Pierre Pestieau
Très souvent, les dérapages et les lacunes de l’Etat providence sont
attribués à la mondialisation. Coupable rêvé des ses propres manquements. Le
marché n’est d’ailleurs pas de reste. Il est tellement facile d’imputer à cette
hydre sans tête des défaillances de gestion.
Des l’abord, il faut reconnaître que derrière ce terme de mondialisation, on empile toutes une série
de concepts : la mobilité des facteurs et la concurrence fiscale qui
contraint l’Etat à des taux d’imposition plus faibles que ce qui semblerait
souhaitable, les pratiques d’évasion et de fraude fiscales qui sont facilitées
par la financiarisation de nos économies, l’immigration légale ou clandestine,
le dumping social, l’incapacité de l’Europe à se doter d’une autorité qui
puisse coordonner les politiques sociales et fiscales.
Quelque soit l’acception du terme « mondialisation », la question
demeure la même : que faire devant ce phénomène qui s’impose à nous ?
Au même titre que les inondations qui viennent de frapper nos contrées. Dans
les deux cas, on peut certes trouver une part de responsabilité des hommes (réchauffement
climatique dans un cas, signature naïve de traités libéraux dans l’autre). Mais
pour l’essentiel, la responsabilité de ces phénomènes nous échappe ; en d’autres
termes, nous n’aurions pas pu les éviter.


















