jeudi 27 février 2025

Un nouveau conflit éclate en Afrique centrale

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 Victor Ginsburgh (*)


Je suis né au Rwanda il y a bien longtemps et ai vécu à Kisenyi (Rwanda) et à Bukavu (Congo), sur les bords du lac Kivu. J’ai quitté l’Afrique à 18 ans pour faire mes études en Belgique et n’y suis plus jamais retourné, malgré la jeunesse magnifique que j’y ai connue. Trop tard pour mes 86 ans..., mais je continue à suivre ce qui se passe entre le Rwanda et le Congo.


Les rebelles soutenus par le Rwanda s'emparent d'immenses étendues de la République démocratique du Congo. Leurs progrès ont été rapides et stupéfiants. En un mois, ils ont mis en déroute l'armée congolaise sous-équipée à plusieurs reprises et ont provoqué la fuite de plus d'un demi-million de personnes.



Les habitants de Goma qui vivent à proximité de Kisenyi (4 Km) se cachent dans leurs maisons sans électricité ni eau courante. Des coups de feu, et parfois des bombes, explosent autour d'eux. Certains ont accueilli des familles qui avaient fui les camps et les villages hors de la ville. Mais beaucoup de ces déplacées sont arrivées à Goma sans connaître personne.


Pourquoi les rebelles, connus sous le nom de M23 (*), s'emparent-ils de certaines parties de l'est du Congo ? Dans leur récit, ils protègent les Tutsis, le groupe minoritaire massacré lors d'un génocide en 1994, dont certains vivent également au Congo.


Au tournant du siècle, la région des Grands Lacs d'Afrique a été au centre d'une guerre régionale qui a fait rage pendant cinq ans. Plusieurs pays ont envoyé des soldats et des millions de personnes sont mortes. La bataille actuelle semble également susceptible de s'étendre au-delà de l'est du Congo.


Quelques dirigeants africains ont récemment essayé de régler ce gâchis, mais le président congolais ne s'est pas présenté.



On ne sait pas jusqu'où les grands pays iront et si la rafale de déclarations diplomatiques changera quoi que ce soit. Le Rwanda s'est efforcé de se rendre utile sur la scène internationale. Il fournit des soldats de la paix de l'ONU pour des missions dangereuses ailleurs en Afrique. Il a proposé d'accueillir des demandeurs d'asile que les pays européens refoulent, mais il y a peu d’espoir que les choses changent dans cette magnifique région.


C’est, on l’espère un jour que ce Coeur sur le lac Kivu, à Gisenyi, remplacera les insupportables luttes des uns sur les autres et des uns comme les autres.



(*) Basé sur Life after a rebel takeover, The New York Times, Février 2025.



(*) Le mouvement M23 (ou 23 mars) est un groupe armé actif dans le Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Il a été créé le 6 mai 2012 par des officiers des forces armées de la république démocratique du Congo, entrés en rebellion contre le gouvernement congolais.

jeudi 20 février 2025

Mon Waze a eu un AVC

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Pierre Pestieau

Mon GPS Waze semble avoir eu un AVC. Après un mois sans conduire, j'ai repris le volant et quelle ne fut pas ma surprise d'entendre sa voix affaiblie, comme épuisée. Cette expérience m'a rappelé une conversation récente avec mon petit-fils au sujet de ChatGPT. Je lui confiais ma tendance à toujours commencer mes requêtes par "please". À ma grande surprise, il m'a révélé que lui et ses amis faisaient de même, tout en suggérant que ce n'était peut-être pas optimal - selon lui, ChatGPT serait plus efficace sans ces formules de politesse.

Cette réflexion a fait resurgir le souvenir d'une conversation déplaisante avec un colon français à Abidjan. Nous partagions un taxi et il s'adressait au chauffeur de manière particulièrement directive, sans la moindre courtoisie. Lorsque je lui en ai fait la remarque, il m'a rétorqué qu'avec la politesse, le service était moins bon.

Me voilà donc à méditer sur mon Waze souffrant et un ChatGPT comparé à un chauffeur de taxi ivoirien. Quel monde étrange que le nôtre.


Ces comportements peuvent s'expliquer par plusieurs facteurs psychologiques et sociaux. D'abord, les humains ont une tendance naturelle à l'anthropomorphisme - cette propension à attribuer des caractéristiques humaines aux objets, aux animaux ou aux technologies. Quand nous interagissons avec une intelligence artificielle qui communique en langage naturel, cette illusion de personnalité humaine se renforce, nous poussant à employer des formules de politesse. Dans notre société contemporaine, où les animaux de compagnie prennent souvent la place d'enfants absents, on observe couramment des personnes conversant avec leur chien (plus qu'avec leur chat) comme ils le feraient avec un enfant.

Les habitudes sociales et les normes culturelles jouent également un rôle majeur. Les formules de politesse comme "s'il vous plaît" et "merci" sont profondément ancrées dans nos interactions sociales. Elles surgissent automatiquement, souvent inconsciemment, même face à une entité non humaine. C'est le reflet de notre éducation et de notre culture.

Même en sachant pertinemment que l'IA ne ressent pas d'émotions, nous pouvons craindre inconsciemment de paraître impolis, particulièrement dans des contextes où le langage est analysé. Cette attitude découle d'une réflexion morale suggérant que maintenir des normes respectueuses dans toutes nos interactions favorise un comportement global plus civilisé.


En définitive, notre utilisation de formules de politesse avec une IA résulte d'un mélange de réflexes sociaux et d’une tendance naturelle à humaniser notre environnement. Cela contribue à rendre nos interactions plus naturelles et agréables, même si nous sommes conscients que notre interlocuteur n'est pas véritablement humain.


A un ami qui ne voyait pas où je voulais en venir, je posais la question : « Imagine que le matin, un robot t’apporte ton petit dejeuner au lit. Au moment où il te tend le plateau, que diras-tu? Rien ou merci? Ta reponse sera-t’elle modifiee s’il te dit: Voici votre petit dejeuner, monsieur. J’espere que vous avez bien dormi'.


J’ai d’ailleurs posé cette même question à ChatGPT, sans lui dire S’il vous plait. Voici sa réponse :


Si un robot m’apportait mon petit-déjeuner au lit, mon premier réflexe serait probablement de dire "merci", par simple habitude de politesse, même s'il ne s'agit pas d'un être humain.


Si le robot ajoutait une phrase plus chaleureuse comme "Voici votre petit-déjeuner, monsieur. J’espère que vous avez bien dormi", alors ma réponse serait encore plus spontanée et naturelle, peut-être quelque chose comme "Oh, merci ! Oui, j’ai bien dormi" ou même "Merci, c’est gentil", car son message simulerait une interaction humaine plus aboutie.


En fin de compte, notre réponse dépend de la manière dont nous percevons le robot : s'il agit de manière plus humaine, nous serons plus enclins à lui répondre comme nous le ferions avec une personne réelle. 

 

 

 

 

 

jeudi 13 février 2025

Peut-on s’emparer d’une météorite tombée du ciel ?

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Victor Ginsburgh (*) 

Pas en Suède, semble-t-il. Les juges suédois où la météorite est tombée ont dû débattre pour décider à qui devrait revenir une météorite tombée dans une forêt au nord de Stockholm : au propriétaire du terrain ou bien à ceux qui l’ont trouvée ?  

Quelques jours après l'atterrissage de la météorite, le géologue Anders Zetterqvist trouve le site où elle a touché le sol. Après plusieurs semaines de recherches plus profondes, Andreas Forsberg son collègue géologue, trouvent le trésor qui fera l’objet d’un procès dans une cour suédoise. 

                             

Météorite


La plupart des météoroïdes qui atteignent l'atmosphère terrestre, brûlent dans l’atmosphère, changent leur nom en météoriteet ne laissent qu'une trace de lumière. Cette météorite-ci, faite de fer, était la dixième trouvée en Suède, et l'une des plus rares trouvée dans le monde, déclare M. Forsberg. 

Environ une semaine après que les géologues aient rendu leur découverte publique, le propriétaire du domaine où la météorite avait atterri, envoie une lettre au musée et revendique la propriété. Une bataille juridique s'ensuit, évidemment.  En Suède, il n'existe pas de législation, mais le Tribunal d’Uppsala est propriété sur laquelle il atterrit, écrit le juge dans un communiqué. Mais le propriétaire du terrain où l’objet est tombé interjette appel et la Cour d’Appel de Stockholm statue en sa faveur. 

Un des quatre juges chargés de l'affaire, Robert Green, estime que la décision de la cour d'appel repose sur deux questions : savoir si les météorites pouvaient être considérées comme des biens « immobiliers » et si l'étendue d'un droit coutumier suédoiprévoit le droit d'accès du public. Les lois s'appliquant aux biens immobiliers – maisons et terrains – sont claires, déclare le juge. 

« Pour ce qui concerne les biens immobiliers le propriétaire foncier y a droit », déclare-t-il lors d'une entrevue. « Mais nous n'avons pas de loi spécifique concernant les météorites, ce qui a rendu cette affaire spéciale. » 

La loi dite Allemansrätten (droit à l’accès public) permet à tout le monde en Suède de se déplacer dans la nature, y compris de faire de la randonnée, du vélo ou du camping, même sur une propriété privée. « Ce qui inclut un certain droit de prendre des baies et même des petites pierres sur la propriété d'autrui », déclare le juge Green. 

Les demandeurs ont fait valoir que le droit de ramasser de petites choses pouvait inclure l'ambre et des découvertes de plus grande valeur. Mais, dans sa décision, le juge Green déclare : « Nous avons estimé que la chose la plus proche à faire est de considérer les météorites ou les roches spatiales comme faisant partie d'un bien immobilier, tout comme les autres pierres, même si l'on peut avoir l'impression qu'une météorite est étrangère à la terre. » 

Un juge fait valoir que si la météorite devait être considérée comme un bien immobilier, le droit coutumier s'appliquerait également et devrait être interprété de manière à inclure le droit de prélever une météorite sur une propriété privée et d’en conserver la propriété. 

Les géologues n'ont pas encore décidé s'ils feraient appel devant la Cour suprême de Suède. M. Forsberg s'est dit déçu par la décision de la cour d'appel : 

« C'est très triste pour mon ami et pour moi », a-t-il déclaré. « Toute ma vie, j'ai été passionné par la collecte de roches et de fossiles. C'est triste aussi pour tous les passionnés qui sont intéressés à trouver de nouvelles météorites. Si les gens pensent qu'ils n'obtiennent aucune récompense, comment allons-nous les inciter à chercher ? » 

 

(*) Ce texte a été traduit et raccourci. L’original provient de Christina Anderson, A rock fell from space into Sweden. Who owns it on earth? The New York Times, March 25, 2024 

 

 

 

 

jeudi 6 février 2025

Les limites du conservatisme compassionnel

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Pierre Pestieau

La rénovation de Notre-Dame de Paris, largement financée par des dons privés, est un exemple frappant de ce que peut accomplir la générosité individuelle et collective. Cependant, cela ne signifie pas que les dons pourraient un jour remplacer l'impôt pour financer les dépenses publiques. Ce cas particulier met en lumière plusieurs limites des contributions charitables en tant que mécanisme de financement.

Il est crucial de le rappeler, en ces temps où la poussée droitière pousse une partie de l’opinion publique à envisager de sabrer (ou, comme le diraient Millei et Ciotti, de tronçonner) les dépenses publiques, tout en misant sur les initiatives individuelles pour assumer des missions jusqu’ici dévolues à l’État. Avec le retour de Donald Trump, les États-Unis pourraient renouer avec le conservatisme compassionnel, une approche qui vise à transférer la responsabilité des politiques sociales aux individus, et plus particulièrement aux organisations caritatives.

Tout d'abord, la restauration de Notre-Dame est un projet exceptionnel, chargé d'une forte valeur symbolique et émotionnelle. Cette attractivité a mobilisé des donateurs du monde entier, attirés par la visibilité et l'importance culturelle de l'édifice. En revanche, de nombreux domaines cruciaux du financement public, comme les hôpitaux, les écoles, les routes ou encore les services sociaux, ne bénéficient pas du même attrait. Ces secteurs, bien qu'essentiels, sont moins susceptibles de recevoir des financements significatifs de la part de donateurs privés.

Ensuite, les dons pour Notre-Dame illustrent une concentration des ressources sur une cause particulière, souvent choisie en fonction des préférences des donateurs. Contrairement à cela, l'impôt permet une redistribution équitable et universelle des richesses, répondant aux besoins collectifs définis démocratiquement. La priorité donnée à Notre-Dame, aussi légitime soit-elle, ne reflète pas nécessairement les besoins les plus urgents de la société.

Enfin, la dépendance excessive aux dons pourrait affaiblir la souveraineté financière des États. Si des projets majeurs reposaient systématiquement sur la philanthropie, cela risquerait de détourner les priorités publiques au profit des intérêts ou des préférences des grands donateurs, érodant le principe démocratique selon lequel les besoins collectifs doivent être définis par la communauté dans son ensemble.

Les contributions charitables, bien qu'importantes, ne peuvent jamais remplacer le financement des dépenses publiques par l'impôt en raison de leur nature fondamentalement différente. L'impôt est un mécanisme obligatoire qui garantit des ressources stables et prévisibles pour financer des services publics essentiels tels que la santé, l'éducation, la sécurité ou les infrastructures. En revanche, les dons charitables, basés sur la générosité individuelle, sont imprévisibles et sujets à des fluctuations liées à des facteurs économiques ou personnels.

De plus, l'impôt repose sur un principe d'équité et de redistribution, où les citoyens contribuent en fonction de leurs capacités, permettant de réduire les inégalités et d'assurer une couverture universelle des besoins. Les contributions charitables, elles, reflètent souvent les priorités subjectives des donateurs, favorisant certaines causes au détriment d'autres moins visibles mais tout aussi cruciales.

L'État, à travers le processus démocratique, décide de l'allocation des ressources publiques en tenant compte de l'intérêt général, tandis que les organisations caritatives, bien qu'utiles, ne sont pas soumises à cette responsabilité démocratique. Par ailleurs, l'État a la capacité unique de mobiliser des ressources à grande échelle, de s'endetter si nécessaire pour répondre à des crises ou pour financer des projets d'envergure, ce qui dépasse largement les moyens des initiatives philanthropiques.

Si l'on devait compter sur la charité pour remplacer l'impôt, les secteurs moins attrayants pour les donateurs risqueraient d'être négligés, compromettant ainsi la cohésion sociale et la justice distributive. En somme, les contributions charitables ne peuvent qu’être un complément à l'action publique, l'impôt restant le pilier fondamental du financement des dépenses collectives.

Enfin, la théorie économique nous enseigne que le financement d’un programme public, quel qu’il soit, par le biais de contributions volontaires entraîne inévitablement une offre bien inférieure à l’optimum. En effet, dans cette situation, chaque individu adopte un comportement de passager clandestin.

En conclusion, bien que des initiatives comme la rénovation de Notre-Dame montrent la puissance des dons pour des projets spécifiques, elles ne constituent pas une alternative viable à l'impôt. L'impôt reste indispensable pour financer de manière équitable, stable et démocratique l'ensemble des dépenses publiques nécessaires au fonctionnement de la société.

 

 





jeudi 30 janvier 2025

Armageddon

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 Victor Ginsburgh

 

Armageddon est le lieu prophétique d’une réunion d’armées pour une bataille entre le bien et le mal qui marquerait la fin des temps. 

 

En 609 av. J.-C., le roi Josias du Royaume de Juda est vaincu et tué sur la colline fortifiée de Megiddo par un pharaon du joli nom de Nekao. Alors que le Dieu des défenseurs de Megiddo était censé les protéger, cette défaite est ressentie comme une catastrophe, et c'est en son souvenir que le terme Armageddon est ensuite employé pour qualifier une destruction totale (*). 


Rod Buntzen, auteur de « The Armageddon Experience », a publié un article (**) sur ce que serait une guerre nucléaire dont M. Poutine nous a menacé. Je dis bien « nous », parce que lancer une telle bombe sur l’Ukraine, c’est la lancer sur nous aussi. En 1958, Rod Buntzen a assisté à une détonation d’une arme nucléaire de près de 9 mégatonnes lancée sur un des fameux atolls, dont Bikini, où on s’amusait à expérimenter.  Soixante-trois ans après, il se rappelle de ce que c’était. Les effets du choc ont été immédiats et sont inimaginables. Le procédé de fission-fusion se produit en un millionième de seconde. « Je regardais », écrit-il, « à une distance de 30 kilomètres et voici des images que j’ai vues et de ce que nous pourrions voir. »

 



Il faut reconnaître que la beauté des photographies est exceptionnelle. Mais espérons que notre monde se débarrasse le plus vite possible des nuages atomiques en pensant au poème L’Etranger de Charles Baudelaire (***) qui se termine par

 

« Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

 

(*) Voir Armageddon, Wikipedia.

(**) Rod Buntzen, This is what it’s like to witness a nuclear explosion, The New York Times, March 27, 2022.

(***) Charles Baudelaire,  L’Etranger, dans Petits poèmes en prose, 1869.

jeudi 23 janvier 2025

Famille : entre amour et déchirement

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Pierre Pestieau


Il existe de nombreux facteurs qui peuvent affecter le bien-être des personnes âgées en fin de vie. Parmi eux, les enfants peuvent effectivement jouer un rôle crucial, qu’il soit positif ou négatif. Leur implication et leur comportement influencent profondément la qualité de vie et l’état émotionnel des aînés durant cette phase de vulnérabilité.

La présence attentive et affectueuse des enfants peut apaiser les angoisses et offrir un sentiment de réconfort. Leur amour et leur écoute aident à réduire la solitude et les troubles émotionnels tels que la dépression ou l’anxiété. Les enfants peuvent apporter une aide précieuse pour les soins quotidiens, tels que l’hygiène personnelle, la prise des repas, ou les déplacements, ce qui améliore la qualité de vie et le sentiment de dignité.

Les enfants peuvent aussi agir comme intermédiaires entre la personne âgée et les professionnels de santé, en veillant à ce que les traitements soient suivis et que les décisions médicales respectent les souhaits du parent. En rendant visite régulièrement ou en partageant des moments significatifs, les enfants permettent aux aînés de rester connectés à la vie familiale et sociale, ce qui a un impact positif sur leur bien-être global.

Cette vision positive, quasiment idyllique, est présente dans nos imaginaires. Elle ne se vérifie malheureusement pas dans tous les cas. Consciemment ou pas, les enfants peuvent gâcher les dernières années, les derniers mois de leurs parents. Certains enfants, par manque de temps, de ressources ou d’intérêt, peuvent négliger les besoins des aînés. Cette absence d’attention peut accentuer le sentiment d’abandon et aggraver leur état de santé. Pire encore, les tensions ou désaccords entre enfants au sujet des soins ou des questions financières peuvent créer un environnement stressant, affectant négativement le bien-être de la personne âgée. Dans certains cas extrêmes, des comportements abusifs, qu’ils soient verbaux, émotionnels ou physiques, peuvent profondément nuire à la dignité et à la santé des personnes âgées.



Un exemple d’abus trop souvent répandu est l’insistance des enfant à placer leur père ou leur mère dans un Ehpad à bas coût afin de préserver un héritage sur lequel ils comptent avidement. Ils toucheront d’autant plus vite cet héritage que ce placement dans un mouroir risque de raccourcir davantage la vie de leur parent. Autre exemple, refuser à un parent souffrant une euthanasie pourtant réclamée au nom de principes religieux. Enfin, on citera le refus de la famille proche d’autoriser les visites d’amis de la personne en fin de vie.

Je recommande sur ce triste sujet le récent roman de Lionel Shriver (1) qui narre avec un humour grinçant l'histoire d’un couple qui considère mutuellement que leur vie n’en vaut plus la peine, sauf que leurs enfants en décident autrement.

Cerise sur le gâteau, la personne qui subit de telles maltraitances a tendance à se sentir coupable de ne pas avoir donné à ses enfants les bonnes valeurs. Ce qui accroit son désarroi.

En résumé, le rôle des enfants est déterminant pour le bien-être des personnes âgées en fin de vie. Une approche basée sur l’empathie, la communication et la collaboration est essentielle pour maximiser les impacts positifs. Si les enfants ne jouent pas ce rôle, il existe peu de recours. L’outil législatif est le plus souvent impuissant. La mise sous tutelle, par exemple, ne permet pas d’éviter ce qui relève de la maltraitance. Il est bien sûr évident que ces deux types de comportement, aimant et abusif, sont extrêmes. La réalité se situe le plus souvent entre les deux.




(1) Lionel Shriver, "À prendre ou à laisser" Belfond, Paris 2023.

jeudi 16 janvier 2025

Un simple changement chimique explique pourquoi les perroquets sont si colorés

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Sarah Kuta, Long Mont, Colorado (Smart News, November, 2024).


Je me dois de vous avouer que je ne suis plus en force morale de guerre et de combats dans notre monde et ai décidé de parler sans me battre, sans vous tuer et sans me tuer. Je tâcherai de bavarder avec les oiseaux ou les fleurs, plutôt qu’avec la plupart de nos dirigeants. Même pas de Trumpette. A vrai dire, je préfère lire les vies des perroquets que celles des Trumpettes, de leurs mensonges et de leur faciès.

Le (presque) premier essai, indiquant qu’un simple changement chimique peut expliquer pourquoi les perroquets s’habillent sous des colorations très variées. Dans ma vie d’enfant en Afrique (1939-1957), j’étais très attiré par mes trois perroquets gris (qui avaient quand-même chacun une queue de plumes rouges) et j’étais loin de penser qu’il pourrait y en avoir d’autres. Deux d’entre les trois venaient dans mon lit quand je les appelais et se couchaient sur mon oreiller. J’observais par contre le troisième dont je ne devais pas m’approcher sans un sérieux coup de bec dans une de mes oreilles (au moins). 

Perroquet gris d'Afrique centrale

Aujourd’hui, on en sait un peu plus: les perroquets ont des plumes de couleurs rouges, jaunes, vertes, bleues et bien d’autres. Cette question a également laissé les scientifiques perplexes, mais les “psittologues” sont un peu plus près de résoudre le mystère dont je ne connaissais rien. Je n’ai pas pu y résister dans le blog qui suit, c’est bien plus amusant qu’une seule grande ou petite gueule. Un simple changement chimique explique pourquoi les perroquets sont si colorés.

Les “flamants roses” obtiennent leur teinte rose caractéristique en mangeant des crevettes tandis que les “pieds des fous”deviennent bleu vif en raison de leur régime alimentaire à base de poisson.


Un simple ajustement chimique régi par une seule enzyme détermine la couleur du plumage d'un perroquet, rapportent des chercheurs dans la revue Science en 2024. Leurs résultats aident non seulement à répondre à une question de longue date sur les perroquets, mais ils pourraient également offrir des informations plus larges sur l'évolution et la variation des couleurs dans le règne animal. “C'est un énorme pas en avant dans la génétique des couleurs aviaires”, déclare une biologiste évolutionniste terminant son doctorat à l'Université de Princeton. 

La plupart des oiseaux ne fabriquent pas leurs propres pigments de couleur. Au lieu de cela, ils les obtiennent de leur alimentation. Les cardinaux, par exemple, tirent leurs plumes rouges du grignotage de baies et de graines contenant des pigments naturels appelés “caroténoïdes”. Mais les perroquets n'ont pas besoin de manger des aliments colorés pour avoir des plumes colorées, car leur corps produit des pigments connus sous le nom de “psittacofulvines”.

Les scientifiques connaissent depuis longtemps les psittacofulvines, mais ils n'ont pas entièrement compris le fonctionnement de ces pigments. Pourquoi certaines plumes de perroquet sont-elles jaunes et d'autres rouges ? Et quel rôle jouent les psittacofulvines dans cette variation ?


Pour tenter de répondre à cette question, les chercheurs se sont tournés vers deux espèces de perroquets colorés : Pseudeos fuscata et Agapornis roseicollis. Ils ont examiné de plus près la composition chimique des “psittacofulvines”chez ces oiseaux qui sont constituées de chaînes d'atomes de carbone. Lorsque les scientifiques se sont concentrés sur les extrémités de ces chaînes, ils ont remarqué certaines différences chimiques qui semblent être corrélées à différentes teintes. Dans les plumes rouges, ces chaînes d'atomes de carbone se terminent par un composé organique appelé “aldéhyde”. Dans les plumes jaunes, les chaînes se terminent par une molécule différente appelée acide “carboxylique”.

Les plumes vertes, quant à elles, résultent de plumes jaunes surmontées de structures productrices de bleu. Les plumes noires, grises et brunes sont produites par un pigment entièrement différent appelé “mélanine”.

En conséquence, les perroquets ont de nombreuses façons de mélanger et assortir ces différents types de pigments pour obtenir des couleurs parfois inhabituelles.

Les chercheurs ont maintenant une meilleure compréhension des fondements chimiques et génétiques des plumes de perroquet. Mais de nombreuses questions restent néanmoins sans réponse. Par exemple, pourquoi les perroquets fabriquent-ils des “psittacofulvines”, plutôt que d'obtenir des “caroténoïdes” à partir d'aliments comme le font les autres oiseaux ? Et pourquoi ont-ils développé cette capacité ?

À l'avenir, les scientifiques pourraient également être en mesure d'utiliser leurs nouvelles connaissances pour en savoir plus sur la biologie et le mode de vie des perroquets, plutôt que de lire ou d’écouter Trumppette.

jeudi 9 janvier 2025

Love and Peace

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Pierre Pestieau


J’ai passé la période de Noël aux États-Unis, dans la banlieue de Washington, où les devantures des maisons m’ont frappé par leur profusion d’ornements éclatants. Partout, des mots lumineux proclamaient « Love » et « Peace », tandis que les seuils croulaient sous des piles de colis Amazon, regorgeant sans doute de cadeaux destinés à célébrer les fêtes. Ce contraste entre les idéaux affichés et les pratiques observées m’a laissé perplexe. Incapable de trancher, j’ai décidé de consulter mon directeur de conscience attitré, le révérend Père ChatGPT, et de lui soumettre la question suivante :


« Noël ne serait-il pas porteur d’un paradoxe ? Nous brandissons des mots comme amour et paix, mais ces mots semblent perdre leur sens face à une frénésie consumériste alimentée par des produits issus de chaînes de production marquées par la violation des droits humains, l’exploitation des travailleurs et la dégradation de l’environnement. Qu’en pensez-vous ? »


Voici la réponse, réfléchie et incisive, qu’il m’a donnée dans sa grande sagesse :


Le paradoxe de Noël réside dans la coexistence troublante entre les idéaux que nous célébrons et les pratiques que nous perpétuons. Cette période de l’année se veut un moment d’amour, de paix et de bienveillance, un temps propice aux connexions humaines, à l’expression de gratitude et au renforcement des liens. Pourtant, ces nobles aspirations s’entremêlent avec une réalité où la consommation excessive règne en maître, souvent en contradiction flagrante avec les valeurs proclamées.


 

Prenons l’exemple des cadeaux, véritable pilier de la fête. Leur échange, censé symboliser la générosité et l’attention portée à autrui, repose souvent sur une chaîne de production profondément injuste. De nombreux biens proviennent de pays où les protections sociales et environnementales sont quasi inexistantes. Les travailleurs y subissent des conditions d’exploitation : longues heures, rémunérations dérisoires et environnements dangereux. Derrière chaque paquet soigneusement emballé se cache potentiellement une histoire de souffrance, ternissant la magie de l’acte d’offrir.


À cette injustice sociale s’ajoute un lourd bilan environnemental. La production et le transport des biens de Noël laissent une empreinte écologique considérable. Extraction des matières premières, dépendance aux énergies fossiles, montagnes de déchets : cette mécanique festive contribue à la pression insoutenable exercée sur notre planète. Dans un contexte d’urgence climatique, il devient difficile de concilier l’idéal de « paix sur Terre » avec des pratiques qui détériorent les écosystèmes nécessaires à la vie.



Cette contradiction n’est pas nouvelle, mais elle est amplifiée par la mondialisation. Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus visibles, ces incohérences deviennent flagrantes, nous incitant à questionner nos traditions. Sommes-nous capables de repenser nos célébrations pour les aligner avec les valeurs que nous chérissons ? Est-il possible d’imaginer des fêtes où le respect des droits humains, la durabilité environnementale et l’éthique remplaceraient l’excès matériel ?


Le paradoxe de Noël ne doit pas nous enfermer dans la désillusion. Au contraire, il peut servir de levier pour une transformation profonde. Cette tension entre idéaux et pratiques offre l’occasion de réinventer la manière dont nous célébrons cette période. En privilégiant les expériences partagées et les connexions significatives plutôt que l’abondance matérielle, nous pouvons combler l’écart entre les promesses de Noël et la réalité de nos choix. Le véritable esprit de cette fête pourrait alors se révéler, non pas dans l’excès, mais dans l’effort sincère de concilier amour, paix et respect pour l’humanité et notre planète.

 

jeudi 12 décembre 2024

208 millions d’Américains sont obèses ou en surpoids

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 The Conversation, décembre 2024 

 

Aux États-Unis, l’épidémie de surpoids et d’obésité est en forte progression. Les enfants et les adolescents sont particulièrement touchés. Si rien n’est fait, plus de 80 % des adultes et près de 60 % des adolescents américains seront concernés en 2050.

 

En 2021, aux États-Unis, près de la moitié des adolescents et les trois quarts des adultes étaient, d’un point de vue clinique, en surpoids ou obèses, ce qui représente 208 millions de personnes. Si aucune mesure n’est prise, la tendance ne peut que s’aggraver.

Ces chiffres, publiés dans la revue médicale The Lancet, sont issus d’une étude menée par plus de 300 experts et chercheurs spécialisés dans l’obésité.

 

Une situation qui se dégrade

L’objectif des travaux était de rendre compte de l’évolution de l’obésité et du surpoids aux États-Unis entre 1990 et 2021, et d’élaborer des projections pour en estimer la progression jusqu’en 2050.


Pour les mener à bien, les autorités ont synthétisé et analysé les données d’indice de masse corporelle provenant de 132 sources différentes. Des recherches antérieures ont notamment démontré que l’obésité était responsable de 335 000 décès en 2021. L’obésité augmente en particulier les risque de diabète, de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, de troubles psychiques, et de bien d’autres problèmes. 

Les implications économiques de l’obésité sont également conséquentes. Un rapportpublié en 2024 par les membres républicains du Joint Economic Committee du Congrès des États-Unis, a estimé que les soins atteindront 9,1 milliers de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

La progression de l’obésité chez les enfants et les adolescents est particulièrement préoccupante. Le taux d’obésité a plus que doublé parmi les adolescents de 15 à 24 ans depuis 1990. Les données d’une enquête nationale sur la santé et la nutrition révèlent qu’aux États-Unis, près de 20 % des enfants et adolescents âgés de 2 à 19 ans sont déjà obèses aujourd’hui.  

D’ici 2050, les résultats des prévisions suggèrent qu’un enfant sur cinq et un adolescent sur trois seront obèses. Or, on sait que dans ces deux catégories, l’obésité s’accompagne non seulement d’un développement précoce de maladies chroniques, mais aussi de troubles de santé mentale, ainsi que d’une dégradation des interactions sociales, et d’une dégradation des capacités physiques.

Ces recherches ont également mises en évidence d’importantes disparités géographiques dans la prévalence du surpoids d’un État à l’autre : les États du sud, par exemple, affichent les taux les plus élevés.

D’autres recherches menées sur l’obésité ont également souligné de grandes différences d’ordre socio-économique et ethnique. Ainsi les populations noires et hispaniques présentent des taux d’obésité plus élevés que les populations blanches.   

Quelles solutions ?

Parmi les interventions qui ont fait preuve de leur efficacité contre l’obésité, on peut notamment citer la taxation des boissons sucrées.

L’arrivée de nouveaux médicaments pourrait changer significativement la gestion de l’obésité. Mais il ne suffit pas de les mettre au point et de s’assurer que leurs effets seront d’une ampleur suffisante pour modifier les tendances des décennies à venir. 

 

jeudi 5 décembre 2024

Alzheimer heureux. Plus qu’un oxymore

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Pierre Pestieau

 

De temps à autre, au cinéma (1) autant que dans la réalité on est le témoin de personnes souffrant d’Alzheimer tout en restant, en tout cas paraissant, heureuses. Il existe de nombreuses études montrant que le fait d’avoir une vie épanouie réduisait le risque d’être affecté par cette forme de démence. Il en existe beaucoup moins visant à établir un lien entre Alzheimer et bonheur (2). On devine pourquoi.

 

Il semblerait qu’il soit possible de vivre avec la maladie d'Alzheimer et de connaître des moments de bonheur. Bien que cette maladie neurodégénérative entraîne une perte de mémoire et des altérations des fonctions cognitives, les personnes atteintes peuvent encore éprouver des émotions positives, ressentir de la joie, et vivre des moments heureuxLe lien émotionnel reste souvent intact. Même si la mémoire épisodique est affectée, la capacité à ressentir des émotions est souvent préservée. Les personnes atteintes d'Alzheimer peuvent éprouver de la satisfaction en présence de leurs proches, dans des environnements familiers, ou à travers des gestes de tendresse et de bienveillance.


 

Les personnes atteintes d’Alzheimer vivent souvent dans l’instant présent. Elles peuvent donc apprécier des activités simples, comme écouter de la musique, marcher dans un jardin ou interagir avec des animaux de compagnie, sans se soucier des aspects de la vie qui peuvent causer de l'anxiété. Un environnement sûr, apaisant et chaleureux, combiné à des soins adaptés, contribue considérablement à leur confort et à leur bonheur. Des professionnels formés ou des proches attentionnés peuvent aider à minimiser les sources de stress et à offrir des activités qui apportent du plaisir.

Des expériences sensorielles, telles qu’écouter des musiques familières, sentir des fleurs, ou toucher des textures agréables, peuvent susciter des émotions positives et favoriser des moments de bien-être, même si la mémoire consciente n'est pas active. À mesure que la maladie progresse, certaines pressions sociales ou responsabilités de la vie quotidienne sont souvent atténuées. Les personnes peuvent ne plus avoir conscience de certains problèmes qui préoccupent habituellement.



Parmi les quelques études sur le sujet, on citera celle de Person et Hansen (3) qui partent de l’hypothèse que les personnes atteintes de démence avancée peuvent encore profiter de la vie. Leur étude a adopté une approche indirecte : en raison du déclin de leur accès à la langue, il a été nécessaire de faire parler d'autres personnes en leur nom. L'analyse des résultats s'est appuyée sur une approche herméneutique inspirée de Ricœur (4). Les principales conclusions sont que toutes les personnes interrogées ont mis l'accent sur l'humour et l'interaction avec d'autres personnes comme source de bonheur. Il en ressort qu'il devrait être possible de créer des opportunités de bonheur et de plaisir dans les unités de soins spécialisées pour les résidents atteints de démence avancée grâce à des moments de convivialité et de partage d’humour et de joie. Le bonheur de ceux dont ils s’occupent doit être un objectif essentiel des soins infirmiers et, par conséquent, un défi majeur pour les infirmiers et autres soignants. 

Ces auteures ne sont assurément pas des économistes, car ma première réaction — dont j'ai honte — a été : Combien cela va-t-il coûter, surtout si l’on peine à trouver le personnel qualifié ? L’allongement de la durée de vie conduit à une augmentation du nombre de personnes nécessitant ce type de soins, tandis que le nombre de personnes actives capables de les fournir ou de les financer diminue suite à la baisse de la fécondité. Une perspective qui, malheureusement, invite au pessimisme.

Les prévisions de croissance pour la maladie d’Alzheimer sont en effet alarmantes, en raison du vieillissement démographique mondial. D'ici à 2050, le nombre de cas de démence, dont Alzheimer représente la majorité, pourrait tripler. En France, par exemple, les cas d’Alzheimer, qui concernent actuellement environ 1,2 million de personnes, pourraient dépasser 2 millions en 2050.

 



(1). Par exemple Le Fils de la mariée (El hijo de la novia) film argentin sorti en 2001 ou Floride, film français sorti en 2015. 

(2). Voir Lybb Shell (2015), The picture of happiness in Alzheimer's disease: Living a life congruent with personal values, Geriatric Nursing, 36, S26-S32.

(3). Person, M. et I, Hanssen, (2015), Joy, happiness, and humor in dementia care: a qualitative study,  Creat Nurs, 21(1):47-52.

(4). L’approche herméneutique  consiste en la recherche de la compréhension des phénomènes dans leur singularité.. Elle est l'art de retranscrire un discours afin d'en extraire les besoins des individus, une sorte de traduction des discours.