Pierre Pestieau
Notre fiscalité et notre protection
sociale ont été conçues à une époque où la mondialisation était un mot rarement
utilisé et où le salariat avec CDI (contrat à durée indéterminée) était la norme. Aujourd’hui les entreprises
multinationales peuvent localiser leurs profits là où les taxes sont les plus
basses ; les CDD (contrat
à durée déterminée) et les indépendants vrais ou faux prennent une place
croissante dans le marché du travail.

L’ubérisation de l’économie dépasse
naturellement l’entreprise Uber et recouvre une multitude de services plus ou
moins importants et dont les plus emblématiques sont Airbnb, Booking.com ou Amazon. Outre la flexibilité, l’implication principale de ces
services est que la plateforme numérique centrale peut localiser ses profits
indépendamment du pays o ù elle exerce ses activité et que
les employés et les usagers échappent aux contrôles fiscaux et sociaux
traditionnels.

Cela nous donne trois parties qui
chacune peuvent être soumises à contrôle et imposition. Prenons une société de
taxis traditionnelle. Ses profits sont imposés ; les revenus des
chauffeurs le sont aussi et on peut imaginer une taxe à la consommation qui est
finalement assumée par les clients. Elle est aussi soumise à une régulation
continue. Dans la société Uber, on retrouve le même triptyque, mais il n’est
pas sûr que les trois parties assument correctement leurs obligations fiscales.
La plateforme numérique peut se délocaliser à l’étranger, donc à l’abri des
prélèvements du pays où se font effectivement les prestations. Les clients et
les prestataires peuvent échapper à la fiscalité.
Ces dérives sont sans doute
partiellement dues à la jeunesse de ces activités et à leurs diversités. C’est
ainsi qu’il y a eu plusieurs formes d’Uber ou d’Airbnb et que certaines d’entre
elles paraissent plus acceptables que d’autres. Cette jeunesse explique aussi l’absence
de données sur les manques à gagner fiscaux, les violations du droit de travail
et les pertes infligées aux activités plus traditionnelles.
Une idéologie syncrétique est souvent invoquée
à l’appui de l’ubérisation :
défense du consommateur, lutte contre les grandes sociétés hôtelières ou de
taxis, retour aux contacts humains entre prestataire et usager. Cette idéologie
est variable. Dans le cas d’Amazon, le petit est clairement le libraire mais on
mettra l’accent sur le prix et la rapidité du service.
Sommes nous désarmés face à l’ubérisation
de notre économie ? Pas vraiment si nous le voulons bien. Après tout nous
sommes loin de l’économie de troc pratiquée dans nos campagnes. L’ubérisation
passe par la digitalisation des données et il devrait être possible pour l’Etat
d’imposer que toutes les transactions soient enregistrées anonymement pour le
client et individuellement pour le prestataire. Quant à la plateforme, la
possibilité d’échapper à l’impôt pourrait être freinée par l’introduction de l’ACCIS
qui est à l’agenda de la commission européenne.
Ce terme assez imprononçable et au
contenu ultra technique signifie : Assiette
commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés permettrait de limiter le
fameux profit shifting en forçant les entreprises à payer l’impôt des sociétés
là où elles exercent leurs activités. Sous le régime de l’ACCIS, une fois que l’assiette
imposable de la société aura été déterminée, celle-ci sera répartie entre tous
les États membres dans lesquels la société est active sur la base d’une formule
fixe de répartition.
On le voit. Les solutions existent mais
il ne faut surtout pas éviter d’agir sous prétexte que ces nouvelles formules
plus flexibles, moins chères, plus conviviales nous conviennent. Nous avons ici
un bel exemple d’hiatus entre rationalité individuelle et rationalité
collective.
Certains gouvernements essaient de
réagir en fiscalisant les activités collaboratives ou en les réglementant. Tout
dernièrement, l’Etat de New York s’est proposé d’interdire la pratique Airbnb
pour des logements que le propriétaire n’occupait pas et le parlement français
vient d’adopter une disposition obligeant les particuliers qui louent ou
vendent des biens sur les plates-formes collaboratives à s’affilier à la
sécurité sociale et à payer des cotisations sociales. Mais les résistances
demeurent fortes et la mise en œuvre difficile.
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