Pierre Pestieau

Les trois principaux sujets de polémique peuvent être résumés par trois phrase
lapidaires : « Ces milliardaires feraient mieux de payer leurs impôts
que de se faire ainsi valoir, d’autant qu’ils ne paieront qu’une infime partie
des sommes annoncées ». « Pourquoi tant de générosité pour Notre Dame
alors que des églises romanes et gothiques sans doute aussi estimables
périssent ? » « Tout cet argent pourrait être mieux employé à
résoudre les problèmes dont souffrent les gilets jaunes. ».

A ces problèmes de passager
clandestin et ce manque d’universalité, s’ajoute le fait que les contributions bénéficient
souvent d’importants avantages fiscaux. Ces avantages représentent des sommes que l’Etat aurait pu
employer à des objectifs davantage prioritaires. Dans le cas qui nous
occupe, les contributions pourraient bénéficier d’une réduction d’impôt de
90% prévue par la loi de 2003 réservée aux « trésors nationaux ». On
notera en passant que l’auteur de cette loi est Jacques Aillagon, directeur
général de la collection Pinault. Pour eviter cette critique, certains
contributeurs auraient renoncé à ce que leurs dons soient
défiscalisés. A voir.
Mais même s’ils ne bénéficiaient d’aucun
avantage fiscal, ces généreux donateurs trompent l’opinion. Ils donnent une image de
personnes désintéressées, soucieuses du bien commun, alors même que leurs
activités industrielles et financières ne sont que légèrement taxées grâce aux
techniques d’optimisation fiscale qu’elles pratiquent sans vergogne. La
collectivité gagnerait à ce que plutôt que de contribuer à la reconstruction de
Notre Dame, ils s’acquittent de leurs obligations fiscales en appliquant
l’esprit et non pas nécessairement la lettre de la loi. S’ils veulent faire les
deux, pourquoi pas ?
(1) Voir par exemple
« Le nouvelles dames patronnesses », 6 décembre 2016.
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