Pierre Pestieau
Une conversation et une lecture récentes
qui n’avaient a priori aucun rapport. Sauf que l’une et l’autre m’ont rappelé
que la trop fameuse exclamation « Plus jamais ça ! » était le
plus souvent suivie par un « Encore ça ! ». La lecture est celle
d’un roman (1) que j’ai beaucoup aimé. Il narre l’histoire d’un jeune soldat
flamand, issu d’un milieu pauvre et qui rêve d’être peintre. Il est mobilisé en
1914 et connaîtra le cauchemar d’une guerre des tranchées meurtrière. Il sait
que cette guerre est absurde d’autant qu’elle est menée par des officiers
arrogants (pour la plupart francophones) et incompétents. Lors du centième anniversaire
de la fin de cette « grande guerre », l’année dernière, on a rappelé
combien elle avait été absurde et sanglante au point que peu de temps après on
a parlé de la « Der des Ders » (dernière des dernières). Il
a vite fallu déchanter. Le traité de Versailles qui devait conclure cette
guerre n’a fait que préparer la suivante.

Fannie Mae a été au coeur de la crise des
subprimes, cette crise financière qui a touché le
secteur des prêts
hypothécaires à risque aux États-Unis à partir de juillet 2007. Cette crise trouve son point de départ dans la hausse des taux d’intérêt
et dans la chute des prix de l’immobilier. Rapidement, elle s’est étendue à
d’autres secteurs de l’économie américaine, puis au monde dans son ensemble
dans un contexte de contagion. Fannie Mae et son complice Freddie Mac ont souvent été
considérés comme responsables ou en tout cas coupablement passifs au cours de
cette crise. Il a fallu que le gouvernement fédéral les mette toutes les deux
sous tutelle. Aujourd’hui elles refont surface. Elles renouent avec les
bénéfices grâce à l'amélioration du marché immobilier, qui entraîne la remontée
des prix et la diminution des défauts de paiement. Cela leur permet de
rembourser les 188 milliards de dollars d’aide publique dont elles ont bénéficié.
Ce que m’expliquait mon interlocuteur est que lui et
ses collègues avaient vu la crise venir. Ils en parlaient entre eux mais ils
n’ont pas voulu ou pas pu trouver les canaux de communication qui auraient
permis aux autorités fédérales de prendre les mesures préventives adéquates.
Depuis certaines mesures ont été prises mais, nombreux sont les spécialistes
qui annoncent une nouvelle crise, plus grave encore que celle de 2008. Les
causes : l’endettement des nations et l’euphorie de la bourse qui cache
des bulles financières prêtes à éclater. La der des ders. Chiche.
(1) Stefan Hertmans Guerre et Térébenthine, Gallimard, Folio
2013.
(2) Subprime désigne un
prêt immobilier bancaire auprès d'un client dit à risque, c'est à dire avec un
risque de défaillance haut.
Nous avons le choix entre des taux à peu près nuls ou négatifs ou des actifs risqués. Bien sur on sait que l'on face face à une (grosse) crise possible des obligations. On ferme les yeux. Pour cette raison il faut diversifier ses actifs. La crise touche les personnes qui ont un goût du gain trop grand (ou un conseiller qui ramasse au passage). En gros, les investisseurs en Europe ne prennent pas assez de risque et achètent quand c'est haut et revendent quand c'est bas. Bref, c'est la finance comportementales dans toute sa splendeur. A qui la faute? Ceci dit une guerre est un investissement en vue de se procurer des gains, matériels ou symbolique. En lisant, le parallèle me fera réfléchir. Bonne ascension.
RépondreSupprimer