dimanche 12 juillet 2015

Les sorciers du Moyen-Age au chevet de la Grèce

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Victor Ginsburgh

Dans son dernier article du New York Times, En finir avec les saignées hellènes (1), Paul Krugman compare aux médecins du Moyen-Age qui insistaient pour pratiquer des saignées à leur patients, les technocrates européens au chevet de (ou en train d’achever) l’Hellade. Lorsque le traitement aggravait leur état de santé, il suffisait d’augmenter les saignées.

Sont à son chevet le médecin en chef Donald Tusk, Président du Conseil de l’Europe : « La situation est critique et malheureusement nous ne pouvons pas exclure le scénario noir de la mort ». A quoi répond l’autre médecin en chef, Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne, « nous avons un scénario de Hexit dans nos cartons. Je ne puis l’éviter si le gouvernement hellénique ne fait pas ce qu’on attend de lui par respect de la dignité de son peuple ». Il y a aussi une médecine en chef, la sœur Angel(in)a qui propose d’augmenter d’une unité par jour le nombre de saignées : « il ne reste que trois jours pour discuter de futur ». Matteo Renzi, Premier ministre italien opine du bonnet en ajoutant qu’on ne sait plus quelle réunion des 28 « leaders » de l’Union Européenne « pourrait bien être la dernière » pour achever le malade. A quoi, Janis Reirs, ministre des finances et medicine man de la Lettonie (?) répond en estimant que la « sortie de l’Hellade pourrait être positive pour la zone euro ». Les propositions du malade, c’est-à-dire celles qui augmenteront sa maladie « doivent être crédibles » constate l’incrédible François H., Président de la douce France. Ils sont tous d’accord, il faut augmenter les saignées.

jeudi 25 juin 2015

Wall Street est de retour, presque aussi grandiose que par le passé

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Victor Ginsburgh

Vous reconnaîtrez que le titre emprunté au New York Times (1) est une bonne nouvelle pour nous tous. Wall Street renaît de ses cendres : les salaires des jeunes recrues universitaires ont grimpé de 20 pour cent au printemps et le nombre d’employés est revenu au niveau d’avant la crise de 2007; le salaire moyen de ces heureux gagnants est quatre fois supérieur à celui de la moyenne de Américains ; les bureaux du World Financial Center,  dont le taux d’occupation était tombé à 60 pour après 2007 est repassé à 95 pour cent, et les affaires sont excellentes, malgré les amendes significatives que certaines banques ont encourues. Bref, tout va bien, sauf que les banquiers se plaignent de certaines règles qui, hélas, les freinent un peu, mais le secteur a repris la taille qu’il avait avant 2007.

mercredi 24 juin 2015

La réforme fiscale est une chose trop grave pour être confiée aux hommes politiques

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Pierre Pestieau

Tout le monde connaît le mot de Georges Clemenceau : « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires. » Il en est de même me semble-t-il de la réforme fiscale. Elle ne devrait pas être confiée aux hommes politiques. Il y a bien sûr le danger de passer pour populiste avec une telle affirmation mais les exemples récents semblent l’avérer. Une réforme fiscale est une chose grave à plusieurs égards. D’abord elle est complexe puisqu’elle exige le respect de nombreux équilibres et la prise en compte des réactions diverses des contribuables. Elle est délicate parce qu’elle implique nécessairement la remise en question de niches, privilèges et avantages fiscaux. Or on sait que derrière chaque niche se cachent des forces politiquement puissantes.  Elle réclame donc beaucoup de courage de la part de celui qui l’entreprend ; il y perdra sans doutes son poste de ministre ou de président. Elle se heurte en outre à un paradoxe puisqu’elle veut mener à plus de transparence et tout à la fois elle s’appuie sur l’idée peu démocratique qu’un bon impôt doit être inodore, inaudible, invisible. Selon l’adage, on ne peut pas ne pas l’entendre, ne pas le voir, ne pas le sentir. Les libéraux américains redoutent notre bonne vieille TVA. Ils la redoutent parce qu’elle ne touche pas les contribuables comme le font les impôts sur le revenu ou les droits de succession. De ce fait, le contribuable ne pourrait  contraindre l’Etat à ne pas trop dépenser. Or la TVA comme toute taxe sur la consommation tend à être relativement régressive sans pour autant être plus efficace. On le voit, c’est très simple.

jeudi 18 juin 2015

Le pouvoir des idées 1

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Pierre Pestieau
L’autre jour, dans un séminaire consacré au vieillissement démographique, j’ai été frappé par le fait que les 3 pays souffrant le plus de ce phénomène étaient ceux qui avaient perdu la dernière guerre mondiale, à savoir le Japon, l’Allemagne et l’Italie. Cela remonte à 70 ans. Y aurait-il une relation entre la défaite et l’effondrement de la fécondité, car c’est de cela qu’il s’agit ? A vrai dire je n’en sais trop rien.

Le pouvoir des idées 2. Napoleon ! morne plaine !

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Victor Ginsburgh

Les escapades de Napoleon
Nous révérons une fois encore Napoléon, comme si c’est lui qui avait remporté la bataille de Waterloo et avait réglé tous les problèmes du monde avec ses escapades mirlitaires en Europe (Sardaigne, Italie du Nord, Malte, Naples, Prusse, Pologne, Saxe, Dalmatie, Portugal, Espagne, Autriche, Allemagne, Belgique — mais en Angleterre ça rate) ; il se fait geler les fesses (mais surtout celles de ses soldats) en Russie, se chauffe les fesses en Palestine et en Egypte à la poursuite sans doute d’Alexandre le Grand et, de façon grandiose, impériale et napoléonienne, rétablit en 1802 l’esclavage dans les colonies françaises (Guadeloupe, notamment), alors que celui-ci avait été aboli en 1794.


mercredi 10 juin 2015

Retour sur BHL et JBBotul, auteur de La vie Sexuelle d’Emmanuel Kant

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Victor Ginsburgh

BHL rapporte bien : Je n’ai presque jamais eu autant de lecteurs que lorsque j’évoque ce clown.

Un ami, le Docteur M. K. spécialiste de médecine interne me pose une question : Quel est le pâtissier qui fabrique les tartes utilisées par l’entarteur, avec l’espoir que ce ne sont pas les bonnes tartes de Chez Françoise qui ont été gâchées. J’ai trouvé la réponse dans une interview que l’entarteur a donnée il y a quelques jours (1) :

« Normalement, nous les achetons chez un tout petit pâtissier artisanal. Mais parfois c’est plus compliqué lorsqu’il y a des fouilles à l’entrée, comme samedi dernier [à Namur] où il n’y avait pas moyen d’avoir de belles tartes dans nos bagages. Dès lors, on doit recourir à des méthodes plus grossières : fond de tarte dans les culottes et bombes chantilly pour confectionner la tarte au tout dernier moment. »

Philosophe en position de soldat
C’était facile. Sa deuxième portait sur le nom de l’écrivain (Jean-Baptiste Botul) qui a écrit La vie sexuelle d’Emmanuel Kant dont BHL s’est inspiré dans son œuvre majeure De la guerre en philosophie (Grasset, 2010). Cette œuvre reprend le texte d’une de ses conférences à l’Ecole Normale Supérieure à Paris intitulée « Comment je philosophe »…

jeudi 4 juin 2015

BHL. Un nouvel envol de tartes à Namur

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Victor Ginsburgh

A la vérité, il n’y aurait pas à s’étonner que le temps lance son sablier au visage d’un pareil larron (Georg Lichtenberg, Pensées)

Le plus grand clown français de tous les temps, Bernard-Henri Levy, s’est une fois de plus (c’est la huitième) fait entarter en Belgique par l’immortel Noël Godin (et s’il n’est pas immortel, Dieu devrait lui accorder ce privilège, en tout cas tant que BHL est vivant).

C’est si bon de parler de temps à autre de ce grand BHL
Le Maître Déguisé en Crème Chantilly et son Garde du Corps
qui finira bien par se retrouver au Panthéon. Mais contrairement à Marc-Antoine (1), je ne suis pas là pour inhumer le grand Bernard, mais pour le louer des paroles magnifiques qu’il a prononcées pendant et après son dernier entartage. Il était venu pour parler de Baudelaire avec l’artiste Jan Fabre. Au moment de l’événement, il discourait sur Georges Bataille, en anglais (2). Si vous ne comprenez pas ce qu’il voulait dire, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas l’anglais, c’est parce que l’orateur n’avait rien à dire.

mercredi 3 juin 2015

Jean Valhardi est toujours en vie

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Pierre Pestieau

Pour les rares hilotes qui l’ignorent JeanValhardi est un personnage de bande dessinée créé en 1941. Il est apparu pour la première fois dans le journal Spirou.
Jean Valhardi
Il avait à l’époque une trentaine d’années et aurait donc aujourd’hui 104 ans. Français dans la bande dessinée, il avait tous les traits de l’Américain tel qu’on se le représentait à Marcinelle (1) en ce temps-là. Enfant je lisais ses aventures et étais impressionné par sa poigne de fer. Elle surprenait les gens dont il serrait la main. Leur réaction était toujours la même: « Quelle poigne! Quel homme! » Mes frères et moi jouions à Valhardi en essayant de serrer la main d’innocentes victimes avec l’espoir de leur faire mal et ainsi de se faire admirer.


mercredi 20 mai 2015

Comparaison peut être raison

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Pierre Pestieau

Que de fois n’ai-je entendu cette phrase « Comparaison
n’est pas raison » à l’occasion de débats sur la réforme d’un ou l’autre aspect de la société française. Elle coupait court à toute discussion. Cela pouvait concerner des domaines aussi différents que les transports, la culture, l’éducation nationale, la laïcité, la fiscalité, la gestion des collectivité locales ou les modes de scrutin. Dès que quelqu’un avançait un argument du type « Dans tel pays cela marche mieux sans que ça ne coûte plus », on lui renvoyait ce proverbe couperet.


Renifleurs de pétrole, d’explosifs et de vaches suisses

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Victor Ginsburgh

Vous vous souvenez sans doute du conte des « avions renifleurs » de pétrole que Valery Giscard dit d’Estaing, ou plus exactement Elf Aquitaine a financés à la fin des années 1970. Inventeur : un belge malin du nom de comte, à ne pas confondre avec conte, de Villegas. Conséquence : une mise perdue de quelque $150 millions—un gros paquet. Bénéficiaire : une société implantée à Panama dont le président était aussi président de la banque suisse UBS, ben voyons, rien de très neuf sous le soleil.

Bref ces avions qui volaient à une hauteur de quelques
Renifleur de pétrole
milliers de mètres d’altitude étaient censés repérer des gisements de pétrole. Si mes souvenirs sont bons, mais qui sait ce que cela veut dire à mon âge, Valéry Giscard dit d’ avait fait un vol dans un de ces avions. Avec le nez qu’il avait (Giscard, pas l’avion), ça n’a pas raté, il a évidemment découvert un gisement, ce qui montre qu’il ne fallait pas investir $150 millions, le nez du président suffisait, mais c’était trop tard, les $150 millions étaient à l’abri dans une banque suisse.

mercredi 13 mai 2015

Les temps changent : De « sale Juif » à « sale antisémite » en moins de 65 ans

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Victor Ginsburgh

Le grand secret, c’est quand on n’a plus rien à cacher, et que personne alors ne peut vous saisir (Yannick Haenel, Les renards pâles).

A l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai été traité de « sale Juif » par un surveillant bienveillant (aucun sous-entendu-bien-entendu au roman de Jonathan Littell) alors que j’étais interne dans un Athénée Royal en Afrique. Je ne savais pas trop ce que cela voulait dire et ne m’en suis pas trop fait.

A l’âge de 45 ans environ, dans une conversation silencieuse chez des amis, l’un d’entre eux a fait signe à un autre pour lui demander si j’étais Juif. L’autre a répondu par un signe lui signifiant « un demi seulement ». Donc je me retrouvais « Demijuif », ce qu’à l’époque je considérais quand même comme un progrès (au sens progressiste) par rapport à « Salejuif ».

Il se fait que, 30 ans plus tard, deux vieux amis me disent, l’un gentiment que je suis « antisémite », l’autre de façon plus virulente que lui ne l’est pas, suggérant que ce n’est pas tout à fait mon cas.

Il y a évidemment plusieurs manières de réagir à cette insulte habilement sous-entendue :

Les Congolais sautent sur Froidchapelle

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Pierre Pestieau

Je vous parle d'un temps et d’un lieu que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. En ce temps-là, Froidchapelle était un petit village de l’Entre-Sambre-et-Meuse qui vivait heureux et caché. Chimay était la ville la plus proche mais on ne s’y aventurait qu’à de rares occasions. C’était déjà l’étranger.

A deux pas de la maison familiale dans laquelle nos parents ont élevé leurs dix enfants se trouvait un café nommé la Barrière Torlet en référence à un péage de l’Ancien Régime où la gabelle était perçue. Enfants nous regardions ce tripot avec méfiance. Plus tard, quand l’Université nous eut déniaisés, nous y avons amené des amis de Louvain originaires de plusieurs continents. La tenancière bien-nommée Georgina, que Ray Charles a si bien chantée,  nous accueillait avec suspicion et sans grandes espérances. Nous n’étions pas de gros consommateurs. Un jour ma sœur s’y est rendue avec une amie chinoise de Hong Kong. Elle fut accueillie par Georgina qui s’écria « Encore une Congolaise! ». Et ma sœur de protester en lui expliquant qu’elle était chinoise et non africaine. Ce à quoi Georgina répondit en son délicieux patois. « Pour moi c’est du pareil au même. Tous les étrangers sont des Congolais ». Nous étions au début des années 60. Quelques années plus tard, un de mes frères se rend chez elle, accompagné de sa fiancée colombienne. Georgina : « Elle vient du Congo ? ». Mon frère : « Oui, bien sûr. Son père vit, avec des singes, perché dans un arbre où ils mangent des bananes ».

jeudi 7 mai 2015

Qui s’enrichit?

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Pierre Pestieau

Selon La Libre du 19 avril (1), les Belges se sont enrichis en termes réels de 40% depuis le début de ce siècle. Leur patrimoine se diviserait presqu’également en patrimoine financier et en patrimoine immobilier; le second aurait connu une augmentation beaucoup plus forte (86,7%) que le premier (15,3%).

Ce n’est pourtant pas le sentiment de la grande majorité des Belges. Comment expliquer ce paradoxe ? J’y vois 4 raisons : la disparité des patrimoines, l’asymétrie de perception entre pertes et gains, les plus-values non réalisées qui demeurent intangibles et le logement propre qui croît en valeur de revente mais pas en valeur d’usage.

On le sait notamment grâce aux travaux de Thomas Piketty, les disparités de richesse ont augmenté depuis plusieurs années avec pour conséquence que ce sont les plus riches qui ont bénéficié des dividendes de la croissance. Ceci est vrai pour les revenus mais aussi pour le patrimoine. On sait ainsi d’après une étude de la Banque Nationale que 20% des Belges les plus riches possèdent 61,2% du patrimoine national. Par contraste, les 20% des ménages les plus pauvres ne possèdent que 0,2% du patrimoine. Notons en passant que la Belgique est un des pays les moins inégalitaires ; la moyenne européenne est que 20% des ménages possèdent plus de 70% du patrimoine.

mercredi 6 mai 2015

Tiens, la société d’auteur Sabam est de retour

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Victor Ginsburgh


Partie de scrabble

Ce 28 avril 2015, je déjeunais avec un vieil ami avocat qui me « reprochait » de ne plus rien écrire sur les sociétés d’auteur, par exemple la Sabam. Ou encore, la société française d’escroquerie, dont je n’ose pas citer le nom ni l’acronyme de peur que, comme il y a quelques années, une lettre de leur avocat — qui enseigne dans la même université que moi, donc un de mes chers collègues, qui n’est pas l’ami que je cite plus haut — demande au recteur de prendre des sanctions contre moi, ce que ce dernier n’a évidemment pas fait.


mercredi 29 avril 2015

Par les temps qui courent…

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Victor Ginsburgh
Kamel Daoud

Lisez avec respect ce qu’écrit Kamel Daoud, écrivain et journaliste au Quotidien d’Oran, oui, vous avez bien lu : Oran en Algérie. Lisez très lentement cette chronique si précieuse par les temps qui courent, et quelle que soit la religion à laquelle vous pensez. Sa chronique a pour titre ‘Il faut être laïc pour sauver la religion’ (1) :


vendredi 24 avril 2015

Le coût de la solitude

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Pierre Pestieau

Le Bureau fédéral du Plan et la Direction générale Statistique viennent de mettre à jour leurs perspectives démographiques (1). Une de leurs prévisions les plus intéressantes est la croissance rapide des ménages isolés. Les Belges vivraient de plus en plus vieux mais aussi de plus en plus seuls. L’espérance de vie à la naissance passerait de 77,9 ans en 2013 à 86,3 ans en 2060 pour les hommes et de 82,9 ans à 88,4 ans pour les femmes. L’espérance de vie à 65 ans passe de 17,2 ans en 2013 à 23,3 ans en 2060 pour un homme et de 20,6 ans à 25,1 ans pour une femme.

Le nombre de ménages isolés augmente de 50% en 2060 par rapport à 2014. Cette hausse s’explique par le vieillissement de la population mais également par l’augmentation du nombre d’individus d’âge actif vivant dans un ménage d’une personne (par choix, ou suite à une séparation).

jeudi 23 avril 2015

Comment nos autorités améliorent la circulation, suivi de quelques suggestions

2 commentaires:
Victor Ginsburgh

Je commence par quelques titres de journaux parus durant ces derniers mois et me livrerai ensuite à des suggestions intéressantes pour faire encore mieux.

« Au cours des six premières semaines de l’année 2015, les files sur les autoroutes belges se sont fortement allongées (1) ».

« La taxe sur les camions de 3,5 tonnes qui traverseraient (noter le conditionnel) Bruxelles plutôt que de la contourner permettra de diminuer le nombre de kilomètres de poids lourds sur les voieries de la Région bruxelloise d’environ 4% (2) ».

jeudi 16 avril 2015

Le dictionnaire de la rature (pour économistes)

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Victor Ginsburgh

Un petit Dictionnaire de la rature vient de paraître et je vous conseille de le lire (1). Courez, il ne coûte que € 9,80. En voici quelques extraits, bons pour les économistes et ceux qui les fréquentent (et qui ont raison de les trouver infréquentables). Une seule définition ne vient pas du Dictionnaire, vous devinerez sans peine de laquelle il s’agit.

Consultant [Aide au développement]. Le consultant affiche une modestie qui double ses honoraires et le dégage de toute responsabilité sur l’issue de sa mission. On le distingue facilement à l’inclinaison de sa tête et à ses yeux baissés. Il ne prend pas de notes.

Culture. Décharge communale non gardée, où les institutions internationales de développement entassent toutes les formes de résistance non expliquée des sociétés soumises à leurs programmes.

Développement [XXe siècle]. Processus volontaire de la soumission. Euphémisme pour « esclavage ».

Ecologie. … Eve n’aurait jamais dû laisser traîner son trognon sur la pelouse, ni Caïn dans les champs les restes de son frère — lequel Abel n’est pas très clair non plus dans la gestion des fumées et des cendres. Nous en payons toujours le prix, et l’écologie est notre chemin de croix.

dimanche 12 avril 2015

La voiture de société, une double aberration

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Pierre Pestieau

Je viens de passer 3 semaines à Osaka, ou plus précisément dans la banlieue qui s’appelle Toyonaka et qui abrite l’un des campus de l’Université d’Osaka. Ce qui m’a frappé c’est que les participants aux séminaires et colloques auxquels j’ai assisté venaient tous en transports en commun. Ils venaient pourtant parfois de loin, de Kobe, de Kyoto. Ils devaient prendre plusieurs correspondances mais me disaient-ils le train est plus rapide, plus confortable et moins cher que la voiture individuelle. J’ai pris moi-même ces trains et je suis impressionné par leur fréquence, leur ponctualité, leur propreté et la qualité des informations annoncées par haut-parleur ou affichées sur des panneaux digitaux (en  anglais et bien sûr en japonais).

vendredi 10 avril 2015

Longue vie à l’Iran : Je suis un homme heureux (*)

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Victor Ginsburgh

Je suis heureux pour trois raisons.

La première est qu’un accord préliminaire sur la réduction drastique des activités nucléaires pouvant mener à l’armement atomique de l’Iran contre la levée des sanctions imposées par les Etats-Unis, l’UE et bon nombre d’autres pays contre l’Iran a finalement été conclu la semaine dernière à Lausanne. Le New York Times (1), qui pourtant n’était pas particulièrement chaud il y a quelques semaines, parle de cet  accord « comme une des plus importantes réalisations de la politique étrangère américaine ». Faut dire que les « réalisations » qui précédaient, notamment la guerre en Irak (un million de morts) et en Afghanistan (220.000 morts), dues au génial George W. Bush, rendent la comparaison aisée (2). Il n’a pas été nécessaire de « bombarder l’Iran » comme le proposaient certains cinglés.


Rien, cependant, ne dit que c’est gagné au sens où le Président Rouhani devra convaincre les mollahs iraniens, et Obama devra convaincre ses propres mollahs, les membres républicains flanqués de certains démocrates, de ne pas exiger que le Congrès se mêle de l’affaire en organisant un vote (qui ne peut être que négatif) sur l’accord final attendu en juin. Et, qu’en outre, la version iranienne du préaccord ne correspond pas en tous points à la version de l’autre camp (Etats-Unis en tête, Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et UE) (3).

jeudi 2 avril 2015

Pois(s)on d’avril

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Victor Ginsburgh

Le débat passionne, poissonne ou empoisonne, selon les cas. Les médecins vous conseillent un peu de poisson chaque semaine, ou encore de varier les poisons. Rien ne semble tout à fait rassurant sur le plan de la santé.

Mais c’est pire sur le plan de l’écologie. Les bovins nous collent plein de gaz de serre durant leur broutage quotidien, les porcs nous emmerdent avec leur lisier : En France en 2002,  « les déjections d’élevage animal incluant fumiers et lisiers représentaient 275 millions de tonnes, soit la moitié du total des déchets produits (570 millions de tonnes) ». Heureusement, continue l’article, les fumiers et lisiers sont constitués d’eau à plus de 90 pour cent (1).

Alors, tant qu’à faire, pourquoi ne pas manger des animaux qui vivent dans l’eau, au moins ils ne salissent pas notre bonne vieille terre, même s’il ne s’agit que de 10 pour cent, tandis que 90 pour cent retournent dans nos nappes phréatiques, et sont aussitôt re-pompés pour servir d’eau pétillante ou plate, à 5 euros la bouteille dans les bistrots. C’est quand même sympa et instructif d’apprendre que le demi litre d’eau de fumier ou de lisier se vend au prix de 5 euros.

Mais il y a pire. Je viens de lire un long article sur les pêcheries indonésiennes, utilisatrices d’esclaves. L’article commence plutôt « fort » (2) :

mercredi 25 mars 2015

De l’intelligence de Georges Perec à l’élection d’Amélie Nothomb à l’Académie Royale de Belgique

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Victor Ginsburgh

Vous êtes sûrement nombreux à connaître Georges Perec
Georges Perec...
(1936-1982), auteur d’ouvrages bien compliqués à lire, tels que La Disparition, 319 pages sans utilisation du E, la lettre alphabétique la plus fréquemment utilisée dans la langue française (1). Mais peut-être connaissez-vous un peu moins son article intitulé « Démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la cantatrice (cantatrix sopranica L) et dont le sommaire montre immédiatement l’importance :

« L’auteur étude les fois que le lancement de la tomate il provoquit la réaction yellante chez la Chantatrice et demonstre que divers plusieures aires de la cervelle elles etait implicatées dans le response, en particular, le trajet légumier, les nuclei thalameux et le fiçure musicien de l’hémisphère nord. »


Le vieillissement

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Pierre Pestieau

Qui en Wallonie se souvient encore d’Alfred Sauvy, à part quelques rares démographes ? Et pourtant il fit en Belgique la une de tous les journaux et son rapport donna lieu a de nombreux colloques il y a 53 ans. Tout cela date. Il est mort en 1990 à lâge canonique de 92 ans, âge respectable pour quelqu’un qui toute sa vie fut obsédé par le phénomène du « vieillissement démographique », expression dont il serait le créateur.

jeudi 12 mars 2015

L’argent n’a pas de patrie

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Pierre Pestieau

J’ai toujours été allergique au nationalisme consumériste: acheter français ou acheter belge (c’est moins courant). C’est une politique irrationnelle, suicidaire: si chacun faisait cela, tout le monde y perdrait. De surcroit, il est difficile de distinguer l’origine des biens. On se rappelle des ouvriers de Détroit qui incendiaient des voitures japonaises qui pour l’essentiel étaient fabriquées aux Etats Unis alors qu’ils épargnaient des Ford importées d’Europe.


En revanche, je dois avouer que je suis souvent
agacé de voir un public béat applaudir les performances d’artistes ou de sportifs qui sont des exilés fiscaux. On pense à ces milliers de personnes qui assistent aux concerts de Johnny Hallyday ou de Charles Aznavour ou achètent leurs disques ; ou à ces supporters qui suivent les matches de joueurs de tennis résidents suisses ou aux coureurs de formule 1 réfugiés à Monaco. Or ce sont souvent ces mêmes personnes qui se plaignent de la pression fiscale. Bien sûr le risque d’un boycott de ces mauvais citoyens est de se tromper de cible. Certain fraudeurs sont plus discrets et pas pour autant moins efficaces.

Nouvelles d’Arabie Heureuse et néanmoins Saoudienne

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Victor Ginsburgh

Il est difficile, même après toutes ces semaines qui ont passé si vite, de faire l’impasse sur ce nouveau roi d’Arabie saoudite avec lequel tous nos princes, rois, présidents ministres et autres sont liés au point d’aller en grande pompe lui cirer les bottes (ou les pompes) quelques jours après les attentats qui avaient eu lieu à Paris.


Y étaient entre autres Obama, sa femme Michelle (non voilée) et une suite impressionnante comprenant Kerry, Biden, Condoleeza Rice, l’ancien Secrétaire d’Etat James Baker : ce n’est pas pour rien que dans le rapport officiel de l’enquête sur le 11 septembre 2001, il y a 28 pages qui expliquent comment quelques saoudiens proches de on ne sait trop qui ont pu regagner leur pays ; ces pages sont jusqu’à ce jour tenues secrètes (1); les Ministres iranien et russe des Affaires Etrangères ; François Hollande accompagné de son Ministre de la Défense (pour y placer quelques avions Dassault sans doute) ; le Prince Charles et David Cameron ; quelques « monarques » européens ; quelques ratons laveurs de Prévert, à l’exception de Netanyahou, le roi d’Israël, qui, pour le moment, n’en rate pourtant pas une. Même son « pote » Mahmoud Abbas y était, comme à Paris le 11 janvier.

jeudi 5 mars 2015

A propos du discours de Philippulus, nouveau Roi des Juifs , et de son fidèle Elie

3 commentaires:
Victor Ginsburgh

Le discours de M. Netanyahou au Congrès américain aura quand même fait quelques heureux. Les Christians United for Israel, (groupe chrétien le plus important de soutien d’Israël), l’ont trouvé « digne de Churchill » (« a Churchill moment », a dit leur chef, le pasteur Machin) : « L’heure est venue où l’Amérique a entendu la vérité, et elle doit maintenant répondre avec une législation sérieuse qui permettra de garantir la liberté pour Israël et pour l’Amérique ».


Je dois avouer que le discours de ce deuxième génie des Carpates (vous vous souvenez sûrement du premier), m’a plutôt fait penser à Philippulus dans L’Etoile Mystérieuse qui courait après Tintin dans les rues en criant et en tapant sur son gong :


« Je suis Philippulus le Prophète. Et je vous annonce que des jours de terreur vont venir ! La fin du monde est proche. Tout le monde va périr. C’est le châtiment, faites pénitence, la fin des temps est venue ».

jeudi 26 février 2015

Il faut être stupide pour payer des impôts

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Pierre Pestieau

Les Anglais ont de tous temps appelé leurs droits de
La vie ou l'évasion fiscale
succession un impôt pour les stupides, l’idée étant qu’avec une bonne ingénierie fiscale et une masse critique de patrimoine on pouvait y échapper totalement Il conviendrait de s’interroger sur les sens ambigus du mot ‘stupide’ : ignorant, honnête, naïf. En l’occurrence, on pourrait choisir de passer pour stupide. C’est comme dans le fameux Diner des cons, à la fin duquel on préfèrerait être rangé parmi les cons. Pour revenir à notre sujet, au Royaume Uni comme dans les pays où ils continuent à exister, les droits de succession sont devenus un impôt pour les classes moyennes. Les pauvres sont par définition en dessous de la base imposable et les riches s’arrangent pour ne pas les payer. Aujourd’hui la plupart des citoyens ont la nette impression que la stupidité est contagieuse en s’étendant à toutes les autres formes d’impôts.

mercredi 25 février 2015

Mons 2015 : Un euro investi, six de retrouvés et les consultants au trou

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Victor Ginsburgh


Une version plus courte de cet article a paru dans La Libre du 6 février 2015 sous le titre « Mons 2015 : Un euro perdu, six de retrouvés, vraiment ? » La version publiée ici contient des notes de bas de page (en particulier la note (5)) qui explicite le raisonnement complètement biaisé d’un consultant, qui a pourtant pignon sur rue dans le monde de la culture et autres.

***


Attention à l'effet multiplicateur

Nous voilà repartis sur de bien mauvaises bases financières avec Mons, capitale européenne de la culture. Pas parce que l’événement n’est pas une bonne idée, Mons prendra sûrement une nouvelle physionomie et gagnera en réputation — on ne peut que s’en réjouir — mais il ne faut pas faire croire aux bonnes et naïves gens et à ceux qui ont donné les moyens financiers que les recettes seront cinq à six fois supérieures aux 70,5 millions de dépenses que l’aventure aura coûté — et dont 87% proviennent de subventions publiques locales et régionales (1). C’est ce qu’on appelle le « multiplicateur culturel » dans le milieu : vous payez un et récupérez six.

Il y a deux raisons pour lesquelles ce chiffre (six pour un) est contestable. La première est que le financement provient des impôts, donc de nos salaires et profits qui sont de la valeur ajoutée, alors que les dépenses des visiteurs sont basées sur les prix de vente. La valeur de vente d’un coca-cola consommée à Mons contient seulement une petite partie de valeur ajoutée pour Mons (le profit du cafetier). On ne peut donc pas comparer la valeur du financement de l’événement avec le chiffre d’affaires réalisé à Mons. La deuxième raison est qu’une bonne partie des visiteurs sera constituée de Montois, de Wallons, de Bruxellois et de Flamands. Les dépenses que ces visiteurs font auraient  probablement été faites de toute manière en Belgique. Donc ce qui est gagné par Mons est perdu pour les autres régions. Bien sûr, il y aura quelques étrangers, de Lille par exemple et là c’est au désavantage de la France. Ils ne doivent pas se plaindre puisqu’ils ont eu Lille et les visiteurs belges. Gergaud et Ginsburgh (2) ont étudié ces derniers aspects pour une douzaine de festivals d’opéra en Europe. La plupart n’ont pratiquement que des visiteurs locaux. Le seul qui y échappe et attire des étrangers au pays (ici l’Allemagne) est le festival Wagner à Bayreuth.

jeudi 12 février 2015

Mieux vaut laisser mourir les Grecs que les banques

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Victor Ginsburgh

Le titre d’un article mis en ligne vendredi serait à mourir de rire s’il n’était pas tragique : « La zone euro brise le cercle vicieux » (1). Et de continuer par des discours auto congratulatoires de la BCE et de la Commission européenne : « La relance des investissements et la chute du pétrole [sic] devraient donner un coup de fouet à la croissance… La Commission européenne se joint à son tour à l’élan d’optimisme entourant la croissance sur le vieux continent. Tous les pays de l’UE devraient sortir de récession cette année [et] la Grèce croîtra quasiment deux fois plus vite que la moyenne européenne ».

Ca va lui donner des ailes à la Grèce de croître de 2,6% en 2015, après une chute de quelque 25% de son PIB en trois ans, chute épaulée par un taux de chômage de 25% (50% parmi les jeunes) et des soins médicaux qui font que lorsque les patients arrivent à l’hôpital, ils doivent louer leur propre infirmière (qui est en général une fausse infirmière, sans le diplôme requis) pour recevoir les soins de base que le système médical en faillite ne peut plus assurer. Même les chaises qui permettent aux visiteurs de s’asseoir auprès de leurs proches dans les chambres d’hôpital doivent être louées (2).

mercredi 11 février 2015

Charité bien ordonnée

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Pierre Pestieau

Il y a peu, le Figaro (1) s’est fait l’écho d’une déclaration de Bill Gates selon laquelle il ne désirait pas payer davantage d’impôts. Le quotidien présente deux chiffres : plus de 6 milliards de dollars représentent les impôts dont Bill Gates se serait acquitté jusqu’à ce jour et 28 milliards de dollars auraient été distribués à des œuvres charitables, principalement à la  Bill & Melinda Gates Foundation. Le fondateur de Microsoft a toujours dit s'acquitter « volontiers » de ses contributions au budget public. Pour autant, le milliardaire ne tient pas à payer plus comme l’adjurait Thomas Piketty : « Son point de vue est compréhensible », a reconnu Piketty. « Je pense qu'il s'estime sincèrement mieux placé que le gouvernement pour allouer ses fonds… et par moments cela se vérifie sans doute ».
Car non content d'être le plus gros contribuable au monde, Gates est aussi l'homme le plus généreux, ayant distribué près de 30 milliards de dollars. Or ses priorités sont bien différentes de celles de l'État fédéral américain, dont les dépenses militaires avalent une importante fraction du budget. A contrario, la Bill & Melinda Gates Foundation n'alloue pas d'argent à la défense : elle se consacre à l'éducation et à la santé. Ainsi donc Bill Gates se substitue largement au gouvernement lorsqu'il s'agit d'atteindre des objectifs précis, comme celui de lutter contre la maladie et la pauvreté en Afrique.

jeudi 5 février 2015

On trouve toujours plus métèque que soi

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Pierre Pestieau

Au moment où, suite au retrait annoncé d’Arcelor-Mittal de Liège, la page sidérurgique se tourne lentement en Wallonie, me revient un souvenir récent. Il y a quelques années, je me trouvais à l’Université d’Uppsala et faisais la connaissance de l’attaché culturel auprès de l’Ambassade de Belgique en Suède. Il m’apprit ce que tout Liégeois devrait connaître, à savoir qu’au début du 17ème siècle, environ 5.000 Wallons, pour la plupart originaires de la Cité ardente, ont émigré dans le centre et l'est de la Suède pour y développer la sidérurgie locale. Leur rôle bien que déterminant selon de nombreux historiens fut un moment oublié. Et cette évolution est à méditer.

Les Charlie sont morts plusieurs fois pour rien

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Victor Ginsburgh

« Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme » (Antoine Compagnon, Le Monde, 16 janvier 2015).

L’immédiateté n’est pas toujours bonne conseillère. Quelques semaines à peine après Charlie, et le soufflé des quatre millions s’essouffle. Les quelques jours qui ont suivi les assassinats ont déjà montré que les Charlie sont morts plusieurs fois pour rien, parce que leur mort a été volée. Mais ils continuent de rire où ils se trouvent

La première fois, quand certains qui se croient démocrates défilent parmi les quatre millions de Français et se faufilent au premier rang, dont Netanyahou, bien évidemment. D’autant plus surprenant « qu’en Israël, Charlie Hebdo n’aurait pas même eu le droit d’exister, puisqu’une loi israélienne interdit de représenter Moïse, Jésus ou Mohammed d’une manière qui pourrait heurter les sentiments des croyants » (1). Mais qu’est-ce qu’il foutait là ce monsieur (avec un m très minuscule)?

Faire appel à la peur que semblent éprouver certains Juifs français de vivre en France et leur proposer de s’exiler en Israël ; s’arranger pour faire enterrer en Israël les Juifs assassinés à l’Hyper Casher — comme si on pouvait être en même temps hyper et casher. Bien joué politiquement, il sera sûrement réélu.

jeudi 29 janvier 2015

Le papadi…

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Victor Ginsburgh 

A son retour de Manille, le pape a dit aux catholiques de
ne pas procréer « comme des lapins ». L’article de Libération du 19 janvier donne les détails (1) :

« J’ai fait des reproches à une femme, enceinte du huitième après sept césariennes : ‘Vous voulez laisser orphelin sept enfants’, lui ai-je dit.

« Même si ‘pour les pauvres, l’enfant est un trésor, l’exemple de cette femme, c’est de l’irresponsabilité’, a-t-il estimé.

« Elle dit : ‘j’ai confiance en Dieu’. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. Certains croient, excusez-moi du terme, que, pour être bons catholiques, ils doivent être comme des lapins’, a-t-il regretté. »

Sans vouloir le moins de monde enlever quoi que ce soit à cette sage parole tant attendue —  à condition qu’elle finisse par être un pas vers l’admission de la contraception — je me dois d’informer le pape François du comportement d’un petit porc-épic mâle qui a longuement intrigué le Safari Park de Ramat Gan (Tel Aviv).

Faut-il sauver BELSPO ?

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Pierre Pestieau

Après avoir sauvé le soldat Ryan (1), faut-il sauver BELSPO?  Pour les non initiés l’acronyme BELSPO n’évoque sans doute rien, certainement pas la recherche scientifique. Et pourtant c’est de cela qu’il s’agit. BELSPO est un organisme gouvernemental belge responsable de la coordination des politiques scientifiques au niveau fédéral. Il définit et met en œuvre les programmes et réseaux de recherche et gère la participation de la Belgique dans les organisations de recherche européennes et internationales. Son existence est menacée par le processus de décentralisation que connaît la Belgique depuis de nombreuses années, mais aussi par le souci que le gouvernement a de faire des économies tous azimuts.
La communauté scientifique essaie de résister à cette menace, notamment en adressant aux responsables fédéraux une pétition dont un des intitulés n’est rien moins que « Vers un meurtre avec préméditation ».

mercredi 21 janvier 2015

Morale, pragmatisme et comptes nationaux

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Pierre Pestieau

L'institut européen de la statistique, Eurostat, vient de
sommer les Etats-membres d’intégrer les activités illégales créatrices de richesses (trafic de drogue, prostitution) dans les statistiques nationales, estimant qu'il s'agit de transactions commerciales consenties librement. Ces normes ont créé la polémique dans plusieurs pays, polémique qui est allée dans tous les sens.

Il y a d’abord la réaction des pays vertueux, qui se réjouissaient de voir les pays du sud tels que l’Italie ou la Grèce forcés d’accroitre massivement leur production nationale et donc de les voir augmenter leur contributions au financement de l’Europe. Il y a ensuite les nombreuses personnes, journalistes et hommes politiques, qui avec des airs indignés ont déclaré que suivre Eurostat revient à banaliser le crime, la drogue et la prostitution. Il y aussi ceux qui fantasment sur l’importance macroéconomique de ces activités et qui s’attendent de voir l’Italie ou l’Espagne devenir subitement plus riche que la France ou le Royaume Uni.

Un musée pour un chat

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Chat (toile de grand format)
Victor Ginsburgh

Un musée pour un chat ? Pas pour n’importe lequel, ni pour celui du Rabbin (de Joann Sfar), ni pour celui de Perse, mais pour celui de Geluck.

Au lendemain des fusillades à Verviers, et une semaine après celles de Paris, je viens de lire (1) que Joëlle Milquet, Ministre de la Cul-ture [avec un Q majuscule] en Fédération Wallonie-Bruxelles, a rencontré le papa du Chat [avec C majuscule dans le texte] « pour discuter de l’éventuelle installation d’un musée du Chat à Bruxelles pour y déposer notamment les toiles de grand formats ». L’auteur du chat demande très modestement 1500 à 2000 mètres carrés à proximité de la Grand-Place « en contrepartie de quoi [il] prendra à sa charge tous les frais d’installation du musée et embauchera le personnel nécessaire à son exploitation, soit quelque 30 équivalents temps plein ». On se demande ce qu’ils feront, mais ça résout en tout cas le problème du chômage à Bruxelles.

jeudi 15 janvier 2015

Une découverte fort à propos

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Jacques Aghion

[Pan sur le bec, comme le dit très souvent le Canard Enchaîné, sauf que je n’ai pas de bec. Dans un blog du 6 novembre 2014, que j’avais malencontreusement intitulé « Trois bonnes idées qui s’avèrent mauvaises », j’avais cité un article paru dans le New York Times suggérant que c’était une mauvaise idée de planter des arbres pour sauver la planète (2). Faux dit Jacques Aghion, professeur de biochimie à l’Université de Liège (VG).] 

Je faisais ma valise…

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Victor Ginsburgh

Dimanche 11 janvier dans l’après-midi, je préparais ma valise et ne suis pas arrivé à temps au départ des Charlie à Bruxelles.

Benyamin Netanyahou, lui, a fait le voyage à Paris pour les Charlie. Voici d’ailleurs comment Haaretz (1) décrit ce voyage (à l’exception des insertions entre crochets qui sont miennes).

« Je suis Bibi ! [en français dans le texte] Exactement de la même façon dont vous pouvez parfois identifier des touristes israéliens par leur voix bruyante, leurs manières et leur comportement gauche [pas à gauche]. Aucune des centaines de millions de personnes dans le monde qui ont regardé à la télé le défilé de Paris n’ont eu la moindre difficulté à localiser le premier ministre israélien Netanyahou : pile au beau milieu et au premier rang des leaders mondiaux.

« Les mots généralement utilisés pour décrire les principes de politesse adoptés par le peuple français—manière et finesse—ont subi eux-mêmes une attaque terroriste ce dimanche après-midi. Rien de plus éloigné des manières parisiennes que le comportement de Netanyahou. 

jeudi 8 janvier 2015

A Charlie Hebdo

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Victor Ginsburgh et Pierre Pestieau


Nous avons essayé de noyer notre douleur, mais cette salope avait appris à nager (Frida Kahlo)