Pierre Pestieau

D’abord, je me rends compte de l’aspect technocratique de mes propos. Ce
qui compte c’est la perception que chacun a de sa vie. S’il sent réellement que
la société ne le traite pas bien, que ce soit par comparaison avec ses attentes
ou avec ce que ses voisins vivent, on a beau l’écraser de chiffres, cela ne changera rien, Que du contraire. Une
telle approche chiffrée manque clairement d’empathie. C’est ce qu’on peut
reprocher au gouvernement français. C’est ce qu’on peut me reprocher aussi
quand dans un précédent blog, j’explique pourquoi tout est mieux maintenant
alors qu’ils sont nombreux à ressentir le contraire. Il ne suffit pas Les
statistiques, pas plus que les moyennes, ne peuvent convaincre.
Ensuite, il est important d’observer que ce ne sont pas les quelque 15% de
pauvres que comptent nos pays qui manifestent. Ceux-là restent chez eux, quand
ils ont un ‘chez eux’. On n’en parle guère alors que c’est eux qui méritent
toute notre attention. C’est plutôt cette fraction de la classe moyenne qui se
trouve du mauvais côté de l’une ou l’autre fracture sociale. Nos sociétés sont
en effet déchirées par une multitude de fractures sociales, numériques,
médicales, spatiales, énergétiques, … Sont-elles plus profondes que dans le
passé ? Peut-être mais ce n’est pas certain. Ce qui a sans doute changé
c’est que la population ne l’accepte plus. Elle se rebiffe. Cela c’est sans
doute nouveau. A quoi est-ce dû ? En partie aux réseaux sociaux qui permettent à diverses colères
de se fédérer mais aussi à la distance arrogante de nos dirigeants.

On le voit que la marge de manœuvre du gouvernement est
limitée mais elle n’est pas nulle.
Cher Pierre,
RépondreSupprimerJe suis d'accord avec toi pour dire que l'approche chiffrée manque d'empathie mais absolument pas qu'elle ne changera rien. Il y a dans notre société un malaise ; les causes sont diverses mais comme tu le dis, ce malaise ne
touche objectivement qu'une minorité. Mais à force de proclamer les inégalités, le mouvement fait tâche d'huile. On en arrive pratiquement à réclamer un changement de société. Si les medias diffusent largement que le message n'est pas correct, une bonne partie des indécis ou des mal informés n'embrayera pas.
Et même si l'impact de la désinformation reste peu significatif, il est du devoir des experts comme toi d'aller à l'encontre des idées fausses. Il faut que la vérité l'emporte et non pas les fake news.
Amitiés
L.R.