Pierre Pestieau
Il y a quelques mois, mon petit fils me demandait: Si tu pouvais choisir, préfèrerais tu avoir mon âge ou garder le tien? Il
a dix ans et vit à Washington dans une banlieue confortable. A sa grande
surprise, je lui répondis que je n’échangerais pas mon âge pour le sien. En répondant ainsi je pensais autant aux difficultés que j’ai
pu connaître dans ma jeunesse qu’à celles que les jeunes d’aujourd’hui éprouvent
trop souvent à commencer par la transition d’un cocon familial rassurant au
monde cruel du marché du travail. Ma réponse me fut confortée quelques temps après en lisant une enquête sur le
bonheur selon l’âge. Il en ressortait que les retraités étaient bien plus
heureux que leurs enfants et petits enfants. Surtout les jeunes retraités, ceux
qui échappaient encore aux affres de la dépendance.















