Victor Ginsburgh
Voici la traduction intégrale
d’un article de Carolina Landsmann, paru dans Haaretz, le journal courageux de ce qui reste de la gauche israélienne. Après
cela je cesserai de vous ennuyer avec les obsessions liées à mes
origines, parce que je ne pourrai rien dire de plus ni de mieux. Tout aura été
dit. Voici cet article (1).
Laissons la droite israélienne se fracasser et se brûler
Caroline Landsmann
Netanhayou et son gang veulent construire des colonies ? Lier le Hamas
à l’Etat Islamique ? Retourner le monde contre nous ? Montrons leur
ce qui va se passer.
Avant que le monde démocratique ne se précipite sur un
nouveau projet pour
sauver la démocratie israélienne de la prochain attaque — cette fois menée par
un membre de la Knesset (Parlement israélien), Ayelet Shaked qui veut ajouter
une clause à la Loi de Base sur la Dignité Humaine et la Liberté permettant à
la Knesset de ne plus soutenir la dignité humaine et la liberté [et de s’opposer à des décisions de la Cour Suprême]— nous devons nous poser et réfléchir. Nous devons réfléchir à cette
dynamique étrange entre la droite et la gauche en Israël, et nous demander si
elle fait avancer la cause de la démocratie.
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Mur |
La démocratie israélienne occupe la Palestine et a fait de tous ses
citoyens des partenaires du crime. Le fait que ce contrôle des Palestiniens est
exercé par un gouvernement démocratique ne fait qu’accroître la responsabilité
de chacun de nous pour ce qui est fait en notre nom. Après tout, si nous vivions dans une dictature, nous
pourrions au moins nous dire : « Nous ne pouvions rien faire, c’était
dangereux. Nous avions peur pour notre vie et pour celle de nos enfants ».
Mais quels mots pourront nous défendre dans les livres d’histoire ? La situation
est complexe parce que plus nous sommes démocratiques, plus nous portons la
responsabilité pour le mal que nous faisons.
C’est pourquoi nous ne devons pas être surpris que la gauche considère la
droite comme une dictature. Ce qui lui permet de murmurer : « Que
pouvons-nous faire ? », au lieu de payer le prix pour changer la
réalité dans laquelle nous vivons. Parce qu’enfin, que signifie « être
démocrate » ? Faut-il attendre que nous défendions des politiques
anti-démocratiques au nom de la démocratie dépouillée de son âme, et nous
réjouir, comme si elle était toujours vivante ? A ceux qui croient cela,
nous devons répondre que nous ne sommes pas des nécrophiles. Si c’est cela
qu’est devenue la démocratie israélienne, alors nous n’en voulons plus.
Celui qui se sent inquiété par cette notion de démocratie doit rompre ses
connections avec l’occupation. C’est une traîtrise politique de défendre
volontairement le régime actuel. Le dernier exemple est l’effort fait par le
gouvernement d’Israël pour faire dérailler les décisions des parlementaires
suédois et britanniques de reconnaître symboliquement l’Etat Palestinien. Le
camp qui s’oppose à l’occupation doit arrêter de freiner les conséquences
qui découlent naturellement de cette occupation.
Que du contraire. On doit permettre au premier ministre Netanyahou et à sa
bande de se laisser aller sur la pente glissante vers laquelle il amène son
pays. Ils veulent des colonies ? Laissons les construire. Ils veulent
rétrécir les prérogatives de la Cour Suprême de Justice ? Laissons les
rétrécir ces droits et laissons les Juges se démettre de leur fonction. Ils
veulent se mettre le monde entier à dos ? Très bien. Lier le Hamas et
l’Etat Islamique ? Allons-y. Veulent-ils voir ce qui se passera quand les
masses appauvries n’auront plus rien à perdre ? Ou bien ce qui arrivera
quand un peuple occupé se verra dessaisi de tous ses moyens ? Avec
plaisir, qu’ils voient.
C’est difficile à accepter, mais c’est peut-être en se fracassant contre la
réalité des choses que les conditions d’un changement politique mûriront et
nous donneront la possibilité d’être un peuple libre dans notre pays.
(1) Carolina Landsmann, Let the
Israeli right crash and burn, Haaretz,
October 22, 2014, http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.622102
merci, même si c'est pas toi qui l'as écrit, tu aurais pu. On peut pas dire que ça ouvre des horizons merveilleux, mais au moins cela a le mérite d'être clair et inattaquable.
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