Pierre Pestieau
Les négationnistes
écologiques qui sont une forme extrême de climato-sceptiques nient
péremptoirement la réalité d'un changement climatique et surtout de l’influence
que l’homme a pu jouer. Ils s’opposent au catastrophisme apocalyptique, niant
la légitimité de tous les rapports publiés depuis plusieurs décennies, et
n’entendent pas les cris d’alarme poussés par la majorité des scientifiques.
A leur décharge, ils se trouvent parfois confrontés à des extrémistes écologistes qu’on appelle des « khmers verts »,
qui au nom du principe de précaution voudraient arrêter tout progrès technoscientifique.
Plus
sérieusement, je me demande parfois comment aujourd’hui on peut être
climato-sceptique. J’y vois quatre raisons. D’abord, il y a la raison économique.
Toute politique visant à protéger l’environnement se heurte à de nombreux
intérêts financiers à commencer par les grands groupes pétroliers, l’industrie
automobile et chimique.
Tout ce beau
monde a toutes les raisons du monde de nier l’évidence en s’appuyant sur des
experts souvent achetés à leur insu. Ensuite certains peuvent très bien tout en
reconnaissant la réalité du changement climatique minimiser, voire nier, la responsabilité
de l’homme dans cette évolution. Il y aussi
ceux qui ne s’intéressent qu’au présent et dont la devise est « Après moi le
déluge ». Enfin, il y a une autre raison que l’on néglige souvent et qui relève
de la religion.
Les présidents
de deux des plus grandes nations sont soutenus par des chrétiens
fondamentalistes qui sont aussi créationnistes, même si eux-mêmes ne le sont
sans doute pas. Il s’agit de Trump et de Bolsonaro, le président fraîchement élu
du Brésil. Le créationnisme est cette croyance religieuse selon laquelle une création divine est
responsable de la vie et de l'univers. Les créationnistes s’opposent au
consensus scientifique qui soutient une origine naturelle au moyen de
l'évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle. Or si vous pensez
vraiment que Dieu a créé la terre en 6 jours, vous pouvez très bien supposer
qu’il continue à surveiller son œuvre et que si jamais un jour la terre devait disparaître,
ce serait de son fait et non pas de celui de l’homme.
Pour un créationniste, il n’y a pas de
problème à éventrer les terres nord-américaines pour en extraire du gaz de
schiste ou installer un pipe-line transcontinental, ni de raser la forêt
amazonienne pour la livrer aux lobbies agro-alimentaires. Si cela a pour effet
de détruire la vie sur terre comme le fit le déluge, c’est que c’est la volonté
divine.
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