Pierre Pestieau

Qu’on me comprenne bien, je ne vise
pas ici le multiplicateur keynésien qui est toujours d’actualité et selon
lequel dans une économie en dépression, un investissement public peut relancer
la demande et partant l’emploi.
Revenant à notre multiplicateur miraculeux,
j’en ai trouvé une application inattendue dans un article récent (1). Il n’y
aurait jamais eu autant de personnes déplacées de par le monde : 65,6
millions dont 22,5 millions de refugiés. Près de 85% de ces refugiés sont
accueillis dans des pays en développement, souvent contigus de ceux qu’ils ont
du quitter et où ils sont confinés dans des camps.
L’étude en question porte
sur le camp de refugiés de Kachma qui se trouve dans le nord du Kenya. Les
refugiés sont originaires de Somalie et du Sud-Soudan. La conclusion de l’étude
est que la population vivant aux alentours du camp bénéficie de sa présence par
rapport à celle qui en est plus éloignée : les salaires augmentent,
l’emploi aussi. Il y a renchérissement du bétail et d’autres produits agricoles.
Une des méthodes utilisées consiste à mesurer à partir d’un satellite la luminosité
des villages la nuit. Plus il y a de lumière, plus il y a d’activités. Cette méthode
a été utilisée naguère pour mesurer l’importance de l’économie souterraine dans
les pays du bloc soviétique.
(1) J.
Alix-Garcia et al. Do refuge camps help or hurt hosts ? The case of Kakuma,
Kenya, Journal of Development Economics,
130, 60-83, 2017
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