Pierre Pestieau
Quand j’avais quinze ans, j’étais
fasciné par cette citation de Saint-Exupéry: La grandeur de ma civilisation, c'est que cent mineurs s'y doivent de
risquer leur vie pour le sauvetage d'un seul mineur enseveli. Ils sauvent
l'Homme. Avec le temps j’ai pris quelque distance avec cette forme
d’humanisme que l’on trouve notamment chez Spielberg et son « Il faut sauver le
soldat Ryan ». Car après tout, c’est plutôt l’exemple inverse que notre
civilisation nous offre avec ses guerres (néo-) coloniales dans lesquelles,
pour sauver quelques vies et quelques intérêts commerciaux, on n’hésite pas à
tuer ou blesser des milliers de personnes. Il suffit de relire « Les fantômes
du roi Léopold » pour découvrir que des milliers de vies congolaises ne
faisait pas le poids face à quelques tonnes d’hévéa (1).


La distinction entre suicide et euthanasie n’est pas
toujours claire. La Belgique peut se targuer d’avoir une loi sur l’euthanasie
que nos voisins du sud nous envient. Apparemment, le nombre de déclarations
d’euthanasie est assez stable. Il y a eu, en 2016, 2.024 déclarations selon la
Commission de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (2). La plupart
concernent des personnes âgées. En dépit de nombreux garde-fous certains s’inquiètent
dans le nord du pays de certaines dérives. Des médecins cesseraient d’y
appliquer l’esprit de la loi. Il semblerait que le nombre
d’euthanasies soit significativement plus élevé en Flandre que dans les autres
régions, alors que la loi y est la même (3). Quant aux suicides, il y aurait quelque 2.000 cas par an. Le
taux est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Les personnes âgées
sont deux fois plus nombreuses que les jeunes à mettre fin à leur vie de
manière intentionnelle. Et le taux de suicide est deux fois plus important en
maison de repos qu’au domicile. Ce dernier chiffre semble sous-estimé
pour les personnes âgées. Il existerait en effet des formes indirectes de
suicide. Certaines personnes âgées adoptent
une conduite de déni en refusant par exemple de prendre leurs médicaments. Il
semblerait que très souvent le médecin
traitant préfère, notamment dans un souci de protéger l’entourage, déclarer
comme accident un suicide.
Sur les questions de
vie et de mort, mon maître à penser n’est plus Saint Exupéry mais Woody Allen pour qui on devrait
vivre la vie à l’envers… Tu commences par
mourir, ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie. Après tu te
réveilles dans une maison de retraite, en allant mieux de jour en jour. Et
conclut par : Les neuf derniers mois
tu les passes tranquille, avec chauffage central, room service, etc. Et au
final, tu quittes ce monde dans un orgasme.
(3)
https://fr.linkedin.com/pulse/graves-dérives-dans-la-pratique-de-leuthanasie-en-belgique-martens
Nous te publions au www.alternativaeco.org Salutations Pierre. bg
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