mardi 7 avril 2020

Les errances de Coronavirus

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Victor Ginsburgh

Je me rends de mieux en mieux compte qu’il est possible de remplacer presque mot-à-mot La Peste d’Albert Camus, par Le Coronavirus. Il suffit (i) de supprimer le début de La Peste où il est question d’une invasion de rats qui meurent, eux aussi, de la peste, (ii) changer le mot « peste » chaque fois qu’il se présente, par « coronavirus », et (iii) situer le roman, à Bruxelles, à Paris ou Montréal, et partout ailleurs, plutôt qu’à Oran.

Contrairement à ce qui est souvent dit et répété—et je viens encore de le lire sur un de nos journaux quotidiens qui s’expriment mal, peut-être pour nous faire peur—une personne infectée peut en infecter au moins deux autres si la proximité est faible. Ce qui fait évidemment peur, parce que cela voudrait dire que le virus pourrait se multiplier (presque) comme les grains de blé que le roi de Perse avait promis en cadeau à Nassir, inventeur du jeu d’échecs : un grain de blé sur la première case de l’échiquier, deux grains sur la deuxième, quatre sur la troisième, puis 8, 16… Sur la case 64 il y aurait eu 18 446 744 073 709 551 615 grains de blé. Donc après 64 jours (1) de corona, c’est le nombre total d’humains qui auraient été infectés, soit 500 000 000 de fois la population de la terre. Il est donc évident que l’infection ne peut pas atteindre la vitesse impliquée par la progression décrite, même si chaque passage de l’infection devait prendre deux ou trois jours.

mercredi 1 avril 2020

Pourquoi pas 30% du PIB pour la santé ?

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Pierre Pestieau

Quoi qu’il en coûte ! Un seul mot d’ordre : mettre le paquet pour lutter contre le coronavirus ». Ce titre de l’éditorial du Soir du 23 mars interpelle l’économiste. On peut en effet se demander si nous dépensons trop ou pas assez pour la santé et si les évolutions actuelles sont conformes à nos préférences collectives. Ces deux questions sont au cœur de l’actualité de la pandémie du Covid-19. Plus concrètement, les 11,2% du PIB que représentent les dépenses de santé en France, 10,4% en Belgique, 16,9% aux États Unis correspondent-ils à la valeur que les Français, les Belges, les Américains accordent à la vie humaine ?

dimanche 22 mars 2020

Une lettre de Kika et Thomas

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Victor Ginsburgh

Leur bébé vous fais signe
Kika et Thomas sont deux artistes et amis. Kika est brésilienne et Thomas belge, ce qui fait de leur couple un heureux mélange qui se reporte d’ailleurs sur leur art... et sur leurs enfants. Je vous fais parvenir le texte de leur lettre ouverte de remerciements et de soutien au personnel médical de l’Hôpital Saint Pierre (Salle d’accouchement et Maternité) datée du vendredi 20 mars 2020.

« Nous sommes les parents du premier bébé né sous le nouveau protocole d’isolement des patients coronavirus ce samedi 14 mars. Ce protocole implique que les patients suspectés de porter le virus soient isolés dans une chambre stérile d’où rien ne sort. Dans un sas à l’entrée de la chambre, le personnel soignant se désinfecte, enfile blouse, bonnet, masque, lunettes et gants de protection avant de renter et rencontrer le patient. Soit environ 10 minutes de préparation minutieuse.

mercredi 18 mars 2020

Ce serait si facile

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Pierre Pestieau

Une réflexion, suite à la lecture de deux travaux de recherche. Le premier est consacré à la sociologie des prénoms (1) et le second à l’impact des accents régionaux sur le marché du travail (2). Il semblerait que tant la réussite scolaire que professionnelle serait plus élevée pour ceux qui s’appellent Apolline ou Garance que pour ceux qui portent le prénom d’Allan ou Steven. Il semblerait aussi qu’avoir un accent régional entraîne une pénalité en termes de salaire, pénalité aussi forte que celle dont souffrent les femmes. La pénalité est dès lors double pour les femmes qui ont un accent.

Avant de discuter de la signification de ce type de résultat, j’aimerais aborder la question de ses implications. Les parents qui lisent ces articles pourraient décider de donner à leurs enfants des prénoms porteurs et de pincer leur accent afin de dissimuler leur origine régionale. Certains le font sûrement mais de telles décisions ont un coût, celui de renoncer à ses origines, à sa culture au nom d’un certain conformisme et d’une naïve ambition. Cela me rappelle un film de 2010, L’Italien, qui narre l’histoire d’un franco-algérien qui, pendant de nombreuses années, se fait passer pour Dino Fabrizzi , un Italien qui travaille à Nice dans une concession Maserati . Ou encore, l’excellent Pain et Chocolat, film de 1974, qui raconte l’histoire d'un Italien, migrant clandestin en Suisse.  Rapidement déçu par la discrimination dont il souffre, il décide de se teindre les cheveux afin de se faire passer pour un vrai Suisse. Cela ne lui réussira pas.

dimanche 15 mars 2020

La Peste

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Victor Ginsburgh

Etude pour piano et lingette nettoyante
« Comme d’habitude ! C’est-à-dire que le nouveau sérum envoyé par Paris avait l’air d’être moins efficace que le premier et les statistiques montaient. On n’avait toujours pas la possibilité d’inoculer les sérums préventifs ailleurs que dans les familles déjà atteintes. Il en eût fallu des quantités industrielles pour en généraliser l’emploi. La plupart des bubons se refusaient à percer, comme si la saison de leur durcissement était venue, et ils torturaient les malades. Depuis la veille, il y avait dans la ville deux cas d’une nouvelle forme de l’épidémie. La peste devenait alors pulmonaire. Le jour même, au cours d’une réunion, les médecins harassés, devant un préfet désorienté, avaient demandé et obtenu de nouvelles mesures pour éviter la contagion qui se faisait de bouche à bouche, dans la peste pulmonaire. Comme d’habitude, on ne savait toujours rien ».

Ceci vient de la page 99 de mon vieux La Peste de Camus. Un vrai ‘Livre de Poche’, il n’en existait d’ailleurs qu’un seul de ce nom. Acheté en 1962, il tient encore le coup. Comme les autres choses qui n’ont pas tellement changé en 58 ans.
Et page 247, les derniers paragraphes du livre :

mercredi 4 mars 2020

Jeu de dupes

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Pierre Pestieau

Il y a quelques semaines, j’étais invité par FMI à participer à un débat sur la taxation du patrimoine. Cette taxe, qui n’existe plus que dans trois pays du monde industrialisé, fait parler d’elle aux États-Unis, et donc au sein du FMI parce qu’elle est un des éléments phare du programme de deux candidats à la nomination démocrate en vue de la prochaine élection présidentielle. Ces deux candidats sont Bernie Sanders qui a déjà acquis une certaine notoriété et Élisabeth Warren. Tous les deux viennent de la Nouvelle Angleterre. Ils sont respectivement sénateurs du Vermont et du Massachussetts.

mardi 25 février 2020

Il faut plaisanter avec l’humour

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Etienne de Callataÿ et Victor Ginsburgh

Il y a quelques années, nous avons publié une Carte Blanche « Il ne faut pas char…rier ! » C’était dans le Soir du 22 février 2013. Elle venait en réponse à un journaliste du Soir, qui avait donné comme titre « Requiem pour l’humour belge » à son éditorial paru le 15 février 2013, suite à un char qui ne lui plaisait pas trop au Carnaval d’Alost.

Nous écrivions : « Un commentaire inspiré par le char du Carnaval d’Alost représentant sous le jour de l’Holocauste la déportation des francophones de Flandre est qu’il s’agirait là de l’expression de la fin de l’humour belge et, partant, de la confirmation de la séparation culturelle entre Nord et Sud de ce pays » et avions, pour nous y opposer, repris un extrait de cet éditorial : « Nous avons partagé tant bien que mal le territoire commun. Nous n’aimons pas les mêmes artistes (…) nous ne rions plus des mêmes choses » (1).

mercredi 19 février 2020

Comment justifier l'inégalité?

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Pierre Pestieau

Peut-on vivre sans inégalités ? En d’autres termes, peut-on concevoir une société où tous les hommes et femmes seraient effectivement égaux en opportunités, voire même en bien-être ? On sait que les sociétés ont de tout temps été inégalitaires. Dans un blog précédent (1), j’ai évoqué une série de travaux qui montrent que depuis Babylone non seulement les sociétés ont été inégalitaires mais que de surcroît le taux d’inégalité a été constant.

Ce qui a changé en revanche, c’est la justification que les pouvoirs en place ont donné de cette inégalité. Cette justification permettait de faire accepter par une grande majorité des disparités de revenus et de richesses. Sans cette justification, il y aurait de sérieux risques de désordres, voire des révoltes.

mercredi 12 février 2020

Le gruyère à trous est mort. Vive l’emmenthal

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Victor Ginsburgh

Ce qui prouve que ni le gruyère ni l'emmenthal
ne sont des fromages à trous
Plusieurs lecteurs de mon blog d’il y a quinze jours « Le plan du siècle : Un gruyère », m’ont expédié un ‘Pan sur le bec’, titre d’un petit coin(coin) du Canard Enchaîné. Ce n’est pas le gruyère qui est un fromage à trous, mais l’emmenthal. J’ai dû savoir cela, mais l’avais oublié. Et puis, de toute façon, qui aurait lu une page dont le titre aurait pu ou dû être « Le plan de paix du siècle : Un emmenthal ! ». 

Un ami suisse, historien d’art m’a écrit l’email savoureux qui suit :

« Tu n’en voudras pas à un citoyen helvétique un peu chauvin de te rappeler que ce n’est pas le gruyère mais l’emmenthal qui a des trous. Lorsque j’habitais Paris, à la crémière qui me disait, pour vanter sa marchandise : ‘c’est du vrai gruyère d’Emmenthal’, j'avais répondu :  ‘c’est comme le vrai bordeaux de Bourgogne’ ».

mercredi 5 février 2020

Ceux qui ne sont pas encore nés sont sans pouvoir (1)

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 Pierre Pestieau

Il y a plusieurs années, j’ai eu une conversation bizarre avec un ministre qui, à ma demande de relever les allocations des handicapés et des personnes très âgées, me répondit : « Mais cher ami. A quoi bon ? Ce ne sont pas ces gens-là qui vont manifester et bloquer la circulation ». L’épisode récent des gilets jaunes nous rappelle combien cette horrible remarque reste pertinente. Pour apaiser la colère des manifestants du samedi, le gouvernement français a fait une série de concessions, sans doute insuffisantes pour les intéressés, mais importantes du point de vue budgétaire. Or, comme il n’est pas question de relever les taux de prélèvements obligatoires, il n’y a pas mille façons de financer les quelque vingt milliards d’euros que représentent les diverses mesures prises en faveur des gilets jaunes, essentiellement les classes moyennes inférieures, et non les plus pauvres. La recette est toujours la même, à savoir s’en prendre à ceux qui n’ont pas la force politique de protester. A commencer par les générations futures. En effet une partie de ces milliards sera financée par un accroissement d’une dette publique déjà abyssale. Cela consiste à faire payer par ceux qui ne sont pas encore nés les dépenses des générations actuelles.

mercredi 29 janvier 2020

Le plan de paix du siècle: Un gruyère

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Victor Ginsburgh

A gauche, avant 1967, à droite plan de Trump. Les points rouges
sont des colonies qui feront partie d'Israël. A l'est et à l'ouest de la
Palestine (en jaune) vous voyez les croûtes de fromage rongées par
Israël. Notez qu'Israël est censé lâcher une croûte dans le désert du
Neguev dans le sud, en bas, à l'ouest d'Israël sous la bande de Gaza
(en jaune aussi). Le point rouge dans le désert du Neguev n'est pas
une colonie
Le plan de paix de Trump et de son bo-fils Kushner donne aux Israéliens ce qu’ils voulaient et offre aux Palestiniens la possibilité d’un état, avec un petit é, puisque sa souveraineté sera limitée. « Ma vision », explique Trump, « est une opportunité puisque tout le monde gagne (win-win) : une solution réaliste qui supprime le risque que l’état palestinien n’entache la sécurité d’Israël. Je n’ai pas été élu pour faire de petits pas, ou ne pas me soucier des problèmes importants » (1). Une imbécillité de plus, mais qui a pris trois ans pour être fabriquée. Pour l’expliquer clairement, il a fallu 181 pages.

Trump fait de la Palestine un gruyère auquel il a même ajouté une croûte (voir carte) en transformant la frontière est (le fleuve Jourdain) de l’ex pays, en territoire contrôlé par les troupes israéliennes, l’armée la plus honnête du monde et qui, il faut bien le dire, est la plus respectueuse des droits humains. 

mardi 21 janvier 2020

Pratiques nuisibles

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Pierre Pestieau

Il y a quelques mois je me trouvais à Nairobi. Je travaillais avec quelques collègues et une vingtaine de chercheurs de l’Afrique subsaharienne qui nous présentaient leur travail. La moitié d’entre eux étaient des jeunes femmes. Plusieurs d’entre elles consacraient leur recherche aux choix qui s’effectuent au sein du ménage. Ces choix portent sur l’éducation, la nutrition et la vaccination des enfants, sur la participation des femmes au marché du travail ou encore sur le contrôle des naissance. Au cours de ces présentations, il n’a jamais été question du sort que connaissent une majorité de femmes africaines, particulièrement  en Afrique francophone.

mercredi 15 janvier 2020

Je ne comprends plus…

2 commentaires:

Victor Ginsburgh

Il y a quelques années, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la France, la Chine (tous membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies) auxquels on ajoute l’Allemagne, signent un Traité de dénucléarisation avec l’Iran. Bien sûr, c’est l’Iran qui doit dénucléariser, et ceux qui font partie du Conseil de sécurité ont les engins qu’il faut. C’est de « bonne guerre », peut-on dire. Certaines sanctions imposées à l’Iran sont allégées, et les choses ont l’air de fonctionner pas trop mal. D’après l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), l’Iran tient sa parole. Israël et son clown prétendent que ce n’est pas vrai, on est habitué à cela, mais l’AIEA maintient son point de vue.

mercredi 18 décembre 2019

Voyager intelligent

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Pierre Pestieau

Récemment, à l’occasion d’un jeu télévisé très populaire (1), l’animateur a annoncé que le premier prix attribué au gagnant serait un voyage pour deux en Thaïlande dans un hôtel de luxe. Un téléspectateur tiré au hasard devait recevoir le même prix pour lui et une personne de son choix, selon la formule consacrée. Comme il se veut écologiste, l’animateur mentionna à plusieurs reprises que les organisateurs du jeu compenseraient l’empreinte écologique qui résulte de ces quatre voyages. Je me suis demandé ce que voulait dire « compenser » dans ce domaine. Cela me rappelle une anecdote vieille de plusieurs décennies. Une de mes amies qui raffolait de chocolat me disait que pour chaque barre mangée elle devait gravir des dizaines de marches d’escalier (je ne me souviens pas du nombre exact). Inutile de dire qu’il lui arrivait rarement d’effacer son péché mignon par cet exercice.

dimanche 8 décembre 2019

Et si le 24 décembre de l’an -1 avait eu lieu en l’an 2019

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Anonyme

Ce texte circule sans nom d’auteur. Il a été recueilli par Martine et Jean-Claude Vernier et se trouve sur le site de Mediapart. Merci à Jacques V.E. de me l’avoir transmis. J’en ai changé le titre et vous souhaite un joyeux Noël…

Si Jésus naissait aujourd’hui, les médias se déchaîneraient ! Cela donnerait la Une suivante dans tous les journaux télévisés : « Hier le 24 décembre, un nouveau-né a été trouvé dans une étable. La police s’est rendue immédiatement sur les lieux et a fait appel au SAMU. Un charpentier et une mineure (vraisemblablement la mère) ont été placés en garde à vue ».

Ce matin très tôt, les autorités ont été avisées par un citoyen de la banlieue de Bethléem qu’une famille de S.D.F (Sans Domicile Fixe) s’était installée dans son étable.

mardi 3 décembre 2019

Les bobos d’Amérique

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Pierre Pestieau

Pourquoi d’Amérique ? Nous avons aussi nos bobos, mais ils sont sans doute moins caricaturaux et naïfs que ceux d’outre-Atlantique. On les reconnaît à plusieurs traits. D’abord, ils habitent les grandes villes de l’Est et de l’Ouest. Ils sont ouvertement contre Trump, même si depuis son élection, leur situation économique n’a jamais été aussi florissante.

Peu importe le numéro, ils sont pour les COP (conférence internationale sur le climat) (1) ; ils adorent le bio et se disent soucieux de l’environnement. Ils trient leurs déchets avec un soin pharmaceutique. S’ils le peuvent, ils font placer des panneaux solaires sur leur toit et achètent des voitures électriques de la dernière génération, en vous expliquant qu’ils font coup double : une subvention de l’État et une bonne conscience climatique.

mardi 26 novembre 2019

Quatre mille et une années d’histoire méditerranéenne en 130 pages

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Victor Ginsburgh

Boualem Sansal
Pour ceux qui n’ont plus envie de suivre les tribulations de Trump et de son alter ego Netanyahou, ou pour ceux qui n’ont pas le temps (ni l’envie) de lire l’Histoire de la Révolution Française en six volumes de 1 450 pages chacun, ou les 30 volumes de l’Histoire de Charleroi entre juillet 1815 et février 1816 écrits par un professeur honoraire d’histoire de l’Université libre de Bruxelles, voici ce dont ils ont un besoin urgent : le Petit éloge de la mémoire de Boualem Sansal (1).

Quatre mille et une années d’histoire méditerranéenne vues depuis la Numidie, pays berbère, dont l’auteur est originaire. Ses ancêtres viennent d’Egypte, centre du monde où ils avaient eux-mêmes immigré du pays de Cham, qui est aussi le nom d’un des fils de Noé devenu noir après avoir vu son père nu, et dont les trois fils, Koush, Misraïm et Pout peupleront l’Ethiopie, l’Egypte et l’Arabie.

lundi 18 novembre 2019

Promesses non tenues

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 Pierre Pestieau

Dans les conflits sociaux que provoquent certaines réformes de politique sociale, il arrive fréquemment que les syndicats ou d’autres organisations représentant ceux que les réformes affectent rejettent ce qu’on leur propose, alors que sur le papier ils en seraient les premiers bénéficiaires. Prenons l’exemple de la réforme qui concerne l’ouverture des commerces le dimanche avec pour promesse que les employés travaillant le dimanche recevraient une exonération fiscale pour cette activité dominicale et un jour et demi de congé pour chaque dimanche travaillé. Il se pourrait que cette réforme soit rejetée parce que les travailleurs échaudés par des expériences antérieures craignent qu’après avoir accepté de travailler le dimanche, on « oublie » l’exonération fiscale et le demi jour de congé.

mercredi 13 novembre 2019

Fake news : la voiture électrique ?

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Victor Ginsburgh

Merci à Jaff qui m’envoie la photo d’un véhicule diesel qui tracte un groupe électrogène à essence qui lui-même dépanne une voiture électrique. Difficile de faire mieux en fait d’économie d’énergie et de normes de pollution. Mais la vraie question qui plane est la voiture électrique, à propos de laquelle on dit tout, sans rien savoir. Moi non plus d’ailleurs, je n’ai jamais vu une analyse précise de toute la chaîne polluante, les études se contredisent et les experts s’insultent. Il n’y a, à ma connaissance, pas encore de mort (en tout cas parmi les experts).

Merci à Jaff, mais pas nécessairement à Chuck Schumer, sénateur démocrate américain, pour le plan qu’il vient d’imaginer (1) :

mardi 5 novembre 2019

Éthique et bio, un trompe l’œil ?

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Pierre Pestieau
Qu’il s’agisse d’aliments bio ou de fonds éthiques, les problèmes sont les mêmes. En dépit de leur succès populaire et de la pertinence de leur choix, on doit sans cesse se poser la question : sont-ils vraiment bio, sont-ils vraiment éthiques ? N’y aurait-il pas tromperie dans les deux cas? Tromperie volontaire ou involontaire comme nous le verrons.
Le bio
Au cours des dernières années, les aliments bio se sont répandus comme une traînée de poudre. Malgré des prix plus élevés, l’achat de ces produits traduit le sens d’une responsabilité morale et sociale. Ils sont censés être moins nocifs, plus naturels et plus éthiques.
On notera dès l’abord qu’il n’existe pas de consensus sur ce qui est bio et ce qui ne l’est pas. Chaque région a ses définitions et ses règles. En général, les agriculteurs biologiques utilisent des méthodes plus traditionnelles, telle que la rotation des cultures, et des engrais organiques tels que le compost ou le fumier. Ce qui explique les prix plus élevés.