
Dans cette même ligne, on peut
comprendre qu’une partie de la population rejette une taxe carbone, même si on accompagne
cette taxe d’une promesse de subventions en direction des ménages les plus
démunis pour qu’ils puissent changer de véhicule ou isoler leur habitat. Une
fois la taxe votée, il y a le risque que les mesures compensatoires passent à
la trappe.
Il existe en économie toute une série
de règles que l’on présente comme optimales et qui le sont en effet à condition
que des mécanismes compensatoires soient appliqués pour les perdants. En l’absence de ces mécanismes, ces règles
perdent toutes leur vertu. On peut montrer qu’elles sont alors fondées sur un
critère de bien-être social qui pondère les utilités individuelles d’autant
plus que les individus sont riches (1).
C’est le cas de la taxe carbone, de
la tarification au coût marginal, des péages variables, des hausses de prix en période
de pointe ou de l’allongement de la vie active. On peut prouver que toutes ces
mesures augmentent le bien-être de tous à condition qu’elles soient
accompagnées d’une redistribution compensatrice. En l’absence de cette
redistribution, le statu quo est préférable. En effet les bas revenus courent
le risque d’être doublement pénalisés.

Avec le changement climatique, on
voit surgir des propositions visant à réduire les effets de serre à l’échelle
planétaire. Ici aussi le risque pour les pays pauvres d’être les dindons de la
farce est réel, si les engagements compensatoires ne se réalisent pas.
Je conclurai par un proverbe
rwandais (dixit Google) : Les promesses engraissent
les oreilles, pas les joues.
(1) C’est ce que j’ai montré dans un article d’il y a plus de 50 ans :
Regressiveness of efficiency rules in public economics, Canadian Journal of
Economics, vol. 3, n° 2, 1975
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