jeudi 23 novembre 2017

Immigrants. On n’en parle plus beaucoup…

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Victor Ginsburgh

Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien pour eux. Les canots pneumatiques confortables qui viennent de Libye voguent agréablement sur la Méditerranée et sont bien remplis. C’est bien la preuve qu’ils préfèrent venir sur nos rivages enchantés que de se faire vendre lors d’enchères d’esclaves. Pour quelques $400 (1), c’est quand même moins cher que le prix du Leonard de Vinci, qui s’est vendu à $400 millions. Qui va s’en plaindre ?
 
Comme l’écrit Frédéric Boyer (2) : « La vieille question obsédante revient en force, celle de l’enfance de l’humanité, de l’enfance de toute personne. Le ramassage des cadavres s’accélère. Les morts nous appellent à l’aide. La Méditerranée, ma Méditerranée, est un linceul ».

La langue d’Esope

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Pierre Pestieau

La numérisation (on parle aussi de digitalisation) et la robotisation sont pour nos états providence comme la langue d’Esope, la meilleure  et la pire des choses. La meilleure parce qu’elles permettraient une plus grande efficacité dans la perception des prélèvements obligatoires et dans l’allocation des prestations. La pire parce qu’elles pourraient entrainer un accroissement des inégalités et de nombreuses occasions d’éviter la protection sociale.


mercredi 15 novembre 2017

Mourir drogués, mais légalement

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Pierre Pestieau

Au milieu des affaires politico-judiciaires qui défrayent l’actualité aux Etats Unis, il y a le scandale des médicaments antidouleur à base d’opiacés, à l’origine d’une vague d’overdoses. Plusieurs dirigeants de laboratoires pharmaceutiques sont poursuivis pour avoir dissimulé les risques de dépendance qui peuvent se révéler et conduire à une surconsommation mortelle. La justice leur reproche notamment d’avoir pratiqué un marketing agressif auprès de praticiens qui pouvaient ne pas être des spécialistes dans ce domaine. Ce scandale, motivé par la recherche effrénée du profit ne devrait pas nous étonner plus que les autres.

La porte du Paradis

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Victor Ginsburgh

« Si l’on croit qu’il y a un ensemble de règles pour les riches et un autre pour les pauvres, c’est bien parce que c’est le cas » (Editorial du Guardian, 6 novembre 2017).

Dans son article paru dans Le Soir du 8 novembre, Paul de Grauwe s’en prend à l’optimisation (ou évasion) fiscale qui n’est, bien malheureusement, pas illégale comme l’est la fraude fiscale, mais il ne propose pas de solutions pour lutter contre le phénomène, tout en écrivant qu’elles sont à l’étude. Un vœu pieux de mon collègue Paul.

Je doute que quoi que ce soit puisse être sérieusement à l’étude. Comme je l’ai entendu dire par le juge d’instruction belge Michel Claise le 7 novembre sur les chaînes de la RTBF, même les fraudeurs, et surtout s’ils sont gros et bien nourris, ne sont guère poursuivis, parce que les agents pour le faire sont trop peu nombreux. Faire croire que la fraude est poursuivie a dit haut et fort Michel Claise est « une escroquerie intellectuelle ». Voir notamment https://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-fraude-fiscale-et-les-paradise-papers-au-centre-du-debat-d-a-votre-avis?id=9757688

jeudi 9 novembre 2017

La sécession n’est pas le diable dont on parle aujourd’hui

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Victor Ginsburgh

Le referendum et la lutte des pour et des contre la « sécession » catalane m’a forcément fait penser à un article de Jacques Drèze publié en 1993 (1), in tempore (presque) non suspecto. J’ajoute le « presque » parce qu’il n’était pas encore beaucoup question de sécession dans ce qui allait devenir le 1er novembre 1993 l’Union Européenne, bien plus petite qu’aujourd’hui, puisqu’elle était formée de douze pays seulement, dont l’Espagne.

« Presque » aussi, parce les régions de l’ex-Yougoslavie divisée aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine, Slovénie Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Kosovo étaient, depuis 1991 déjà, en train de se déchirer avec beaucoup de violence. Par contre la séparation officielle le 1er  janvier 1993 de l’ancienne Tchécoslovaquie en deux pays, la République tchèque et la Slovaquie s’est déroulée sans mal. Les deux pays sont devenus membres de l’UE en 2004. Il faut ajouter que la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie étaient des pays relativement jeunes dont les premières traces datent de 1918.

mardi 7 novembre 2017

La désinformation ne connaît pas de frontières

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Pierre Pestieau
Dans un discours récent, Donald Trump faisait part de tout le mal qu’il pensait des droits de succession qui, notons-le, ne sont perçus aux Etats Unis qu’au-delà de 5,49 millions de dollars (10,98 millions pour les couples mariés). Dans son discours, il a pris l’exemple d’une cultivatrice du Nord Dakota, prénommée Julie. Il a déclaré : Comme beaucoup de cultivateurs.trices (1), Julie s'inquiète de cet « impôt sur la mort » (c’est ainsi que les républicains qualifient les droits de succession ; en anglais, on parle de death tax) qui l’obligera à mettre fin à son entreprise familiale et l'empêchera de la transmettre à ses enfants. C'est une taxe dévastatrice. Julie rassurez vous. Nous n'allons pas permettre que l'impôt sur la mort ou les droits de succession, peu importe comment vous les appelez, viennent briser le rêve américain.

lundi 30 octobre 2017

Celui qui le dit

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Pierre Pestieau
La pertinence d’un propos dépend-elle de la moralité de celui qui le profère ? En d’autres termes, une affirmation telle que « le harcèlement sexuel est haïssable et devrait être davantage poursuivi » serait-elle moins fondée si elle émanait de Harvey Weinstein, connu aujourd’hui comme le porc. Cette question est proche de celle que soulevait Marcel Proust dans son Contre Sainte Beuve, quand il s’attaquait à celui pour qui l'œuvre d'un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s'expliquer par elle. Proust estimait que la critique d’une œuvre devrait être dépourvue d'éléments qui lui sont extérieurs.
Cette réflexion m’est venue à la lecture d’un roman que je recommande, L’imposteur, qui narre l’histoire d’un homme qui fut longtemps en Espagne le président emblématique de l’Amicale de Mauthausen en portant ainsi la parole des rescapés des camps de la mort, alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds (1). L’auteur, Javier Cercas, s’interroge sur les conséquences de la découverte de cette imposture. Servira-t-elle d’argument aux négationnistes ?

Glyphosate, Roundup et règles de vote à la Commission Européenne

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Victor Ginsburgh

Certains ne manqueront pas de me dire que je mélange les choses, mais il y a des cas où il faut s’y risquer, quitte à se voir vilipendé.

Il y a dans l’Union Européenne, plusieurs règles de vote, dont celle à l’unanimité qui concerne les langues officielles aujourd’hui au nombre de 24. Il faut l’unanimité pour changer la moindre règle les concernant, suite à un règlement qui date de 1958, alors qu’il y avait 4 langues.

Désherbant 
Pour le glyphosate et le Roundup, il n’a fallu l’avis de personne. En effet, selon le porte-parole de Greenpeace, « depuis le début des années 2000, l’Union européenne a prolongé par deux fois, discrètement, l’autorisation du glyphosate. C’est grâce à la société civile que c’est devenu un sujet majeur » (1). Les choses ont donc un peu changé, puisque à présent il faut un vote, mais, et c’est là que cela devient intéressant. En effet, la réunion de la Commission qui a débuté le 25 octobre à 9 heures du matin « ne donnera pas nécessairement lieu à un vote. Si une proposition est soutenue par une large majorité, elle pourrait toutefois être mise aux voix. Une majorité qualifiée est nécessaire pour valider ou infirmer une éventuelle proposition, soit 16 Etats sur 28, représentant au moins 65% de la population totale de l'UE. Si une telle majorité ne peut être obtenue après deux tours de vote, la décision sur le renouvellement de la licence reviendrait à la Commission » (2), dont on peut deviner la décision.

jeudi 26 octobre 2017

Les propos fumeux de certains qui se disent économistes

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Victor Ginsburgh

Les économistes racontent beaucoup de bêtises. Une partie de celles-ci est due à la méconnaissance de ce qui se rapprochera peut-être un jour d’une science. J’ai déjà entendu beaucoup de sottises, mais celles qui sont rapportées dans un article publié par L’Echo du ** septembre 2017 par XY qui se dit économiste et anthropologue, sont un chef-d’œuvre à nul autre pareil.

Cet économiste-anthropologue se demande comment on peut gérer le risque financier et pose, naturellement, comme question « est-ce que les économistes ont une bonne réponse ». Je pensais qu’il utiliserait des arguments anthropologiques, politiques, sociologiques, voire, économiques pour expliquer ce qu’il en est. Non, en toute prudence, parce qu’il pense ainsi être scientifique, il se retranche derrière des arguments faisant parti de la physique théorique, qui est elle-même à la recherche d’une cohérence entre physique relativiste et physique quantique.

Vive les riches

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Pierre Pestieau

Au cours de récents voyages dans différents pays, je suis régulièrement interpellé par une amie qui m’accompagne sur la chance que nous avons d'avoir des aristocrates et autres riches bourgeois pour s’être fait construire des habitations fastueuses qui sont devenues des musées abritant des œuvres uniques. Il est en effet évident que si nous vivions au sein d’une société quasi égalitaire, dans laquelle chacun posséderait son petit pavillon, ce type de bâtiments manquerait cruellement.

Mais il est difficile d'imaginer une telle société sans Etat, qui serait d'ailleurs le garant de cette quasi égalité. Cet Etat aurait d’autres fonctions, dont celle de fournir les biens et les services collectifs que le marché ne peut fournir. Les biens culturels sont des exemples classiques de biens publics dont la fourniture se heurte au phénomène du comportement de « passager clandestin ».  Il est en effet tentant et rationnel de chercher à bénéficier de l’usage de ces biens sans contribuer à leur financement. Le marché se révèle défaillant et ne peut en assurer la production spontanément. D’où le besoin d’Etat.

mercredi 18 octobre 2017

La marque d’Attila

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Pierre Pestieau

Je viens de passer une semaine en Hongrie, ou plus précisément à Budapest. Par moments, au cours de ce séjour,  je me déplaçais dans le temps et m’imaginais dans le Berlin des années 30, où touriste je n’aurais rien deviné de ce qui se passait derrière le rideau de la propagande nazie. Récemment, un reportage sur Arte consacré aux jeux de Berlin montrait à quel point et avec quel succès le régime avait réussi à tromper les journalistes les plus avertis sur les horreurs du régime.

Revenant à Budapest, la ville a de nombreux charmes. De belles avenues, le Danube qui la traverse majestueusement, de nombreux palais, théâtres, églises et musées, la pittoresque colline de Buda. La nourriture n’est pas trop mauvaise pour un pays de l’est. Leur foie de canard poêlé aux myrtilles est à recommander. La ville accueille de nombreux visiteurs, jeunes surtout, dont une partie est un produit de Ryanair et autres compagnies low cost. Après tout, un week-end arrosé à Budapest est moins coûteux qu’il ne le serait à Londres.

A.E.I.O.U. Austria est imperare orbi universo

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Victor Ginsburgh

« La destinée de l’Autriche est de diriger le monde entier » une devise modeste que l’Autriche s’est donnée vers 1890, mais qui peut aussi se lire « Austria erit in orbe ultima », qui se traduit par « L’Autriche survivra jusqu’à la fin du monde ».

Mon cœur d’ex-autrichien bat plus vite à répéter ses devises plus glorieuses l’une que l’autre, mais aussi à l’idée que l’Autriche pourra bientôt recréer un nouvel empire avec la Hongrie si bien décrite par Pierre Pestieau dans l’article qui précède. Comme l’était l’Empire Austro-Hongrois entre 1867 et 1918 sauf que l’empereur Franz pas né très malin sera remplacé par Kurz, 31 ans, presque aussi jeune que Franz qui avait 18 ans lorsqu’il a accédé au trône.

jeudi 12 octobre 2017

Viaducs et tunnels routiers — y’a qu’à…

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Victor Ginsburgh

Les ouvrages dits d’art (une jolie allitération, venue toute seule sous la « plume ») qui permettent aux « provinciaux » de Flandre et de Wallonie de venir travailler à Bruxelles et de rentrer chez eux le soir — sans payer ni taxes ni impôts à la « capitale » — sont en train de tomber en miettes les uns après les autres. Vieillesse et usure font mieux que force ni que rage.

Petit trou à Bruxelles


Le dernier en date est un viaduc, comme l’était le premier, mais les tunnels bruxellois sont aussi en déglingue, et même lorsqu’ils sont ouverts, on roule sur une seule bande. Et puis, d’autres voies se sont effondrées et ont provoqué de grands trous qui prennent plusieurs mois de réparation, alors qu’à Fukuoka, Japon un trou bien plus grand a été réparé en quelques jours, deux à quatre selon les sources.


Déserts médicaux

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Pierre Pestieau

Une des limites du libéralisme en matière de santé se manifeste au travers de l’existence croissante de déserts médicaux. On entend par là des zones du territoire où la concentration de professionnels et d'établissements de santé est insuffisante par rapport aux besoins et à la réalité démographique du territoire, ou tout du moins inférieure à la moyenne du pays. Cette désertification médicale touche en particulier — pour des raisons de plus faible attractivité — les zones rurales et les banlieues des grandes villes. Des mesures sont régulièrement prises au plan local et national pour lutter contre ce phénomène qui sans nul doute contribue à la fracture sociale, à ce sentiment d’abandon dont peut souffrir une population qui se sent une fois de plus délaissée par la « métropole ». Une fois de plus, car il existe d’autres raisons de se sentir abandonné avec la disparition des boulangeries et des épiceries, avec l’absence d’accès à internet, avec les écoles qui s’éloignent et les transports publics qui se font rares.

jeudi 5 octobre 2017

Souvenirs, souvenirs

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Souvenirs, souvenirs

 

Pierre Pestieau

 

Avoir raison trop tôt, est une phrase que j’éviterais de prononcer, appartenant à une profession connue pour s’être trompée plus qu’à l’ordinaire. Et pourtant. Il y a une quinzaine d’années, je fus convié par le ministre Jean Claude Marcourt, qui comptait entre autres charges, celle de l’économie wallonne, pour en discuter.  J’avais commis quelques semaines auparavant une carte blanche dans laquelle je m’alarmais du fossé croissant entre les économies de Flandre et de Wallonie. Il me demanda ce que je proposais. 

mardi 3 octobre 2017

Les femmes saoudiennes pourront enfin conduire. Pourquoi ?

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Victor Ginsburgh

Enfin, les femmes pourront conduire en Arabie Saoudite dès juin 2018. Un lecteur de
l’article publié par le journal de gauche israélien Haaretz qui s’interrogeait dans son titre sur la raison pour laquelle les choses avaient changé (1) commente ironiquement « La vraie raison », écrit-il, « est peut-être d’humilier les religieux israéliens qui interdisent à leur épouse de conduire… ».

Evidemment, le nouveau prince qui succédera au roi doit établir sa renommée et faire preuve de modernité. La nouvelle disposition va avoir des conséquences économiques assez sérieuses, dont certaines seront positives, d’autres beaucoup moins, en particulier pour les étrangers établis en Arabie.

mardi 26 septembre 2017

Oh ! la belle littérature française

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Victor Ginsburgh



Grand écrivain français boursouflé
Eric Chevillard a tenu chaque semaine, et ce pendant six ans, une colonne critique dans le Monde des Livres. Il écrit cette fois son propre livre, Défense de Prosper Brouillon, dans lequel il commente avec une joie féroce des « citations attribuées à Prosper Brouillon [mais] extraites littéralement et sans retouche, je le jure, d’une vingtaine de romans français publiés ces dernières années, ayant tous obtenu de beaux succès de vente ainsi que de nombreuses traductions. Certains auteurs sont lauréats de grands prix littéraires ; plusieurs siègent dans les jurys qui les décernent ou à l’Académie Française ».

J’espère que les quelques lignes qui suivent vous pousseront à lire son petit ouvrage (1) et vous dégoûteront une fois pour toutes des romans de gare, voire pire, écrits pas Eric Emmanuel Schpritz, Amélie Mouthon, Marc Lavie, Guillaume Museau, Vigan La Delphine, Jean-Christophe Rupin et autres grands écrivains français contemporains (2).

A quel âge?

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Pierre Pestieau

Quand on se rapproche de la fin de sa vie active, on fait face à des échéances qui nous sont imposées et d’autres sur lesquelles nous avons un certain degré de liberté. Il y a trois échéances sur lesquelles nous n’avons guère de prise (1). D’abord, l’âge légal de la retraite, 65 ans et bientôt 67. Ensuite l’âge de la sénilité ou de la démence, à partir de laquelle nous ne pouvons plus rien faire d’utile (2). Enfin, l’âge de notre mort. A côté, il y a d’autres âges que nous pouvons choisir ; ils sont au nombre de deux.

D’abord, il y a l’âge auquel nous cessons notre activité formelle et prenons notre retraite. Il existe en effet une fenêtre plus ou moins large à l’intérieur de laquelle on peut choisir de partir à la retraite avant l’âge légal. La fenêtre la plus connue en Belgique est actuellement celle de 60-65 ans. La majorité des Belges profitent de ces fenêtres et partent à la retraite bien avant l’âge légal pour plusieurs raisons. Pour des raisons de santé ou bien par calcul économique. Il arrive aussi, mais c’est plus rare, que certains décident de partir prématurément par altruisme ; ils libèrent ainsi un poste pour un plus jeune. Ajoutons que tous les travailleurs n’ont même pas cette liberté de choix : leur employeur peut les forcer à partir prématurément.

mercredi 20 septembre 2017

Le coût de la guerre en Syrie

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Pierre Pestieau

Tout a commencé par la requête d’un ami turc qui travaille à la Banque Mondiale. On lui a demandé d’évaluer le coût de la guerre en Syrie du point de vue du peuple syrien. Il est un peu perdu et fait appel à mes faibles lumières. Inutile de dire que je ne connais pas le sujet. Tout au plus ai-je assisté il y a plusieurs années à une conférence de Joseph Stiglitz sur le coût de la guerre en Irak. J’ai même jeté un œil sur le livre qu’il a eu la gentillesse de me dédicacer (1). En cas de doute, il n’y a pas mille solutions. Je suis allé sur Google. D’abord, je me suis aperçu que la somme de 3000 milliards de dollars évaluée par Joe Stiglitz avait été depuis révisée à la hausse. Plus frappant, la plupart des études citées sur le sujet concernent exclusivement le coût de la guerre du point de vue des Etats Unis. On parle en général d’un coût financier. Les pertes en vies humaines sont citées en passant et quelle que soit la guerre, le rapport entre les pertes américaines et les pertes de civils et de combattants locaux est de l’ordre de 1 à 100.

Adonnez-vous à la procrastination

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Victor Ginsburgh

Soixante chercheurs de tous les coins du monde (Allemagne, Australie, Inde, Israël, Pérou, Turquie notamment) qui étudient le phénomène appelé procrastination étaient présents à la dixième conférence bisannuelle organisée par l’université DePaul à Chicago (1). Quand je vous aurai défini le mot, vous direz tous : « Ah, il y en a d’autres qui, comme moi, remettent systématiquement au lendemain ce qu’ils devraient faire aujourd’hui » et ce jusqu’à la veille du jour où cela doit absolument être fait, ce qui nécessite la prise d’un ou deux comprimés d’anxiolytique qu’il faut toujours avoir sur soi. C’est ce qui m’arrivait, du temps où j’étais encore professeur, avec les corrections des examens écrits, et cela m’arrive encore aujourd’hui lorsque je dois remplir ma déclaration fiscale, pourtant pas bien compliquée.

mercredi 13 septembre 2017

Nous sommes arrivés sur terre il y a 5.000 ans

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Victor Ginsburgh

Je suis un fervent lecteur d’un site web intitulé “Quora Quest” sur lequel n’importe qui peut poser des questions et n’importe qui peut répondre, mais ce sont généralement des scientifiques, parce que les questions le sont souvent. Je donne comme exemple les questions posées et auxquelles il y avait des réponses le 24 juillet 2017 :

Est-ce que la Rome antique était aussi grande que la montrent les films ?
Pourquoi les particules ont-elles une charge ?
Quelles sont les cinq choses que peut faire quotidiennement un individu pour être heureux ?
Pourquoi les électrons ne se crashent-ils pas dans le noyau ?
Quel genre de livres Warren Buffet lit-il ?
Quelle suggestion auriez-vous pu vous faire il y a dix ans ?
Quelles raisons peut-on invoquer pour suggérer que l’intelligence est répartie de façon égalitaire dans le monde ?

Mais la plus jolie de ce jour-là était la suivante :

Selon la Bible, l’humain est apparu sur terre il y a quelque 5.000 ans, ce qui me semble correct. En quoi n’ai-je pas raison ?

Robotisation et fiscalité

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Pierre Pestieau

Beaucoup s’inquiètent de l’arrivée massive des robots dans nos économies. La principale crainte concerne l’emploi. De nombreuses Cassandre annoncent des pertes d’emploi massives et partant un chômage structurel sans précédent. D’autres appréhendent une société où le robot prendrait le contrôle de notre vie à la manière de Hal (Carl dans la version française), l’ordinateur de bord dans le chef d’œuvre de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace. Une autre source d’appréhension touche à la réduction des assiettes fiscales traditionnelles à commencer par la masse salariale qu’il serait difficile de compenser par une taxation des robots. C’est à cette crainte que je voudrais consacrer ce blog.

jeudi 7 septembre 2017

Mondialisation et populisme

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Pierre Pestieau

Dans un récent article (1), l’économiste américain Dani Rodrik étudie l’émergence des mouvements populistes en Europe et en Amérique. L’argument central de son article est que la mondialisation dans son stade avancé se prête à une réaction populiste, lequel peut prendre différentes formes selon les fractures sociales que les politiciens peuvent utiliser en exploitant les courants anti-establishment. Par stade avancé de la globalisation, qu’il appelle hypermondialisation, il veut dire que les gains d’efficacité ne réussissent pas à compenser les pertes redistributives. On trouvera du populisme de gauche là où l’impact de la globalisation se manifeste dans les domaines de la finance, du commerce et de l’investissement international. En revanche, le populisme de droite apparaîtra là où la globalisation se traduit  par de l’immigration et particulièrement l’afflux de réfugiés.

Un pied de nez aux murs

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Victor Ginsburgh

Bosco Sodi, un artiste d’origine mexicaine, a obtenu l’autorisation de construire un mur de briques rouges dans le Washington Park, à New York City. La construction de ce mur sera entamée bien avant celui que Donald Trump se propose de construire le long de la frontière mexicaine, puisque les premières briques seront posées ce 7 septembre 2017, c’est-à-dire  aujourd’hui. Il sera moins long, pas plus de dix mètres et sera aussi moins éternel que le mur de Trump, pour autant qu’il arrive à ses fins.

L’œuvre intitulée Muro est la première œuvre publique et politique de l’artiste et pour qu’elle soit plus politique qu’artistique, il préfère qu’elle ne vive pas trop longtemps, sans quoi elle pourrait devenir une œuvre d’art. Muro pourra donc être démonté brique par brique durant la nuit du 7 au 8 septembre par les visiteurs qui, s’ils le désirent, pourront emporter une des 1600 briques signées dont le mur sera constitué. Le maire de New York a promis de venir chercher sa brique.

lundi 4 septembre 2017

Un message dans une bouteille

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Victor Ginsburgh

Commençons par une bien jolie histoire.

C’est le Jerusalem Post du 21 août 2017 qui la rapporte. La dépêche vient de Gaza et raconte la prise surprenante durant l’été du pêcheur palestinien Jihad al-Soltan : un message dans une bouteille trouvée dans ses filets au large de Gaza.

La bouteille avait fait son petit chemin de près de 800 Km dans la Méditerranée. Elle provenait de l’île grecque de Rhodes où elle avait été mise à l’eau par un couple de vacanciers britanniques en juillet.

Le message mentionne l’adresse email des expéditeurs Beth et Zac : “Nous sommes actuellement en vacances à Rhodes et aimerions savoir jusqu’où ira cette bouteille, même si elle s’échoue simplement sur une plage voisine.”

Le pêcheur gazaoui a fait part de sa découverte à Beth et Zac, qui lui ont répondu : “Hello, merci d’avoir trouvé la bouteille. Nous vous envoyons des fleurs magiques”.

Amour et longévité

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Pierre Pestieau

Dans mon enfance, il arrivait souvent que le dimanche au sortir de la messe, ma grand-mère et dans une moindre mesure, mes parents fassent des réflexions sur les mariages qui se préparaient. Les commentaires sur les jeunes femmes portaient sur leur beauté mais aussi sur la largeur de leur bassin, gage de naissances nombreuses et faciles. Pour les garçons on parlait plutôt de leur métier mais aussi de leur éventuel penchant pour la boisson. Autre thème favori, les éventuelles tares familiales.

Il y a quelques 25 ans, j’assistais à un séminaire donné par un économiste de qualité. Il nous présentait un modèle de mariage. Pour les femmes, ce qui comptait, c’était leur capacité de « faire » des enfants et pour les hommes, c’était leur capacité de faire de l’argent. C’était là deux caractéristiques que l’on ne découvrait qu’avec du temps, la première plus rapidement que la seconde. A la suite d’un petit exemple numérique, il concluait que l’âge optimal du mariage était de 27 ans pour les hommes et de 24 pour les femmes. J’en éprouvais une grande satisfaction puisque c’étaient les âges que ma femme et moi avions lorsque nous nous sommes mariés.

mardi 27 juin 2017

Les fractures sociales

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Pierre Pestieau

Dans un précédent blog, j’ai traité du lien existant entre la fracture sociale et le vote populiste. J’aimerais ici approfondir ce concept de fracture sociale. La fracture sociale est certainement un concept mais surtout une réalité qui gangrène nos sociétés depuis plusieurs décennies. Elle est à l’origine du climat délétère qui pèse sur nos démocraties. Un climat dominé par la défiance, défiance à l’égard d’autrui et plus particulièrement à l’égard de toute forme d’autorité.

La fracture sociale est avant tout une réalité complexe et c’est cette complexité qui empêche de la combattre efficacement. Chacun a sa propre définition du concept et pour la mesurer on choisira des dimensions différentes.

L'oeuf, le sperme et l'antiféminisme primaire

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Victor Ginsburgh

Pourquoi celui qui, dans un couple, exerce moins d’activité, s’occupe-t-il davantage du ménage et des enfants et pourquoi le « celui » en question est-il presque toujours une femme, ce qui ne fait que renforcer, dit-on, le cercle vicieux du « je travaille moins, donc je suis censé(e) m’occuper des enfants et du ménage, donc je gagne encore moins, parce que même si je ne travaille pas moins, l’entreprise qui m’emploie croira que je porte moins d’attention à mon travail ». Et même quand la femme travaille moins, à l’heure de travail elle gagne moins que l’homme qui exerce le même emploi.

mardi 20 juin 2017

« Tu enfanteras dans la peine » et son étrange effet sur notre évolution

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Victor Ginsburgh

Après la tentation malheureuse du serpent dans le jardin d’Eden, voici ce que YHVH a dit à la femme : « Je multiplierai, je multiplierai ta peine et ta grossesse, dans la peine tu enfanteras des fils » (Genèse 3, 16). Il a ajouté d’autres choses pas toujours très aimables pour la femme comme : « A ton homme, ta passion : lui, il te gouvernera » mais s’est un peu rattrapé en disant à l’homme « A la sueur de tes narines, tu mangeras du pain jusqu’à ton retour à la glèbe dont tu as été pris. Oui, tu es poussière, à la poussière tu retourneras » (Genèse 3, 19) (1).

Mon propos ici est le pourquoi de l’enfantement dans la souffrance et le comment l’être humain a changé les choses grâce à (ou à cause de) la césarienne, qui elle-même est en train de changer l’évolution de l’être humain. Mais comme dans la Genèse, commençons par le commencement.

Quelques réflexions sur les paradis fiscaux

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 Pierre Pestieau

Optimisme béat.
Parmi mes collègues, spécialistes des finances publiques, j’entends souvent dire que les paradis fiscaux sont en voie de disparition suite aux récents accords initiés par l’OCDE. Les Etats procèderaient à des échanges d’information qui rendraient difficile, voire impossible, la fuite cachée des capitaux. C’est oublier que les institutions financières ont dans la fraude comme dans l’évasion fiscale un coup d’avance sur les Etats nations. Ainsi Gabriel Zucman (1) qui est sans doute le meilleur spécialiste des paradis fiscaux montre que les capitaux se sont déplacés des pays couverts par les traités vers les pays qui ne le sont pas, laissant le volume de la fuite des capitaux inchangé, si ce n’est augmenté.

jeudi 15 juin 2017

D’une fracture raciale à une fracture sociale. Pauvre Mandela

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Pierre Pestieau

Johannesburg, Jobourg, pour les intimes. Le nouveau quartier d’affaires ou les hôtels cinq étoiles, flambant neufs, se disputent le ciel avec les grandes banques de tous les pays. Au milieu, une oasis couverte de verre avec les boutiques les plus chics que l’on puisse imaginer, Rolex, Prada, Vuitton et autres Burberry et je suis sûr que j’oublie les meilleures. Au centre une petite place, le Nelson Mandela square,  dont l’accès est protégé partout par des gardes privés. Au centre de ce square une imposante statue de Mandela de 6 mètres de haut, qui n’a rien à envier aux nombreuses statues de Lénine qui peuplaient l’Union Soviétique. Que doit-il penser de tout ce luxe qui jure dans une société qui tout en continuant à le vénérer est désespérée de son avenir.

70 idées propagées par les économistes, mais qu’il vaut mieux brûler

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Victor Ginsburgh

Après ma défense des économistes la semaine dernière, je peux tout autant parler de leurs idées saugrenues. Un ouvrage dont le titre Idées économiques que vous pouvez oublier (1) vient me sauver, je ne dois pas inventer. Septante (soixante-dix, pour être sûr d’être compris) économistes y ont contribué. Chacun d’eux avait deux pages pour parler de l’idée ancrée qu’il voulait néanmoins attaquer et montrer fausse ou ridicule. En voici sept qui révèlent que ce petit livre d’un peu plus de 150 pages est bourré d’idées salutaires.

jeudi 8 juin 2017

Les torts, mais aussi quelques bienfaits, des économistes

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Victor Ginsburgh

Dans un article du 29 mai, le Professeur Johan Lambrecht (1) s’est fâché contre les économistes parce qu’ils n’ont pas vu venir la grande récession en 2007. Ils manquent de réalisme et de sens pratique, écrit-il, font des mathématiques illisibles et sont arrogants. Je suis en partie d’accord, mais voudrais quand même prendre, cette fois-ci en tout cas, leur défense.

Parce qu’on ne demande pas non plus à un cancérologue de guérir tous les cancers. Ni à un astronome de nous donner un décompte du nombre d’étoiles que nous voyons briller dans le ciel. On ne demande pas à un météorologue d’éloigner les orages qui inondent nos caves et les vents violents qui font tomber des arbres, et on ne demande pas à un astrophysicien de s’arranger pour que la terre ne tombe pas un jour dans un trou noir. L’astrophysicien vous répondra d’ailleurs qu’il n’est même pas sûr que les trous noirs existent.

Fracture sociale et vote populiste

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Pierre Pestieau

La fracture sociale est une expression qui est surtout utilisée en France même si sa réalité dépasse les frontières de l’hexagone. Elle désigne généralement le fossé séparant une certaine tranche socialement intégrée de la population d'une autre composée d'exclus. Il est admis que les victimes de la fracture sociale, les oubliés de la mondialisation, les clients du populisme se retrouvent parmi les plus démunis de notre société et pourtant il serait erroné de prendre le revenu comme seule caractéristique de ces situations. En d’autres termes la pauvreté financière n’est pas une condition nécessaire ni suffisante pour faire partie de ceux qui se sentent ainsi exclus. Bien plus important, il y a l’élément de ressenti, par exemple le sentiment que l’on a moins que ce à quoi on s’attendait, qu’on est moins bien loti que le voisin ou le parent proche qui n’a pas plus de mérite que soi, ou encore que son emploi est menacé, voire supprimé, du fait d’une délocalisation réelle ou annoncée de son entreprise ou d’une décision inexpliquée d’un gouvernement central jugé distant et animé par des technocrates arrogants.

jeudi 1 juin 2017

Ah si!

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Pierre Pestieau

Imaginons un instant qu’il soit possible de connaître le coût réel des biens et des services que nous consommons journellement et que l’on puisse tenir compte de ces coûts dans les prix du marché. Ce sont là certes deux fortes hypothèses, mais pas plus irréalistes que celle d’une fée qui eut transformé une citrouille en carrosse.

La première implique que le prix d’un voyage à l’Ile Maurice ou de haricots importés du Kenya incorpore aussi le coût réel que le transport en avion (dont la pollution) impose à la planète. La seconde hypothèse suppose que les Etats soient capables aux travers de taxes ou de subventions correctives d’intégrer ces coûts dans les prix.




mercredi 31 mai 2017

Trump redécouvre la courbe de Laffer

1 commentaire:
Victor Ginsburgh

Notre Donald est devenu international (international en américain) depuis son incroyable (unbelievable, amazing, fantastic, great) tournée de la semaine dernière pendant que quelques-uns de ses esclaves préparaient le budget à Washington.

Figure 1. La vraie fausse courbe de Laffer, dommage pour la serviette
Le titre d’un article du NYT (1) paru avant la fabrication du budget, prévoit bien les choses : « Les réductions d’impôts seront sans doute plus dommageables que celles de Reagan ». L’auteur de l’article était à l’époque un jeune journaliste en charge de la question, et a donc vécu de près les réductions d’impôts gigantesques (huge, gigantic) justifiées par un certain Arthur Laffer qui avait dessiné une courbe sur une serviette lors d’un dîner avec un autre Donald (Rumsfeld, lui aussi de sinistre mémoire) qui a d’ailleurs aussi été conseiller de Donald international (international) lors de sa campagne électorale.

Que dit cette courbe ? Lorsque le taux de prélèvement sur les revenus du travail, est égal à zéro les impôts récoltés sont évidemment nuls. Si le taux est égal à 100 pourcent, plus personne ne travaillera, et la recette sera nulle aussi. Entre ces deux taux extrêmes, la recette fiscale commencera par augmenter pour atteindre un maximum (dans des cas bien particuliers, voir plus loin), et diminuera si le taux devient trop élevé. Il faut dans ce cas, dit Laffer, diminuer le taux d’imposition et comme par miracle disent en chœur Laffer, Reagan et Trump, la recette augmentera (toutes autres choses étant égales). Ils font évidemment tous l’hypothèse que le taux existant est supérieur au taux où la courbe atteint son maximum.

mercredi 24 mai 2017

C’est la fête en Israël : Un colon tue un Palestinien et célèbre sa victoire en distribuant des chocolats

2 commentaires:
Victor Ginsburgh

Ce 18 mai 2017, un colon israélien distribue des chocolats aux chauffeurs des voitures israéliennes qui passent. C’est gentil, sauf que c’est pour se féliciter et se fêter d’avoir abattu un Palestinien tout près du village de Huwwara dans les territoires occupés (1).

Faut-il s’en étonner ?





Les risques des nouveaux tests génétiques

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Pierre Pestieau

Le New York Times (1) relatait récemment l’histoire d’une femme de 72 ans qui venait d’acheter une assurance dépendance coûteuse et généreuse après avoir appris grâce à un tout nouveau test génétique que la probabilité qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer était beaucoup plus élevée que pour la moyenne des Américaines ayant ses caractéristiques observables. Ce test encore largement méconnu coûterait moins de 200 euros; il permettrait de savoir si la personne testée est porteuse du gène ApoE4, auquel cas la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer serait très élevée.

jeudi 18 mai 2017

Manger ou être mangé

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Pierre Pestieau

L’Ile Maurice (1) et le Brésil ont un point commun. L’une et l’autre furent d’abord brièvement colonisés par les Hollandais. Les Hollandais font une courte apparition sur l’île et leur trace la plus visible, si l’on peut dire, est qu’ils contribuèrent à l’extinction du fameux Dodo, cet oiseau qui ne vivait que sur l’Ile Maurice. Du fait de l’absence de prédateurs, le Dodo avait perdu son aptitude au vol car il n’avait pas besoin de se fatiguer pour se nourrir. Il pouvait peser jusqu’à 40 kg et sa chaire était délicieuse. Elle séduisit les navigateurs bataves à tel point qu’après quelques décennies il disparut de la carte à la fin du 17ème siècle. Ceci c’est de l’Histoire.



mercredi 17 mai 2017

Vade Mecum d’un nouveau Président

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Victor Ginsburgh

Le comité éditorial du New York Times (1) vient de publier un guide de comportement du Président Américain. Vous me direz « on sait tout ça », mais quand on les met bout-à-bout, cela fait vraiment beaucoup, plus que les doigts d’une main, plus que les 24 lettres de l’alphabet, et tout cela en trois mois à peine. Voici la liste dans laquelle n’importe quel nouveau Président et/ou Premier Ministre peut gentiment piocher. Chaque proposition de la liste est cliquable, ce qui vous permettra de réaliser que ce qui est écrit n’est pas tout à fait une vraie fausse nouvelle ou inversement :

mercredi 10 mai 2017

Vivons-nous dans un monde où l’apparence importe ?

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Victor Ginsburgh

Golda
Dans ma folle jeunesse du temps où j’étais professeur, j’ai eu le privilège de tester les connaissances en comptabilité (un de mes enseignements à l’époque) de Golda Meir, Marylin Monroe et Xanthippe, l’horrible épouse de Socrate. Il faut reconnaître que Xanthippe et Golda n’étaient pas particulièrement belles et ne ressemblaient pas tout à fait à Marilyn. Bien entendu, et malgré ma profonde probité intellectuelle, Marilyn est sortie de l’examen oral avec 19/20 (parce que 20/20 était quand même un peu trop), la moins belle Golda avec 8 et l’horrible Xanthippe avec 6. Et c’est un fait souvent observé dans notre société, que la beauté est considérée comme un signe d’intelligence et de réussite future. A tel point, que la chose a commencé à être étudiée de façon « sérieuse » depuis de longues années et est recensée dans les ouvrages de la psychologue Hakim (2011), Honey Money: Why Attractiveness is Key to Success et de l’économiste Hamermesh (2011), Beauty Pays: Why Attractive People Are More Successful, qui a montré que la beauté est un élément plus important dans la réussite pour les hommes que pour les femmes, ce qui est évidemment contraire aux impressions qu’ont les machistes et leurs « blagues » sur les belles blondes.

Un île de convivence

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Pierre Pestieau

L’Andalousie et la ville d’Alexandrie ont connu pendant un certain temps une remarquable “convivence” entre les communautés qui les peuplaient: les juifs, les chrétiens et les musulmans. Cet âge d’or de la tolérance et du respect mutuel, nous le regrettons. Nous vivons aujourd’hui dans des sociétés de défiance et d’intolérance. Les Espagnols ont utilisés le mot “convivienca” pour designer cette belle entente dans une Andalousie heureuse, où savants juifs, chrétiens et musulmans devisaient paisiblement, ou des gens de confessions différentes se côtoyaient harmonieusement.
Cette partie méridionale de l’Espagne aurait été au Moyen Age le lieu par excellence d’un métissage heureux. Là aurait existé une Espagne des trois cultures où les monothéismes seraient parvenus à coexister en bonne intelligence, voire à entretenir une féconde collaboration. Un modèle pour notre présent.

jeudi 4 mai 2017

Une médecine à deux vitesses

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Pierre Pestieau

En parcourant la presse, on rencontre deux types de déclarations à propos de l’iniquité  de nos systèmes de santé. Des déclarations tantôt martiales : « On ne peut pas accepter qu'il y ait une médecine à deux vitesses », tantôt résignées : « On n’échappe pas à une médecine à deux vitesses ».
Qu’entend-on par là et quelle en est la réalité ?

L'expression « système à deux vitesses » désigne, normalement de façon péjorative, la concurrence néfaste d'un service privé parallèle à un service public et, partant, l'érosion de la qualité et de l'efficacité du service public. L'expression est surtout utilisée en santé mais elle s'applique aussi à plusieurs autres services publics tout particulièrement l’enseignement.

Rrose Sélavy, un parfum créé par Marcel Duchamp

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Victor Ginsburgh

On vient d’ouvrir un nouveau musée, le Grand Musée du Parfum. A Paris, rue St Honoré comme il se doit. Vous pouvez y renifler des parfums depuis celui utilisé par Cléopâtre pour ensorceler Jules César et le retenir en Egypte, mais pas suffisamment pour l’empêcher d’envahir la Gaule et de trouver que de tous les peuples de la région, ce sont les Belges qui sont les plus braves et qui sentent [en belge] « les plus bons ». Vous pouvez aussi y respirer de la marijuana, de l’absinthe et des odeurs « libertines » dans un boudoir ad hoc.

Mais il n’y a rien de très neuf, parce que dès le début du 20e siècle (et peut-être bien avant), l’art lui-même s’est mis à sentir

jeudi 27 avril 2017

Ah, combien la guerre est simple à éviter

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Victor Ginsburgh

La vie était belle dans la Confédération Helvétique du temps où Hitler s’amusait à envahir l’un ou l’autre de ses voisins. Pour se protéger, relate l’écrivain (et architecte) suisse Max Frisch (1), dans un ouvrage délicieusement rafraîchissant sur son service militaire, la Suisse utilisait la tactique de guerre suivante :

     « tous les panneaux indicateurs avaient été enlevés afin que l’ennemi s’égare et qu’il ne puisse pas voir comment, à partir de tel endroit, on peut aller à Erlenbach ou à Küssnacht. Il n’aurait même pas pu, avec sa voiture blindée, rouler jusqu’à un kiosque pour se procurer une carte topographique ; les cartes avaient été retirées de la vente et la population était résolue à ne donner aucun renseignement à quelqu’un qui ne parle pas notre patois [le Schwiizerdütsch] ».

La Suisse n’a d’ailleurs pas été envahie, ce qui est une preuve, même si elle est seulement indirecte, que c’était la bonne tactique de la part d’un peuple qui, depuis Guillaume Tell, n’avait que des arbalètes pour se défendre.


Il y a aussi d’autres moyens. Par exemple regarder méchamment l’ennemi comme le suggère Andy Borowitz dans son trait humoristique du The New Yorker (2) sous le titre (approximatif) de « Mike Pence jette le mauvais œil sur la Corée du Nord ».