaient d’échapper au conflit. Si nous n’avons pas été capables de rétablir la paix, ne pouvons-nous pas aider un peuple qui attend depuis si longtemps cette paix ? Blâmer les Européens est un alibi et le reste de nos excuses — les réfugiés n’ont pas les documents qu’il faut —me rendent malade » (1).  Les Etats-Unis ont jusqu’ici accepté 1 500 réfugiés sur les quelque 4 millions de déplacés.

Exception faite de la Jordanie, du Liban, de l’Egypte et de la Turquie, les pays du Moyen-Orient ne se sont pas poussés au portillon pour accueillir les réfugiés. Au fond, c’est bien ce qu’ils ont fait et continuent de faire avec les réfugiés Palestiniens depuis 1948. Pourquoi changeraient-ils ?


Millionnaire

2 commentaires:
Pierre Pestieau

Le passage à l’euro a permis de garder au terme ‘millionnaire’ tout son lustre. Etre aujourd’hui millionnaire en francs est en effet devenu banal. Selon l’enquête de la BCE, plus de 77% des Belges seraient aujourd’hui millionnaires en francs. En revanche,
seule une infime minorité, à savoir moins de 6% seraient millionnaires en euros (1).

Le terme ‘millionnaire’ peut avoir des sens très surprenants dans d’autres pays. En Colombie, on l’utilise pour désigner le retrait forcé de distributeurs de billets. Les malfrats s’introduisent dans un véhicule et sous la menace d’une arme obligent son conducteur à faire le tour des distributeurs pour retirer la somme maximale. On parle alors de sentier du millionnaire ‘paseo millonario’, ou en anglais ‘millionaire’s ride’. En France, on devient millionnaire grâce à des jeux télévisés. Citons entre autres : Qui veut gagner des millions ? Ou Le Million.

jeudi 3 septembre 2015

Vraies et fausses indignations

2 commentaires:
Pierre Pestieau

Un chiffre publié dans l’Obs du 16 juillet : +5%, le “petfood”
en plein boom. On y apprend ainsi que l’alimentation pour animaux de compagnie ne connait pas la crise; aux Etats-Unis ses ventes représentent quatre fois le marché de l’alimentation infantile. Le marché mondial atteint 90 milliards de dollars US. Selon les estimations du Programme Alimentaire Mondial, il ne faudrait que 3,2 milliards de dollars US par an pour nourrir les 66 millions d’enfants en âge d'aller à l'école qui ont faim (1).

Une indignation sérieuse : Où sont passées nos vespasiennes ?

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Victor Ginsburgh

Notre monde ressemble à une cloche fêlée
qui ne sonne plus (G.W. Sebald, citant Goethe).

Les deux dernières cabines téléphoniques en Belgique
Que faire?

ont été démontées début juin 2015 (1).
Les cabines ne sont plus nécessaires, puisque tous les habitants (ou presque) disposent d’un téléphone portable.


Je ne pense pas que l’on ait célébré de manière aussi fastueuse la quasi disparition des vespasiennes et autres toilettes publiques, en tout cas à Bruxelles. Et malheureusement, même si on peut téléphoner de n’importe où, on ne peut pas pisser n’importe où. Ni faire les deux simultanément. A moins qu’on n’invente, ce qui arrivera un jour ou l’autre, un téléphone portable à usages encore plus multiples.



jeudi 27 août 2015

Pauvre grecs, et misérables européens

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Victor Ginsburgh

Trois des petits singes européens
Au « Pauvres grecs » du blog que Pierre Pestieau a écrit jeudi dernier, je tiens à ajouter « Misérables européens ». En effet, si nos Eurocrates avaient été un peu plus cultivés, ils auraient lu l’ouvrage d’Edmond About publié en 1858 (1), celui de Bela Balassa publié en 1961 (2) et la littérature sur les zones monétaires qui date des années 1960, avant d’inventer l’Union monétaire et inviter la Grèce à en faire partie.

En 1858, Edmond About, journaliste et romancier français écrit : « La Grèce est le seul exemple connu d’un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance. Tous les budgets, depuis le premier jusqu’au dernier, sont en déficit ».

En 1961, Bela Balassa, théoricien des unions monétaires écrit : Une union monétaire ne peut fonctionner sérieusement sans intégration politique sous une autorité supra nationale dont les décisions sont contraignantes dans les états membres. L’économiste Meade (3) ajoute qu’il faudrait pratiquement un seul gouvernement européen doté des pouvoirs les plus larges en termes de politique budgétaire et fiscale. Soixante ans plus tard, nous en sommes encore très loin, on ne peut plus loin, avec Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, qui au contraire, « veut réduire les pouvoirs de la Commission » (4).

mercredi 26 août 2015

Désarroi des agriculteurs

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Pierre Pestieau
Plus que jamais on parle du désarroi des agriculteurs.
Tracteur qui fut pendant 18 ans le centrede l’activité agricole de ma famille
Que faut-il en penser ? Mes origines paysannes me permettent de mieux comprendre ce désarroi et d’avoir une empathie réelle pour ce secteur qui dans nos sociétés rétrécit comme une peau de chagrin. Vu de l’extérieur on peut avoir deux réactions opposées. La première est une réaction d’agacement, voire d’hostilité, qui tourne autour de thèmes éculés tels que les paysans se plaignent toujours ; quand on a fermé les mines et les usines sidérurgiques, on a pas fait autant de foin (!) ; ils ont un pouvoir de nuisance comparable à celui des routiers et des chauffeurs de taxi ; ils bénéficient déjà d’aides multiples. La seconde est une réaction de solidarité et de sympathie. On les voit comme étant les victimes de la mondialisation et de la politique européenne. On estime qu’ils doivent être soutenus pour garder à nos campagnes leur charme. Tout simplement, on ne peut pas être indifférent à une profession qui est sujette à un nombre inquiétant de suicides. J’ajouterais au passage que de nombreux Belges et surtout Français témoignent d’une schizophrénie remarquable sur le sujet. Ils déplorent une situation où les paysans vendent leurs produits à des prix inférieurs aux coûts mais tout à la fois ils se réjouissent de les payer à ces prix. De plus, ils affichent de l’attachement à une agriculture de qualité, voire écologique, mais ils continuent à acheter de la viande aux hormones.

mercredi 19 août 2015

Pauvres Grecs

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Pierre Pestieau

“Pauvres Grecs” c’était le titre d’un entrefilet du Canard Enchaîné du 22-7-2015. Le propos du Canard était de souligner que la Grèce était le pays où la réduction de la pauvreté du fait de politiques publiques désastreuses était la plus faible en Europe. Cela indiquait l’échec de l’Etat social grec. Cela m’a incité à retourner aux chiffres de base publiés par EUROSTAT (1).

Comme de coutume, on définit le taux de pauvreté comme le pourcentage des ménages qui ont un revenu inferieur à 60% du revenu médian, ce qu’on appelle le seuil de pauvreté. Naturellement le seuil de pauvreté sera d’autant plus élevé que le revenu médian est élevé. Pour l’année 2013, il est ainsi égal à 12.890€ et 12.552€ pour la Belgique et la France alors qu’il tombe à 5.023€ pour la Grèce. On notera en passant qu’au Luxembourg, il faut gagner plus de 20.000€ pour ne pas être considéré pauvre. Il est évident que si l’on adoptait le même seuil pour tous les pays européens le taux de pauvreté serait nettement plus élevé qu’il ne l’est en Grèce et moins au Luxembourg.

« Nous sommes tous des immigrés »

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Victor Ginsburgh


L’île de Kos en Grèce et celle de Lampedusa en Italie
La "jungle" à Calais, 2015
étouffent sous les flots de réfugiés. Il y a aussi Calais et sa « jungle » où la « passe » se paie 2 à 5 euros (1); Tournai et le refus de recevoir 700 réfugiés exprimé par son bourgmestre empêché parce que devenu Ministre-Président de le Fédération Wallonie-Bruxelles (le tout avec des majuscules, bien sûr) ; les caméras réinstallées à Nieuport pour surveiller les immigrants ; l’Union Européenne et son rejet de l’idée de quotas de répartition et son « acceptation » de recevoir 40.000 réfugiés durant les deux prochaines années, alors que quelque 120.000 sont déjà arrivés par la Grèce et l’Italie durant les sept derniers mois de l’année 2015 et 107.000 rien qu’en juillet ; la Hongrie qui construit une clôture le long des 170 Km de sa frontière avec la Serbie.

dimanche 12 juillet 2015

Les sorciers du Moyen-Age au chevet de la Grèce

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Victor Ginsburgh

Dans son dernier article du New York Times, En finir avec les saignées hellènes (1), Paul Krugman compare aux médecins du Moyen-Age qui insistaient pour pratiquer des saignées à leur patients, les technocrates européens au chevet de (ou en train d’achever) l’Hellade. Lorsque le traitement aggravait leur état de santé, il suffisait d’augmenter les saignées.

Sont à son chevet le médecin en chef Donald Tusk, Président du Conseil de l’Europe : « La situation est critique et malheureusement nous ne pouvons pas exclure le scénario noir de la mort ». A quoi répond l’autre médecin en chef, Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne, « nous avons un scénario de Hexit dans nos cartons. Je ne puis l’éviter si le gouvernement hellénique ne fait pas ce qu’on attend de lui par respect de la dignité de son peuple ». Il y a aussi une médecine en chef, la sœur Angel(in)a qui propose d’augmenter d’une unité par jour le nombre de saignées : « il ne reste que trois jours pour discuter de futur ». Matteo Renzi, Premier ministre italien opine du bonnet en ajoutant qu’on ne sait plus quelle réunion des 28 « leaders » de l’Union Européenne « pourrait bien être la dernière » pour achever le malade. A quoi, Janis Reirs, ministre des finances et medicine man de la Lettonie (?) répond en estimant que la « sortie de l’Hellade pourrait être positive pour la zone euro ». Les propositions du malade, c’est-à-dire celles qui augmenteront sa maladie « doivent être crédibles » constate l’incrédible François H., Président de la douce France. Ils sont tous d’accord, il faut augmenter les saignées.

jeudi 25 juin 2015

Wall Street est de retour, presque aussi grandiose que par le passé

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Victor Ginsburgh

Vous reconnaîtrez que le titre emprunté au New York Times (1) est une bonne nouvelle pour nous tous. Wall Street renaît de ses cendres : les salaires des jeunes recrues universitaires ont grimpé de 20 pour cent au printemps et le nombre d’employés est revenu au niveau d’avant la crise de 2007; le salaire moyen de ces heureux gagnants est quatre fois supérieur à celui de la moyenne de Américains ; les bureaux du World Financial Center,  dont le taux d’occupation était tombé à 60 pour après 2007 est repassé à 95 pour cent, et les affaires sont excellentes, malgré les amendes significatives que certaines banques ont encourues. Bref, tout va bien, sauf que les banquiers se plaignent de certaines règles qui, hélas, les freinent un peu, mais le secteur a repris la taille qu’il avait avant 2007.

mercredi 24 juin 2015

La réforme fiscale est une chose trop grave pour être confiée aux hommes politiques

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Pierre Pestieau

Tout le monde connaît le mot de Georges Clemenceau : « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires. » Il en est de même me semble-t-il de la réforme fiscale. Elle ne devrait pas être confiée aux hommes politiques. Il y a bien sûr le danger de passer pour populiste avec une telle affirmation mais les exemples récents semblent l’avérer. Une réforme fiscale est une chose grave à plusieurs égards. D’abord elle est complexe puisqu’elle exige le respect de nombreux équilibres et la prise en compte des réactions diverses des contribuables. Elle est délicate parce qu’elle implique nécessairement la remise en question de niches, privilèges et avantages fiscaux. Or on sait que derrière chaque niche se cachent des forces politiquement puissantes.  Elle réclame donc beaucoup de courage de la part de celui qui l’entreprend ; il y perdra sans doutes son poste de ministre ou de président. Elle se heurte en outre à un paradoxe puisqu’elle veut mener à plus de transparence et tout à la fois elle s’appuie sur l’idée peu démocratique qu’un bon impôt doit être inodore, inaudible, invisible. Selon l’adage, on ne peut pas ne pas l’entendre, ne pas le voir, ne pas le sentir. Les libéraux américains redoutent notre bonne vieille TVA. Ils la redoutent parce qu’elle ne touche pas les contribuables comme le font les impôts sur le revenu ou les droits de succession. De ce fait, le contribuable ne pourrait  contraindre l’Etat à ne pas trop dépenser. Or la TVA comme toute taxe sur la consommation tend à être relativement régressive sans pour autant être plus efficace. On le voit, c’est très simple.

jeudi 18 juin 2015

Le pouvoir des idées 1

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Pierre Pestieau
L’autre jour, dans un séminaire consacré au vieillissement démographique, j’ai été frappé par le fait que les 3 pays souffrant le plus de ce phénomène étaient ceux qui avaient perdu la dernière guerre mondiale, à savoir le Japon, l’Allemagne et l’Italie. Cela remonte à 70 ans. Y aurait-il une relation entre la défaite et l’effondrement de la fécondité, car c’est de cela qu’il s’agit ? A vrai dire je n’en sais trop rien.

Le pouvoir des idées 2. Napoleon ! morne plaine !

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Victor Ginsburgh

Les escapades de Napoleon
Nous révérons une fois encore Napoléon, comme si c’est lui qui avait remporté la bataille de Waterloo et avait réglé tous les problèmes du monde avec ses escapades mirlitaires en Europe (Sardaigne, Italie du Nord, Malte, Naples, Prusse, Pologne, Saxe, Dalmatie, Portugal, Espagne, Autriche, Allemagne, Belgique — mais en Angleterre ça rate) ; il se fait geler les fesses (mais surtout celles de ses soldats) en Russie, se chauffe les fesses en Palestine et en Egypte à la poursuite sans doute d’Alexandre le Grand et, de façon grandiose, impériale et napoléonienne, rétablit en 1802 l’esclavage dans les colonies françaises (Guadeloupe, notamment), alors que celui-ci avait été aboli en 1794.