Victor Ginsburgh

Les économistes, évidemment, et les psychologues s’intéressent à la
question. Les économistes, comme toujours, décrivent le comportement sous forme
d’équations (des fonctions dites d’utilité) qui illustrent le phénomène, mais
cela ne sert pas à grand chose, si ce n’est à essayer de publier un article
dans le Journal of Behavioral Economics.
Mais au moins ils disent pouvoir écrire des formes d’équations qui permettent
de remettre à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui, y compris écrire les
équations elles-mêmes. Par conséquent, on ne sait toujours pas à quoi ces
équations ressemblent, ce qui n’est sans doute pas plus mal (2).

Les chercheurs sont d’accord pour dire que
le taux de procrastination chronique est à peu près de 20 pourcent dans tous
les pays du monde, sauf en Belgique et en France, où les administrations
fiscales suivent vos actions (ou plutôt vos inactions) en temps réel.
Le « bon » procrastinateur, explique le président de la
conférence, est celui qui convainc son interlocuteur impatient que la chose
soit faite, qu’elle sera faite demain.
Post scriptum. La conférence n’a
jamais eu lieu, parce que les chercheurs sont tous arrivés après la conférence.
La prochaine a lieu dans deux ans.
(2) En fait, on sait, mais et
alors ?
Cher Victor,
RépondreSupprimerje ne procrastinerai pas une milliseconde de plus pour t'écrire que j'ai bien rigolé en lisant ton essai philosophique sur ce sujet. André