Qu’il s’agisse de la retraite, de la
santé ou de l’éducation, ni les français ni les belges ne doivent opérer des
choix aussi cruciaux que les américains par exemple. Ces derniers doivent tout
au long de leur vie faire des choix importants que ce soit sur le portefeuille
d’investissement qui déterminera le montant de leurs retraites, les assurances
santé qui les couvriront plus ou moins complètement ou encore les universités
où ils enverront leurs enfants et dont le coût peut varier de 1 à 10. Jusqu’à présent,
ces choix n’avaient pas lieu d’être dans nos bons Etats providence. L’Etat y pourvoyait
et si ce n’était pas l’Etat c’était la tradition.mercredi 24 janvier 2018
Richard Thaler et les options par défaut
Qu’il s’agisse de la retraite, de la
santé ou de l’éducation, ni les français ni les belges ne doivent opérer des
choix aussi cruciaux que les américains par exemple. Ces derniers doivent tout
au long de leur vie faire des choix importants que ce soit sur le portefeuille
d’investissement qui déterminera le montant de leurs retraites, les assurances
santé qui les couvriront plus ou moins complètement ou encore les universités
où ils enverront leurs enfants et dont le coût peut varier de 1 à 10. Jusqu’à présent,
ces choix n’avaient pas lieu d’être dans nos bons Etats providence. L’Etat y pourvoyait
et si ce n’était pas l’Etat c’était la tradition.mardi 16 janvier 2018
L'Etat providence : défense et illustration 1
Pierre Pestieau
L’Etat providence n’a jamais été autant décrié qu’aujourd’hui et pourtant
il n’a sans doute jamais été aussi nécessaire. Les critiques qu’il doit essuyer
viennent de ceux qui veulent en réduire la voilure comme de ceux qui le
trouvent inefficace à remplir ses principales missions. Les multiples fractures
sociales qui ont conduit un partie de la population à douter de politiques
censées la secourir et de basculer dans le vote populiste redonne toute sa
justification à un Etat providence plus performant et soucieux de combler le
fossé séparant une certaine tranche de la population socialement intégrée d’une autre, composée d’exclus.
Dans un ouvrage éponyme de ce blog, nous traitons de ces questions. Nous
commençons par montrer que le contexte actuel est bien diffèrent de celui que
l’Etat providence a connu au moment de son essor, après la seconde guerre
mondiale. Les principaux changements concernent l’ouverture des frontières, le
marché du travail de plus en plus précarisé, la structure familiale éclatée et
l’individualisme croissant. Auxquels il faut ajouter le vieillissement
démographique et un net ralentissement de la croissance. Ces différents
changements qui menacent la pérennité de l’Etat providence appellent des
réformes profondes.
L’Etat-providence : Défense et illustration 2
Victor
Ginsburgh
Mon
co-blogueur Pierre et son coauteur ont écrit un livre important et courageux sur
la protection que la société doit accorder à ses habitants, nationaux comme
immigrés d’ailleurs. Je reviendrai sur le titre plus loin, mais j’aime beaucoup
le sous-titre Défense et illustration,
emprunté si je ne m’abuse au poète de la Renaissance, Joachim du Bellay, sauf
que ce n’est pas de poésie, ni de littérature ou de de langue qu’il s’agit
cette fois.
Quant
au titre L’Etat-providence, et les
auteurs le soulignent d’ailleurs (p. 9), le mot providence devrait une fois pour toutes être banni. Pour deux
raisons. Le Larousse dit qu’il
signifie « Action par laquelle Dieu conduit les événements et les
créatures vers la fin qu’il leur a assignée. Dieu, en tant qu’ordonnateur des
toutes choses ». Et aussi parce que « c’est un événement qui arrive à
point nommé pour sauver une situation qui constitue une chance, un secours
exceptionnel ». Banni, parce que ce n’est pas Dieu qui pourvoit, et ce qui
est pourvu ne doit pas être exceptionnel, mais continu et mesuré : il faut
pourvoir, mais il faut aussi oser cesser de pourvoir lorsque la cause
disparaît. Et pas mal de causes ont disparu, mais l’Etat continue de
distribuer, parce que cela arrange aussi bien les uns (le distributeur qui en
espère des effets lors des élections) que les autres (qui en bénéficient sans
en avoir besoin lorsque, par exemple, la technologie a adouci les effets du
travail sur la santé ou la pénibilité).
mercredi 13 décembre 2017
Aléatoire et discriminatoire
Pierre
Pestieau
On
entend parfois des affirmations qui sonnent faux. Sur le coup, par facilité ou lassitude,
on n’y fait pas attention et ce n’est qu’après coup que l’on s’en rend compte. Je
me souviens de l’incident du Thalys il y a environ un an. L’intervention d’un
nombre indéterminé de héros, dont des militaires américains, a permis d’éviter
une tragédie. A cette occasion, on a entendu Alain Vidalies, le ministre français
des Transports de l’époque, se dire favorable à des contrôles « aléatoires » même s'ils sont « discriminatoires ». Cette déclaration
a été reprise en boucle sans que je n’entende de réflexion sur la contradiction
des termes. En effet associer aléatoire et discriminatoire relève de l’oxymore.
Si un contrôle est aléatoire, il ne peut être discriminatoire et vice versa.
Depuis lors, cet oxymore s’est régulièrement retrouvé dans la bouche de
ministres de l’intérieur et autres garants de notre sécurité.Ô Jérusalem
Victor Ginsburgh
Dans une interview donnée le jeudi 7
décembre à la radio belge, Madame Simona Frankel, Ambassad.eur.e.rice d’Israël en Belgique
explique très sérieusement que l’annonce du Président Trump « est
une reconnaissance de la réalité. Ce n’est pas Donald Trump qui a déclaré
Jérusalem comme la capitale du peuple juif, c’est le roi David qui l’a fait il
y a 3.000 ans. C’est une reconnaissance d’une histoire qui existe depuis 3.000
ans » (1).
L’ambassad.eur.e.ice est juriste, ce qui ne fait pas
d’elle une très bonne historienne. Ni une très bonne juriste d’ailleurs. Il
n’est en effet pas du tout certain que le roi David, qui est une figure
biblique, a réellement existé. Et même s’il a existé, cette juriste devrait
savoir que selon le droit international contemporain, il n’est pas permis à
Israël d’annexer Jérusalem Est. Mais l’ambassad.eur.e.rice
se fout du droit comme de l’histoire.
mercredi 6 décembre 2017
La couleur de notre peau n’est pas due au savon Dove
Victor Ginsburgh
Je me souviens de l’atlas que
j’avais à l’école, mais plus tout à fait du nombre de races qui y étaient
représentées. Cinq comme le nombre de continents, je suppose, mais je n’en retrouve
que quatre : la blanche, bien sûre, la noire, qui m’était la plus connue
puisque je vivais en Afrique, la rouge des « peaux rouges » et la
jaune, des japonais que, dans une bande dessinée de Spirou, Buck Danny traitait de « faces de citron » quand ils
apparaissaient comme pilotes d’avion, surtout s’ils étaient mitraillés par les
bonnes « faces d’américains », plus blanches que blanches.
Ce qui m’a amené à me souvenir que
récemment, et vous le savez sans doute, la marque des savons et autres produits
dits d’hygiène, Dove d’Unilever, a répandu sur internet, l’image d’une femme à
la peau noire qui se transforme en femme à peau blanche après avoir utilisé un de
leurs merveilleux produits du style « lave plus blanc que blanc ».
Dove a prié ceux qui avaient vu cette image de les excuser : « cela
n’arriverait plus ». Et pourtant, Dove n’était pas loin, il suffit de très
peu. Les petits larcins
Pierre Pestieau
Quelques
anecdotes plus ou moins récentes. Il y a quelques jours, une connaissance qui
est loin d’être dans le besoin me montrait sa collection de bouteilles de
shampoing et savonnettes qu'elle collectait dans les grands hôtels qu'elle
fréquentait. Récemment, on me rapportait qu'a l'occasion d'un mariage, certains
invités n'hésitaient pas à mettre en poche des poignées de chocolats censés
accompagner le café. Je me souviens d’une tante qui lorsqu’elle se trouvait
dans un café ramassait les sucres et les godets de lait avec toujours la même
sentence, reflet de son époque, « C’est toujours cela que les boches
n’auront pas ! ».jeudi 30 novembre 2017
Le miraculeux multiplicateur
Pierre Pestieau
A plusieurs reprises, dans notre
blog, Victor et moi nous sommes gaussés de l’effet multiplicateur que nos
hommes politiques invoquaient pour justifier des dépenses injustifiables. Qu’il
s’agisse du Circuit de Francorchamps, de Mons Capitale européenne de la culture
ou de tel ou tel festival, on nous expliquait qu’un euro dépensé rapporterait 4
à 6 euros à la région, à la nation, au monde. C’est quasiment aussi bien que la
multiplication des pains. Le multiplicateur est aussi invoqué pour arrêter ou
ralentir la fermeture de centrales électriques ou de casernes. Il s’agit alors
de calculer et d’opposer le gain financier qu’entraînent ces fermetures et les
pertes d’emplois qu’elles provoquent. É.e.s et la féminisation de la langue françaiseLa t
Victor
Ginsburgh
![]() |
| Reconstruction de le Tour de Babel |
Il y a des
langues qui ont de la chance. L’anglais par exemple. Presque tous les noms
communs sont neutres à quelques exceptions près comme celle de ship (bateau), dont on dit she sails out (elle quitte le quai, ou
encore, elle met les voiles). Mais directeur.e s’écrit et se dit director, professeur.e ou écrivain.e
s’écrivent professor et writer, et droits de l’homme se dit human rights. Il n’y a donc rien à
changer dans la grammaire et l’écriture de l’anglais. Et s’il est question d’un
pupil (un.e élève), on écrira, dans
le cours du texte de temps en temps un she
et de temps en temps un he pour
indiquer que cela pourrait être une fille, mais aussi un garçon. Chacun.e a sa
chance. Victor Margueritte avait d’ailleurs déjà inventé le mot garçonne dans son livre éponyme qui date
de 1920.
jeudi 23 novembre 2017
Immigrants. On n’en parle plus beaucoup…
Victor Ginsburgh
Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien pour eux. Les canots pneumatiques confortables
qui viennent de Libye voguent agréablement sur la Méditerranée et sont bien
remplis. C’est bien la preuve qu’ils préfèrent venir sur nos rivages enchantés
que de se faire vendre lors d’enchères d’esclaves. Pour quelques $400 (1),
c’est quand même moins cher que le prix du Leonard de Vinci, qui s’est vendu à $400
millions. Qui va s’en plaindre ?
Comme l’écrit Frédéric Boyer (2) : « La vieille question
obsédante revient en force, celle de l’enfance de l’humanité, de l’enfance de
toute personne. Le ramassage des cadavres s’accélère. Les morts nous appellent
à l’aide. La Méditerranée, ma Méditerranée, est un linceul ».
La langue d’Esope
Pierre Pestieau
La numérisation (on parle aussi de
digitalisation) et la robotisation sont pour nos états providence comme la
langue d’Esope, la meilleure et la
pire des choses. La meilleure parce qu’elles permettraient une plus grande efficacité
dans la perception des prélèvements obligatoires et dans l’allocation des
prestations. La pire parce qu’elles pourraient entrainer un accroissement des inégalités
et de nombreuses occasions d’éviter la protection sociale. mercredi 15 novembre 2017
Mourir drogués, mais légalement
Pierre Pestieau
Au milieu
des affaires politico-judiciaires qui défrayent l’actualité aux Etats Unis, il
y a le scandale des médicaments antidouleur à base d’opiacés, à l’origine d’une
vague d’overdoses. Plusieurs dirigeants de laboratoires pharmaceutiques sont
poursuivis pour avoir dissimulé les risques de dépendance qui peuvent se
révéler et conduire à une surconsommation mortelle. La justice leur reproche
notamment d’avoir pratiqué un marketing agressif auprès de praticiens qui pouvaient ne pas être des spécialistes
dans ce domaine. Ce scandale, motivé par la recherche effrénée du profit ne
devrait pas nous étonner plus que les autres.
La porte du Paradis
Victor Ginsburgh
« Si l’on croit qu’il y a un ensemble de
règles pour les riches et un autre pour les pauvres, c’est bien parce que c’est
le cas » (Editorial du Guardian,
6 novembre 2017).
Dans son article paru dans Le Soir
du 8 novembre, Paul de Grauwe s’en prend à l’optimisation (ou évasion) fiscale
qui n’est, bien malheureusement, pas illégale comme l’est la fraude fiscale,
mais il ne propose pas de solutions pour lutter contre le phénomène, tout en
écrivant qu’elles sont à l’étude. Un vœu pieux de mon collègue Paul.
Je doute que quoi que ce soit puisse être sérieusement à l’étude. Comme je
l’ai entendu dire par le juge d’instruction belge Michel Claise le 7 novembre sur
les chaînes de la RTBF, même les fraudeurs, et surtout s’ils sont gros et bien
nourris, ne sont guère poursuivis, parce que les agents pour le faire sont trop
peu nombreux. Faire croire que la fraude est poursuivie a dit haut et fort
Michel Claise est « une escroquerie intellectuelle ». Voir notamment https://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-fraude-fiscale-et-les-paradise-papers-au-centre-du-debat-d-a-votre-avis?id=9757688
jeudi 9 novembre 2017
La sécession n’est pas le diable dont on parle aujourd’hui
Victor Ginsburgh
Le referendum et
la lutte des pour et des contre la « sécession » catalane m’a forcément
fait penser à un article de Jacques Drèze publié en 1993 (1), in tempore (presque) non suspecto. J’ajoute le « presque »
parce qu’il n’était pas encore beaucoup question de sécession dans ce qui
allait devenir le 1er novembre 1993 l’Union Européenne, bien plus petite
qu’aujourd’hui, puisqu’elle était formée de douze pays seulement, dont
l’Espagne.
« Presque »
aussi, parce les régions de l’ex-Yougoslavie divisée aujourd’hui en
Bosnie-Herzégovine, Slovénie Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Kosovo étaient,
depuis 1991 déjà, en train de se déchirer avec beaucoup de violence. Par contre
la séparation officielle le 1er
janvier 1993 de l’ancienne Tchécoslovaquie en deux pays, la République
tchèque et la Slovaquie s’est déroulée sans mal. Les deux pays sont devenus
membres de l’UE en 2004. Il faut ajouter que la Yougoslavie et la
Tchécoslovaquie étaient des pays relativement jeunes dont les premières traces
datent de 1918. mardi 7 novembre 2017
La désinformation ne connaît pas de frontières
Pierre Pestieau
Dans un discours récent, Donald Trump faisait part de tout le mal qu’il
pensait des droits de succession qui, notons-le, ne sont perçus aux Etats Unis qu’au-delà
de 5,49 millions de dollars (10,98 millions pour les couples mariés). Dans son
discours, il a pris l’exemple d’une cultivatrice du Nord Dakota, prénommée
Julie. Il a déclaré : Comme beaucoup
de cultivateurs.trices (1), Julie s'inquiète de cet « impôt sur la
mort » (c’est ainsi que les républicains qualifient les droits de
succession ; en anglais, on parle de death tax) qui l’obligera à mettre
fin à son entreprise familiale et l'empêchera de la transmettre à ses enfants.
C'est une taxe dévastatrice. Julie rassurez vous. Nous n'allons pas permettre que
l'impôt sur la mort ou les droits de succession, peu importe comment vous les
appelez, viennent briser le rêve américain.lundi 30 octobre 2017
Celui qui le dit
Pierre
Pestieau
La pertinence d’un propos dépend-elle de la moralité de
celui qui le profère ? En d’autres termes, une affirmation telle que « le
harcèlement sexuel est haïssable et devrait être davantage poursuivi »
serait-elle moins fondée si elle émanait de Harvey Weinstein, connu aujourd’hui
comme le porc. Cette question est
proche de celle que soulevait Marcel Proust dans son Contre Sainte Beuve, quand il s’attaquait à celui pour qui l'œuvre
d'un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s'expliquer par
elle. Proust estimait que la critique d’une œuvre devrait être dépourvue
d'éléments qui lui sont extérieurs.
Cette réflexion m’est venue à la lecture d’un roman que
je recommande, L’imposteur, qui
narre l’histoire d’un homme qui fut longtemps en Espagne le président emblématique
de l’Amicale de Mauthausen en portant ainsi la parole des rescapés des camps de
la mort, alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds (1). L’auteur, Javier
Cercas, s’interroge sur les conséquences de la découverte de cette imposture.
Servira-t-elle d’argument aux négationnistes ?
Glyphosate, Roundup et règles de vote à la Commission Européenne
Victor Ginsburgh
Certains ne manqueront pas de me
dire que je mélange les choses, mais il y a des cas où il faut s’y risquer,
quitte à se voir vilipendé.
Il y a dans l’Union Européenne,
plusieurs règles de vote, dont celle à l’unanimité qui concerne les langues
officielles aujourd’hui au nombre de 24. Il faut l’unanimité pour changer la
moindre règle les concernant, suite à un règlement qui date de 1958, alors
qu’il y avait 4 langues.
![]() |
| Désherbant |
jeudi 26 octobre 2017
Les propos fumeux de certains qui se disent économistes
Victor Ginsburgh
Les économistes racontent beaucoup de bêtises. Une partie de celles-ci est
due à la méconnaissance de ce qui se rapprochera peut-être un jour d’une
science. J’ai déjà entendu beaucoup de sottises, mais celles qui sont
rapportées dans un article publié par L’Echo
du ** septembre 2017 par XY qui se dit économiste et anthropologue, sont un chef-d’œuvre
à nul autre pareil.
Cet économiste-anthropologue se demande comment on peut gérer le risque
financier et pose, naturellement, comme question « est-ce que les
économistes ont une bonne réponse ». Je pensais qu’il utiliserait des
arguments anthropologiques, politiques, sociologiques, voire, économiques pour
expliquer ce qu’il en est. Non, en toute prudence, parce qu’il pense ainsi être
scientifique, il se retranche derrière des arguments faisant parti de la
physique théorique, qui est elle-même à la recherche d’une cohérence entre
physique relativiste et physique quantique.
Vive les riches
Pierre Pestieau
Au cours de récents voyages dans différents pays, je suis régulièrement
interpellé par une amie qui m’accompagne sur la chance que nous avons d'avoir des
aristocrates et autres riches bourgeois pour s’être fait construire des
habitations fastueuses qui sont devenues des musées abritant des œuvres
uniques. Il est en effet évident que si nous vivions au sein d’une société
quasi égalitaire, dans laquelle chacun posséderait son petit pavillon, ce type
de bâtiments manquerait cruellement.
Mais il est difficile d'imaginer une telle société sans Etat, qui serait
d'ailleurs le garant de cette quasi égalité. Cet Etat aurait d’autres
fonctions, dont celle de fournir les biens et les services collectifs que le
marché ne peut fournir. Les biens culturels sont des exemples classiques de
biens publics dont la fourniture se heurte au phénomène du comportement de
« passager clandestin ». Il
est en effet tentant et rationnel de chercher à bénéficier de l’usage
de ces biens sans contribuer à leur financement. Le marché se révèle défaillant
et ne peut en assurer la production spontanément. D’où le besoin d’Etat.
mercredi 18 octobre 2017
La marque d’Attila
Pierre Pestieau
Je viens de passer
une semaine en Hongrie, ou plus précisément à Budapest. Par moments, au cours
de ce séjour, je me déplaçais dans le
temps et m’imaginais dans le Berlin des années 30, où touriste je n’aurais rien
deviné de ce qui se passait derrière le rideau de la propagande nazie. Récemment,
un reportage sur Arte consacré aux jeux de Berlin montrait à quel point et avec
quel succès le régime avait réussi à tromper les journalistes les plus avertis
sur les horreurs du régime.
Revenant à
Budapest, la ville a de nombreux charmes. De belles avenues, le Danube qui la
traverse majestueusement, de nombreux palais, théâtres, églises et musées, la
pittoresque colline de Buda. La nourriture n’est pas trop mauvaise pour un pays
de l’est. Leur foie de canard poêlé aux myrtilles est à recommander. La ville
accueille de nombreux visiteurs, jeunes surtout, dont une partie est un produit
de Ryanair et autres compagnies low cost.
Après tout, un week-end arrosé à Budapest est moins coûteux qu’il ne le serait
à Londres.
A.E.I.O.U. Austria est imperare orbi universo
Victor Ginsburgh
« La destinée de l’Autriche est
de diriger le monde entier » une devise modeste que l’Autriche s’est
donnée vers 1890, mais qui peut aussi se lire « Austria erit in orbe
ultima », qui se traduit par « L’Autriche
survivra jusqu’à la fin du monde ».
Mon cœur d’ex-autrichien bat plus
vite à répéter ses devises plus glorieuses l’une que l’autre, mais aussi à l’idée
que l’Autriche pourra bientôt recréer un nouvel empire avec la Hongrie si bien décrite
par Pierre Pestieau dans l’article qui précède. Comme l’était l’Empire
Austro-Hongrois entre 1867 et 1918 sauf que l’empereur Franz pas né très malin sera
remplacé par Kurz, 31 ans, presque aussi jeune que Franz qui avait 18 ans
lorsqu’il a accédé au trône.
jeudi 12 octobre 2017
Viaducs et tunnels routiers — y’a qu’à…
Victor Ginsburgh
Les ouvrages dits d’art (une jolie allitération, venue toute seule sous la « plume »)
qui permettent aux « provinciaux » de Flandre et de Wallonie de venir
travailler à Bruxelles et de rentrer chez eux le soir — sans payer ni taxes ni impôts
à la « capitale » — sont en train de tomber en miettes les uns après
les autres. Vieillesse et usure font mieux que force ni que rage.
![]() |
| Petit trou à Bruxelles |
Déserts médicaux
Pierre
Pestieau
Une
des limites du libéralisme en matière de santé se manifeste au travers de l’existence
croissante de déserts médicaux. On entend par là des
zones du territoire où la concentration de professionnels et d'établissements
de santé est insuffisante par rapport aux besoins et à la réalité démographique
du territoire, ou tout du moins inférieure à la moyenne du pays. Cette
désertification médicale touche en particulier — pour des raisons de plus
faible attractivité — les zones rurales et les banlieues des grandes villes. Des
mesures sont régulièrement prises au plan local et national pour lutter contre
ce phénomène qui sans nul doute contribue à la fracture sociale, à ce sentiment
d’abandon dont peut souffrir une population qui se sent une fois de plus délaissée
par la « métropole ». Une fois de plus, car il existe d’autres raisons
de se sentir abandonné avec la disparition des boulangeries et des épiceries,
avec l’absence d’accès à internet, avec les écoles qui s’éloignent et les
transports publics qui se font rares.jeudi 5 octobre 2017
Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs
Pierre
Pestieau
Avoir
raison trop tôt, est une phrase que j’éviterais de prononcer, appartenant à une
profession connue pour s’être trompée plus qu’à l’ordinaire. Et pourtant. Il y
a une quinzaine d’années, je fus convié par le ministre Jean Claude Marcourt,
qui comptait entre autres charges, celle de l’économie wallonne, pour en discuter. J’avais commis quelques semaines auparavant
une carte blanche dans laquelle je m’alarmais du fossé croissant entre les économies
de Flandre et de Wallonie. Il me demanda ce que je proposais.
mardi 3 octobre 2017
Les femmes saoudiennes pourront enfin conduire. Pourquoi ?
Victor Ginsburgh
l’article publié par le journal de gauche israélien Haaretz qui s’interrogeait dans son titre sur la raison pour
laquelle les choses avaient changé (1) commente ironiquement « La vraie raison », écrit-il, «
est peut-être d’humilier les religieux israéliens qui interdisent à leur épouse
de conduire… ».
Evidemment, le nouveau prince qui succédera au roi doit établir sa renommée
et faire preuve de modernité. La nouvelle disposition va avoir des conséquences
économiques assez sérieuses, dont certaines seront positives, d’autres beaucoup
moins, en particulier pour les étrangers établis en Arabie.
mardi 26 septembre 2017
Oh ! la belle littérature française
Victor Ginsburgh
![]() |
| Grand écrivain français boursouflé |
J’espère que les quelques lignes qui suivent vous pousseront à lire son
petit ouvrage (1) et vous dégoûteront une fois pour toutes des romans de gare,
voire pire, écrits pas Eric Emmanuel Schpritz, Amélie Mouthon, Marc Lavie, Guillaume
Museau, Vigan La Delphine, Jean-Christophe Rupin et autres grands écrivains
français contemporains (2).
A quel âge?
Pierre Pestieau
Quand on se rapproche de la fin de sa vie active, on fait face à des
échéances qui nous sont imposées et d’autres sur lesquelles nous avons un
certain degré de liberté. Il y a trois échéances sur lesquelles nous n’avons guère
de prise (1). D’abord, l’âge légal de la retraite, 65 ans et bientôt 67.
Ensuite l’âge de la sénilité ou de la démence, à partir de laquelle nous ne
pouvons plus rien faire d’utile (2). Enfin, l’âge de notre mort. A côté, il y a
d’autres âges que nous pouvons choisir ; ils sont au nombre de deux.
D’abord, il y a l’âge auquel nous cessons notre activité formelle et
prenons notre retraite. Il existe en effet une fenêtre plus ou moins large à l’intérieur
de laquelle on peut choisir de partir à la retraite avant l’âge légal. La fenêtre
la plus connue en Belgique est actuellement celle de 60-65 ans. La majorité des
Belges profitent de ces fenêtres et partent à la retraite bien avant l’âge
légal pour plusieurs raisons. Pour des raisons de santé ou bien par calcul
économique. Il arrive aussi, mais c’est plus rare, que certains décident de
partir prématurément par altruisme ; ils libèrent ainsi un poste pour un
plus jeune. Ajoutons que tous les travailleurs n’ont même pas cette liberté de
choix : leur employeur peut les forcer à partir prématurément.
mercredi 20 septembre 2017
Le coût de la guerre en Syrie
Pierre Pestieau
Tout a commencé par la requête d’un ami turc qui travaille à la Banque
Mondiale. On lui a demandé d’évaluer le coût de la guerre en Syrie du point de
vue du peuple syrien. Il est un peu perdu et fait appel à mes faibles lumières.
Inutile de dire que je ne connais pas le sujet. Tout au plus ai-je assisté il y
a plusieurs années à une conférence de Joseph Stiglitz sur le coût de la guerre
en Irak. J’ai même jeté un œil sur le livre qu’il a eu la gentillesse de me
dédicacer (1). En cas de doute, il n’y a pas mille solutions. Je suis allé sur
Google. D’abord, je me suis aperçu que la somme de 3000 milliards de dollars
évaluée par Joe Stiglitz avait été depuis révisée à la hausse. Plus frappant, la
plupart des études citées sur le sujet concernent exclusivement le coût de la
guerre du point de vue des Etats Unis. On parle en général d’un coût financier.
Les pertes en vies humaines sont citées en passant et quelle que soit la
guerre, le rapport entre les pertes américaines et les pertes de civils et de
combattants locaux est de l’ordre de 1 à 100.Adonnez-vous à la procrastination
Victor Ginsburgh
Soixante chercheurs de tous les coins du monde (Allemagne, Australie, Inde,
Israël, Pérou, Turquie notamment) qui étudient le phénomène appelé procrastination étaient présents à la dixième
conférence bisannuelle organisée par l’université DePaul à Chicago (1). Quand
je vous aurai défini le mot, vous direz tous : « Ah, il y en a
d’autres qui, comme moi, remettent systématiquement au lendemain ce qu’ils
devraient faire aujourd’hui » et ce jusqu’à la veille du jour où cela doit
absolument être fait, ce qui nécessite la prise d’un ou deux comprimés
d’anxiolytique qu’il faut toujours avoir sur soi. C’est ce qui m’arrivait, du
temps où j’étais encore professeur, avec les corrections des examens écrits, et
cela m’arrive encore aujourd’hui lorsque je dois remplir ma déclaration fiscale,
pourtant pas bien compliquée.mercredi 13 septembre 2017
Nous sommes arrivés sur terre il y a 5.000 ans
Victor Ginsburgh
Je suis un
fervent lecteur d’un site web intitulé “Quora Quest” sur lequel n’importe qui
peut poser des questions et n’importe qui peut répondre, mais ce sont
généralement des scientifiques, parce que les questions le sont souvent. Je
donne comme exemple les questions posées et auxquelles il y avait des réponses
le 24 juillet 2017 :
Est-ce que la Rome antique était aussi grande que la montrent les films ?
Pourquoi les
particules ont-elles une charge ?
Quelles sont les
cinq choses que peut faire quotidiennement un individu pour être heureux ?
Pourquoi les
électrons ne se crashent-ils pas dans le noyau ?
Quel genre de
livres Warren Buffet lit-il ?
Quelle suggestion
auriez-vous pu vous faire il y a dix
ans ?
Quelles raisons
peut-on invoquer pour suggérer que l’intelligence est répartie de façon
égalitaire dans le monde ?
Mais la plus
jolie de ce jour-là était la suivante :
Selon la Bible,
l’humain est apparu sur terre il y a quelque 5.000 ans, ce qui me semble
correct. En quoi n’ai-je pas raison ?
Robotisation et fiscalité
Pierre Pestieau
Beaucoup s’inquiètent de l’arrivée massive des robots dans nos économies.
La principale crainte concerne l’emploi. De nombreuses Cassandre annoncent des
pertes d’emploi massives et partant un chômage structurel sans précédent. D’autres
appréhendent une société où le robot prendrait le contrôle de notre vie à la manière de Hal (Carl dans la version française), l’ordinateur de bord dans le chef d’œuvre de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace. Une
autre source d’appréhension touche à la réduction des assiettes fiscales traditionnelles
à commencer par la masse salariale qu’il serait difficile de compenser par une
taxation des robots. C’est à cette crainte que je voudrais consacrer ce blog.jeudi 7 septembre 2017
Mondialisation et populisme
Pierre Pestieau
Dans un récent article (1), l’économiste américain Dani
Rodrik étudie l’émergence des mouvements populistes en Europe et en Amérique.
L’argument central de son article est que la mondialisation dans son stade
avancé se prête à une réaction populiste, lequel peut prendre différentes
formes selon les fractures sociales que les politiciens peuvent utiliser en
exploitant les courants anti-establishment. Par stade avancé de la
globalisation, qu’il appelle hypermondialisation, il veut dire que les gains
d’efficacité ne réussissent pas à compenser les pertes redistributives. On
trouvera du populisme de gauche là où l’impact de la globalisation se manifeste
dans les domaines de la finance, du commerce et de l’investissement
international. En revanche, le populisme de droite apparaîtra là où la
globalisation se traduit par de l’immigration
et particulièrement l’afflux de réfugiés. Un pied de nez aux murs
Victor Ginsburgh
Bosco Sodi, un artiste d’origine mexicaine, a obtenu l’autorisation de construire
un mur de briques rouges dans le Washington Park, à New York City. La
construction de ce mur sera entamée bien avant celui que Donald Trump se
propose de construire le long de la frontière mexicaine, puisque les premières
briques seront posées ce 7 septembre 2017, c’est-à-dire aujourd’hui. Il sera moins long, pas
plus de dix mètres et sera aussi moins éternel que le mur de Trump, pour autant
qu’il arrive à ses fins.
L’œuvre intitulée Muro est la
première œuvre publique et politique de l’artiste et pour qu’elle soit plus
politique qu’artistique, il préfère qu’elle ne vive pas trop longtemps, sans
quoi elle pourrait devenir une œuvre d’art. Muro
pourra donc être démonté brique par brique durant la nuit du 7 au 8 septembre
par les visiteurs qui, s’ils le désirent, pourront emporter une des 1600 briques
signées dont le mur sera constitué. Le maire de New York a promis de venir
chercher sa brique.
lundi 4 septembre 2017
Un message dans une bouteille
Victor Ginsburgh
Commençons par
une bien jolie histoire.
C’est le Jerusalem Post du 21 août 2017 qui la
rapporte. La dépêche vient de Gaza et raconte la prise surprenante durant l’été
du pêcheur palestinien Jihad al-Soltan : un message dans une bouteille trouvée
dans ses filets au large de Gaza.
La bouteille
avait fait son petit chemin de près de 800 Km dans la Méditerranée. Elle
provenait de l’île grecque de Rhodes où elle avait été mise à l’eau par un
couple de vacanciers britanniques en juillet.
Le message mentionne
l’adresse email des expéditeurs Beth et Zac : “Nous sommes actuellement en
vacances à Rhodes et aimerions savoir jusqu’où ira cette bouteille, même si elle
s’échoue simplement sur une plage voisine.”
Le pêcheur gazaoui a fait part de sa découverte à Beth et Zac, qui lui ont
répondu : “Hello, merci d’avoir trouvé la bouteille. Nous vous envoyons des
fleurs magiques”.
Amour et longévité
Pierre Pestieau
Dans mon enfance, il arrivait souvent que le dimanche au sortir de la
messe, ma grand-mère et dans une moindre mesure, mes parents fassent des
réflexions sur les mariages qui se préparaient. Les commentaires sur les jeunes
femmes portaient sur leur beauté mais aussi sur la largeur de leur bassin, gage
de naissances nombreuses et faciles. Pour les garçons on parlait plutôt de leur
métier mais aussi de leur éventuel penchant pour la boisson. Autre thème
favori, les éventuelles tares familiales.
Il y a quelques 25 ans, j’assistais à un séminaire donné par un économiste
de qualité. Il nous présentait un modèle de mariage. Pour les femmes, ce qui
comptait, c’était leur capacité de « faire » des enfants et pour les
hommes, c’était leur capacité de faire de l’argent. C’était là deux
caractéristiques que l’on ne découvrait qu’avec du temps, la première plus
rapidement que la seconde. A la suite d’un petit exemple numérique, il
concluait que l’âge optimal du mariage était de 27 ans pour les hommes et de 24
pour les femmes. J’en éprouvais une grande satisfaction puisque c’étaient les
âges que ma femme et moi avions lorsque nous nous sommes mariés.
mardi 27 juin 2017
Les fractures sociales
Pierre Pestieau
Dans un précédent blog, j’ai traité du lien existant
entre la fracture sociale et le vote populiste. J’aimerais ici approfondir ce
concept de fracture sociale. La fracture sociale est certainement un concept
mais surtout une réalité qui gangrène nos sociétés depuis plusieurs décennies.
Elle est à l’origine du climat délétère qui pèse sur nos démocraties. Un climat
dominé par la défiance, défiance à l’égard d’autrui et plus particulièrement à
l’égard de toute forme d’autorité.
La fracture sociale est avant tout une réalité complexe
et c’est cette complexité qui empêche de la combattre efficacement. Chacun a sa
propre définition du concept et pour la mesurer on choisira des dimensions différentes.
L'oeuf, le sperme et l'antiféminisme primaire
Victor Ginsburgh
Pourquoi celui qui, dans un couple, exerce moins d’activité, s’occupe-t-il
davantage du ménage et des enfants et pourquoi le « celui » en
question est-il presque toujours une femme, ce qui ne fait que renforcer, dit-on,
le cercle vicieux du « je travaille moins, donc je suis censé(e) m’occuper
des enfants et du ménage, donc je gagne encore moins, parce que même si je ne
travaille pas moins, l’entreprise qui m’emploie croira que je porte moins
d’attention à mon travail ». Et même quand la femme travaille moins, à
l’heure de travail elle gagne moins que l’homme qui exerce le même emploi. mardi 20 juin 2017
« Tu enfanteras dans la peine » et son étrange effet sur notre évolution
Victor Ginsburgh
Après la tentation malheureuse du serpent dans le jardin d’Eden, voici ce
que YHVH a dit à la femme : « Je multiplierai, je multiplierai ta
peine et ta grossesse, dans la peine tu enfanteras des fils » (Genèse 3, 16). Il a ajouté d’autres
choses pas toujours très aimables pour la femme comme : « A ton
homme, ta passion : lui, il te gouvernera » mais s’est un peu
rattrapé en disant à l’homme « A la sueur de tes narines, tu mangeras du
pain jusqu’à ton retour à la glèbe dont tu as été pris. Oui, tu es poussière, à
la poussière tu retourneras » (Genèse
3, 19) (1).
Mon propos ici est le pourquoi de
l’enfantement dans la souffrance et le comment
l’être humain a changé les choses grâce à (ou à cause de) la césarienne, qui
elle-même est en train de changer l’évolution de l’être humain. Mais comme dans
la Genèse, commençons par le
commencement.
Quelques réflexions sur les paradis fiscaux
Optimisme béat.
Parmi mes collègues,
spécialistes des finances publiques, j’entends souvent dire que les paradis
fiscaux sont en voie de disparition suite aux récents accords initiés par
l’OCDE. Les Etats procèderaient à des échanges d’information qui rendraient
difficile, voire impossible, la fuite cachée des capitaux. C’est oublier que
les institutions financières ont dans la fraude comme dans l’évasion fiscale un
coup d’avance sur les Etats nations. Ainsi Gabriel Zucman (1) qui est sans
doute le meilleur spécialiste des paradis fiscaux montre que les capitaux se
sont déplacés des pays couverts par les traités vers les pays qui ne le sont
pas, laissant le volume de la fuite des capitaux inchangé, si ce n’est
augmenté. jeudi 15 juin 2017
D’une fracture raciale à une fracture sociale. Pauvre Mandela
Pierre
Pestieau
Johannesburg, Jobourg, pour les
intimes. Le nouveau quartier d’affaires ou les hôtels cinq étoiles, flambant
neufs, se disputent le ciel avec les grandes banques de tous les pays. Au
milieu, une oasis couverte de verre avec les boutiques les plus chics que l’on
puisse imaginer, Rolex, Prada, Vuitton et autres Burberry et je suis sûr que
j’oublie les meilleures. Au centre une petite place, le Nelson Mandela square, dont l’accès est protégé partout par des gardes
privés. Au centre de ce square une imposante statue de Mandela de 6 mètres de
haut, qui n’a rien à envier aux nombreuses statues de Lénine qui peuplaient
l’Union Soviétique. Que doit-il penser de tout ce luxe qui jure dans une
société qui tout en continuant à le vénérer est désespérée de son avenir.70 idées propagées par les économistes, mais qu’il vaut mieux brûler
Victor Ginsburgh
Après ma défense des économistes la semaine dernière, je peux tout autant
parler de leurs idées saugrenues. Un ouvrage dont le titre Idées économiques que vous pouvez oublier (1) vient me sauver, je
ne dois pas inventer. Septante (soixante-dix, pour être sûr d’être compris)
économistes y ont contribué. Chacun d’eux avait deux pages pour parler de l’idée
ancrée qu’il voulait néanmoins attaquer et montrer fausse ou ridicule. En voici
sept qui révèlent que ce petit livre d’un peu plus de 150 pages est bourré
d’idées salutaires.
Inscription à :
Articles (Atom)








