Victor
Ginsburgh
Mon
co-blogueur Pierre et son coauteur ont écrit un livre important et courageux sur
la protection que la société doit accorder à ses habitants, nationaux comme
immigrés d’ailleurs. Je reviendrai sur le titre plus loin, mais j’aime beaucoup
le sous-titre Défense et illustration,
emprunté si je ne m’abuse au poète de la Renaissance, Joachim du Bellay, sauf
que ce n’est pas de poésie, ni de littérature ou de de langue qu’il s’agit
cette fois.
Quant
au titre L’Etat-providence, et les
auteurs le soulignent d’ailleurs (p. 9), le mot providence devrait une fois pour toutes être banni. Pour deux
raisons. Le Larousse dit qu’il
signifie « Action par laquelle Dieu conduit les événements et les
créatures vers la fin qu’il leur a assignée. Dieu, en tant qu’ordonnateur des
toutes choses ». Et aussi parce que « c’est un événement qui arrive à
point nommé pour sauver une situation qui constitue une chance, un secours
exceptionnel ». Banni, parce que ce n’est pas Dieu qui pourvoit, et ce qui
est pourvu ne doit pas être exceptionnel, mais continu et mesuré : il faut
pourvoir, mais il faut aussi oser cesser de pourvoir lorsque la cause
disparaît. Et pas mal de causes ont disparu, mais l’Etat continue de
distribuer, parce que cela arrange aussi bien les uns (le distributeur qui en
espère des effets lors des élections) que les autres (qui en bénéficient sans
en avoir besoin lorsque, par exemple, la technologie a adouci les effets du
travail sur la santé ou la pénibilité).








































