Pierre Pestieau

D’abord le taux de décélération
diminue de manière inquiétante. Ensuite, il faut bien avouer que pour la
plupart des pays ce seuil de pauvreté est incroyablement bas (1). Enfin, il
semblerait qu’il faille renoncer à l’éradication prochaine de cette extrême pauvreté.

Ensuite, il n’est pas certain que
cette réduction soit imputable à une augmentation de vie des pauvres et non pas
à une diminution relative du nombre de pauvres du fait d’une mortalité plus élevée
ou d’une fécondité plus faible. Il faudrait pour mesurer cet effet démographique
calculer le taux de pauvreté que connaîtrait un pays donné si on supposait que
les pauvres avaient les mêmes taux de mortalité et de fécondité que le reste de
la population. A cet égard, le cas de la Chine est intéressant. Au cours des dernières
décennies, on y a observé que les familles aisées avaient une espérance de vie
plus élevée et un nombre d’enfants supérieurs à celui des familles pauvres. De
ce fait, il semblerait évident que si les familles pauvres avaient eu le même
nombre d’enfants et la même longévité que le reste de la population, le taux de
pauvreté y aurait été plus élevé.
Enchaînant sur le titre de ce
blog, je conclurais : dans ce cas, il y aurait encore plus de pauvres.
(1) Ce qui a amené la Banque
Mondiale à introduire de nouvelles normes en matière de pauvreté : pour
les pays à revenu intermédiaire et élevé, elles passent à 3,20 dollars, 5,50
dollars et 21,70 dollars par jour.
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