mercredi 27 mars 2019

Les malheurs des petites filles qui naissent jumelles d’un frère

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Victor Ginsburgh

Décidément, le machisme commence déjà avant la naissance. Une étude basée sur 730.000 naissances en Norvège, dont 13.800 jumeaux compare les résultats à long terme jumeaux fille-garçon à ceux des jumeaux fille-fille. L’étude montre que les filles des « couples » fille-garçon sont défavorisées par rapport aux cas où les deux sont des filles.

Les chercheurs suspectent que c’est le jumeau mâle qui en est la cause, et plus précisément la testostérone ! En effet, quelque 8 ou 9 semaines après la fertilisation, le foetus mâle commence à produire des quantités importantes de testostérone, qui l’aident « à devenir un mâle » et de petites quantités de testostérone se « glissent » dans le foetus femelle à travers la ou les poches amniotiques. Mais l’inverse ne se produit pas, parce que le foetus femelle reçoit une quantité bien plus modeste d’hormones sexuelles féminines et en transfère beaucoup moins à son frère. Ceci est connu depuis longtemps, mais les effets à long terme n’avaient jamais été analysés.

mardi 19 mars 2019

A qui le tour ?

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Pierre Pestieau

Promis, juré, Kane Tanaka est bien, à 116 ans, la doyenne de l'humanité. Elle serait née à Fukoa  le 2 janvier 1903, l'année même où les frères Orville et Wilbur Wright ont réussi le premier vol motorisé de l'histoire. Pourquoi le conditionnel ‘serait’? Parce que plus que tout autre, le monde des supercentenaires est celui des fake news. Récemment on a demandé à Mme Tanaka quel avait été le moment le plus heureux de sa vie; elle a répondu: "maintenant". C’est une caractéristique des supercentenaires; ils sont heureux.


Post scriptum à mon blog du 14 mars 2019

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Juif : de non-sioniste à antisioniste
Victor Ginsburgh

La guerre, quelque part
« Ce n’est pas votre guerre, Guilmour, ce n’est pas votre combat. C’est le leur. Ce sont leurs vies et leurs terres, il ne vous appartient pas de décider ce qui est mieux pour eux ».
« Ne soyez pas naïf, Tanner. De nos jours, les conflits internes n’ont plus cours. Nous sommes tous impliqués d’une façon ou d’une autre. Vous ne pouvez pas fuir chaque fois qu’une situation vous dépasse ».

Jamal Mahjoub, La navigation du faiseur de pluie, Babel, 1998, pp. 195-196.

mercredi 13 mars 2019

Juif : de non-sioniste à antisioniste

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Victor Ginsburgh

La récente « tentation » française d’assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme, qui faisait suite à une attaque non pas antisémite mais plutôt antisioniste, a heureusement fait naufrage. Mais elle m’a rappelé qu’il y a près de dix ans, j’avais été invité à Gand à faire une conférence sur le sujet « Peut-on être Juif sans être sioniste ? ». Dès la première phrase je « rassurais » mon auditoire en répondant « oui », parce que l’Etat d’Israël existe et que la notion de sionisme a perdu son sens. Comme l’écrit Ilan Greilsamer (1) en 2005, si l’objectif politique des sionistes était « la création d’un Etat juif souverain en terre d’Israël, cet objectif a été atteint avec la proclamation d’indépendance [en 1947] ».
Abraham Yehoshua

Pourquoi devrais-je, si cela n’a aucun sens, être sioniste ?

La notion avait d’ailleurs perdu son sens bien avant, explique le philosophe juif Abraham Yehoshua (2), puisque lors de la sortie (très probablement légendaire) d’Egypte sous la conduite de Moïse « il avait été clairement expliqué au peuple juif, que la possibilité d’une existence nationale lui est offerte sans la possession d’un territoire ». Le même Yehoshua suggère que l’exil qui a suivi il y a deux mille ans n’a pas été imposé au peuple juif. Il a été choisi par deux millions de Juifs qui ont quitté volontairement la terre de Palestine et, curieusement, l’expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal en 1492 les a dispersés dans tout le bassin méditerranéen, à l’exception de la Palestine.

mercredi 6 mars 2019

Repenser la gauche. Immigration et asile politique

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Pierre Pestieau

La fracture sociale est certainement un concept mais surtout une réalité qui gangrène nos sociétés depuis plusieurs décennies. Elle est à l’origine du climat délétère qui pèse sur nos démocraties. Un climat dominé par la défiance, défiance à l’égard d’autrui et plus particulièrement à l’égard de toute forme d’autorité.

Un des facteurs de la fracture sociale est malheureusement l’immigration, perçue par une fraction de la population comme une menace pour l’emploi et la cohésion sociale. Tout le monde ne la ressent pas de la même façon et n’en subit pas également les conséquences. Le thème de l’immigration déboussole la gauche, comme la droite d’ailleurs. A gauche comme à droite, il y a des partisans d’une immigration incontrôlée. A gauche, au nom des valeurs d’accueil qui lui sont propres. A droite parce qu’elle pousse les salaires à la baisse et génère une main d’œuvre à bas prix. Il y aussi des partisans d’une immigration contrôlée. A gauche, cela peut s’expliquer par une peur de perte d’emplois mais aussi par un certain réalisme que Michel Rocard a explicité par sa fameuse phrase « Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile politique […] mais pas plus. […] ». La droite s’oppose à l’immigration et même à l’asile politique au nom de principes identitaires, qui cachent une xénophobie radicale. Dans l’opposition, la gauche a longtemps eu tendance à se montrer laxiste et rejeter toute forme de restriction. Une fois au gouvernement, elle se trouvait beaucoup moins généreuse.

Je n’ai pas pu résister…

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Victor Ginsburgh

Un ami, Jacques V.E., vient de m’envoyer le texte suivant.

« Les États-Unis ont récemment émis un nouveau timbre à l'effigie de Donald Trump. Mais on s’est vite aperçu que le timbre ne collait pas sur les enveloppes. Le président n’a pas du tout apprécié le récent rapport sur ce nouveau timbre... qui ne veut pas coller ! Enragé comme toujours, il a d'abord accusé les démocrates, ensuite les journalistes, puis il a exigé une enquête complète, menée par une commission spéciale qui ne pouvait pas être présidée par Robert Mueller.



« Après des semaines de recherches difficiles, le comité a remis son rapport. On peut y lire que le timbre est parfait et que l’adhésif est de première qualité.

« Le problème provient du fait que les gens crachent sur le timbre du mauvais côté.

mercredi 27 février 2019

Un certain Adolph H. est de retour

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Victor Ginsburgh

A night at the garden
Adolph H. s’est récemment manifesté trois fois et en trois lieux différents. Décidément, le don d’ubiquité existe, de même que celui d’immortalité. On ne peut être mort et présent en trois endroits durant le même mois.

Un peu moins d’un an après l’accueil enthousiaste d’Hitler par l’Autriche en mars 1938, le 20 février 1939 très exactement, et alors que l’Allemagne venait de terminer la construction du sixième camp de concentration, 20.000 américains se réunissent à Madison Square, New York pour célébrer les idées du Parti Nazi. Face à des drapeaux américains et à d’autres frappés de la croix gammée, le discours du Führer local réclame une société blanche, non-juive, et des syndicats débarrassés de la domination juive dirigée depuis Moscou. Un film, A Night at the Garden, vient d’être reconstitué et figurait parmi les cinq documentaires nominés aux Oscars 2019. « Dans le climat actuel d’intolérance, cette séquence est particulièrement glaçante » peut-on lire dans le New York Times du 6 février 2019 (1).

mercredi 20 février 2019

Repenser la gauche. L’environnement

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Pierre Pestieau

 Les questions environnementales sont nombreuses. Celle qui vient d’abord à l’esprit est la question du changement climatique. Cette question peut être subdivisée en deux sous-questions : quelles sont les conséquences de ce changement et quelles en sont les causes ?

On peut citer quatre conséquences majeures du changement climatique (1). D’abord les phénomènes climatiques extrêmes comme des tempêtes, sécheresses, des précipitations abondantes... arrivent de plus en plus fréquemment. Ensuite, les saisons sont devenues instables, ce qui a, entre autres, des effets sur l'agriculture et sur la flore et la faune. En outre, le niveau des mers monte ce qui constitue une menace pour des millions de personnes vivant à proximité des côtes. Enfin, il y a la fonte des glaciers qui devrait mettre en danger l'approvisionnement en eau de nombreuses personnes. 

mercredi 13 février 2019

Watson et Carrel, un raciste et un eugéniste oubliés

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Victor Ginsburgh

Nous oublions, mais eux le rappellent.

En juin 2018, un certain Watson, Prix Nobel de Médecine 1962, interviewé par un journaliste sur la chaîne PBS qui lui demandait s’il avait changé ses vues concernant la relation entre intelligence et race, a froidement répondu « Non, pas du tout. J’aurais aimé avoir un autre avis, mais je n’ai rien vu de récent qui me contredit lorsque je pense qu’il y a une différence dans les tests d’intelligence entre noirs et blancs et je dis que cette différence est génétique ». C’est ce même individu qui, en compagnie de son collègue Crick, avait « un peu volé » la découverte de la double hélice à Rosalind Franklin (1). Mais il disait beaucoup de bien d’elle, notamment qu’elle n’était « pas mal (not unattractive) mais mal attifée ». Et que les scientifiques femmes au boulot « c’est plus chouette que les hommes, mais probablement moins efficace ». Il s’est aussi pris pour un bon sociologue (voire économiste) en expliquant qu’il était « très pessimiste sur le sort de l’Afrique, parce que nos politiques sociales sont basées sur l’hypothèse que leur intelligence est la même que la nôtre, alors que tous les tests disent : ‘pas vraiment’ ». Watson aurait aussi dit qu’il existait une corrélation entre libido et couleur de la peau : « C’est bien pourquoi les bons amants sont latins mais que vous n’entendez jamais parler d’un amant anglais ». Encore que cette dernière histoire soit plutôt amusante. En 2007, il avait été démis de ses fonctions officielles dans son laboratoire de Long Island, mais avait gardé son bureau. Il s’est, par la suite, plaint de ne plus avoir les moyens de survivre et a fini par vendre sa médaille Nobel… Mais, en fin 2018, il s’est fait virer tout court de son laboratoire pour les propos racistes qu’il avait tenus en juin de la même année.

mercredi 6 février 2019

Repenser la gauche

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Pierre Pestieau

La gauche est en crise, c’est un lieu commun (1). Son échec tient à un simple constat : elle n’a pas été capable ces derniers temps d’apporter une réponse convaincante aux menaces qui pèsent sur une population qui longtemps avait compté sur elle. Que ces menaces soient réelles ou non n’importe pas. Cette réponse trop attendue ne pourra être que complexe dans la mesure où ces menaces sont multiples. Elle sera difficile dans la mesure où elle se heurte à des contraintes qui sont nouvelles par rapport à ce qui se passait il y a plusieurs décennies.

Deux contraintes semblent dominer. Il y a d’abord le fait que l’espace économique est beaucoup plus large que l’espace politique. En d’autres termes, à l’échelon national qui est celui du pouvoir politique, beaucoup de décisions d’ordre économique ne peuvent pas être prises. C’est la résultante d’un capitalisme mondialisé. Ensuite, il y a l’émergence à tous les niveaux d’un individualisme forcené qui empêche toute solution coopérative. Cela se traduit notamment par le fameux Nimby qui signifie « pas dans mon arrière-cour » et qui peut aussi être utilisé dans un sens figuré pour décrire les personnes qui prônent une certaine proposition (par exemple des mesures d’austérité budgétaire, des augmentations d’impôts, des réductions d’effectifs), mais s’opposent à son application dès lors que cela exigerait un sacrifice de leur part.

mercredi 30 janvier 2019

A propos de la richesse et du bonheur

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Victor Ginsburgh

Les riches
Deux nouvelles sont tombées sur mon téléscripteur presqu’en même temps. D’une part, Oxfam (1) nous explique avec un sourire déguisé que, dans le monde, les 26 personnages ultra-riches possèdent autant que les 3,8 milliards d’individus les plus pauvres. On ne sait pas trop si l’ONG est heureuse ou pas de raconter cela, ou s’il s’agit d’une plaisanterie. D’autre part, l’ouvrage qui vient de paraître et dont Bram De Rock, le directeur du centre de recherches dans lequel je suis accueilli à l’Université de Bruxelles — et c’est bien pour cela que je le cite lui, mais il y en a onze autres économistes belges qui y ont aussi participé (2) — nous dit qu’il ne faut pas nécessairement être riche pour être heureux, ni pauvre pour être malheureux.

mercredi 23 janvier 2019

L’emploi en quantité fixe

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Pierre Pestieau
« Les économistes condamnent quasi unanimement le sophisme de l'emploi en quantité fixe, un concept selon lequel le nombre total d'emplois dans une économie est fixe et donc doit être partagé équitablement. (…) La thèse selon laquelle réduire la durée du travail, avancer l'âge de la retraite, bloquer l'immigration ou adopter des mesures protectionnistes créera des emplois pour les autres n'a aucun fondement, ni théorique ni empirique. » (1)
Cette citation de Jean Tirole, qui reçut en 2014 le prix Nobel en Sciences Economiques, résume parfaitement le point de vue des économistes orthodoxes. Elle implique un rejet sans équivoque de cette thèse que d’aucuns utilisent pour préconiser l'avancement de l'âge du départ à la retraite (les seniors ne prennent-ils pas le travail des jeunes ?). On retrouve aussi cette thèse chez ceux qui soutiennent que les immigrants « prendraient » le travail des résidents nationaux, au motif que cet emploi serait en quantité fixe. On notera en passant que nous avons là un cas intéressant d’une thèse qui est adoptée par les deux pôles extrêmes du spectre politique : la droite dure l’utilise pour s’opposer à l’immigration et une partie de la gauche pour soutenir une baisse de l’âge de la retraite.  

mercredi 16 janvier 2019

Trump, Netanyahou & Co.

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Victor Ginsburgh

Mur américain
Comment peut-on empêcher Trump de construire un mur contre les immigrants, alors qu’Israël en a déjà construit un bon nombre contre les habitants des lieux, dont eux-mêmes sont des immigrants non-désirés. Il est grand temps que les Palestiniens se mettent à construire des murs contre Israël qui n’arrête pas d’envoyer des immigrants — et de temps à autre aussi des terroristes juifs, mais on ne peut pas le dire — dans les territoires dits occupés. Oui des terroristes, j’y reviendrai dans une note de bas de page, un peu plus loin.


lundi 10 décembre 2018

Le livre de la peur

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Victor Ginsburgh

Et ce livre fait vraiment peur. En voici quelques lignes de la page 89 :

« Deux semaines avant les élections, le 25 octobre 2016, je prononçais une conférence devant quatre cents cadres supérieurs de KEY2ACT, une entreprise de logiciels de gestion de chantiers et d’équipements. Mon sujet était ‘Le moment présidentiel : que nous réserve l’année 2016 ?’. Presque tous les membres de l’auditoire étaient blancs et ils venaient des quatre coins du pays.

Je leur proposai un vote à main levée. Combien d’électeurs potentiels pour Hillary ? Une dizaine de main se levèrent. Combien pour Trump ? La moitié de l’auditoire leva la main, deux cents personnes environ. J’étais bluffé : ça faisait vraiment beaucoup d’électeurs de Trump. »

Montée des inégalités et gilets jaunes. Retour

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Pierre Pestieau

Suite à mon blog de la semaine dernière où je montrais que les inégalités n’avaient pas augmenté en Belgique comme en France au cours de la dernière décennie, j’ai reçu quelques réactions. En substance, on m’objectait que les mouvements populistes et la révolte des gilets jaunes semblent indiquer au contraire qu’il y a bien une montée des inégalités. Je voudrais répondre à cette objection en trois points.

mardi 4 décembre 2018

Y’a qu’à

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Pierre Pestieau

Une conversation de dimanche après midi comme ça se passe dans toutes les familles. En l’occurrence, c’était avec un neveu et cela avait commencé par les gilets jaunes. Je lui faisais remarquer que toute réduction de prélèvement fiscal devra se répercuter par une baisse des dépenses. Quelles dépenses peut-on raisonnablement diminuer ? A cela il me répond que de l’argent on peut en trouver en taxant davantage les riches, en contrôlant mieux les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) et plus généralement en luttant sérieusement contre la fraude fiscale. Rien à redire, mais ce n’est malheureusement pas si simple.

L’arche de Noé a-t-elle vogué sur la mer d’une terre plate?

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Victor Ginsburgh

Voici ce que seraient devenus les animaux de l'arche
de Noé si la terre avait été plate
On ne comprend pas bien comment l’arche a pu voguer sur la mer d’une terre plate, sans que Noé se demande comment il fera quand il arrivera au bout de la terre, là où la mer se jette nécessairement dans le vide (c’est ce que croyait Noé, mais on verra que ce n’est pas vrai). Je vous l’explique en deux mots, si vous n’avez pas envie de lire la suite qui est difficile à comprendre : l’arche s’est arrêtée sur le mont Ararat, situé comme tout le monde le sait aujourd’hui, dans le Kentucky, USA parce qu’il pleuvait trop, et n’est jamais arrivée sur le bord de la terre. On y reviendra dans la suite, c’est bien compliqué, mais tout est vrai, et dûment vérifiable d’après les notes (1)-(4) qui donnent les sources.

lundi 26 novembre 2018

La musique rend-elle sourd ?

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Victor Ginsburgh

Picasso: Eliminé
Il y a bien des années, j’ai été co-auteur de deux articles sur le Concours Musical Reine Elisabeth de piano. Dans le premier (1), nous montrions que les derniers étaient les premiers, au sens où parmi les 12 pianistes qui arrivaient en finale (2), ceux qui jouaient le 5ème ou 6ème jour du concours étaient, en moyenne, mieux classés que ceux qui jouaient durant les premiers six jours. Nous remettions cela dans un deuxième article (3), où nous retrouvions évidemment que l’ordre de passage en finale affectait non seulement le classement, mais il influençait aussi le futur monétaire des pianistes.

Il se fait que l’ordre de passage est choisi au hasard avant la première étape du concours (les éliminatoires) et reste le même lors des différentes étapes, y compris lors de la finale, hormis ceux qui avaient été éliminés.

La montée des inégalités et de la pauvreté. Réalité ou perception ?

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Pierre Pestieau

Les journaux ont de plus en plus tendance à publier des unes aux des titres accrocheurs portant sur la montée de inégalités et sur l’augmentation de la pauvreté en Belgique.

Il serait intéressant de voir ce qu’il en est dans le temps et dans l’espace, tous en gardant à l’esprit la difficulté de mesurer correctement ces deux phénomènes. D’abord, le revenu financier n’est pas le seul facteur en jeu. La santé, le lien social, la localisation sont aussi très importants. Ensuite, les mesures choisies peuvent donner lieu a des constats différents, voire opposés. Parle-t-on de pauvreté relative ou absolue ? Quel seuil de pauvreté faut-il choisir, L’inégalité est-elle mesurée par le coefficient de Gini ou par l’écart interquartile, sont autant de questions à clarifier avant d’établir le moindre diagnostic.

mardi 20 novembre 2018

Nos belles années

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Pierre Pestieau

Impérialisme et développement inégal
C’étaient les belles années, celles de nos 20 ans, bien moins troublées que celles que connut Nizan (1). Ces années où l’on dévorait tous les livres qui dénonçaient le capitalisme et le néocolonialisme. Les auteurs de référence étaient Rodinson, Dumont, Mandel, Sweezy, Althusser, Furtado et bien d’autres. Pourquoi évoquer ces années là ? Parce qu’un de ces auteurs vient de mourir dans un quasi anonymat. Il s’agit de l'économiste franco-égyptien Samir Amin, reconnu mondialement comme une figure de proue de l'altermondialisme. Il vivait à Dakar depuis de nombreuses années.

A l’occasion de ce décès, je me suis demandé ce qu’il me restait de mes lectures de ses ouvrages publiés il y a près de 50 ans, notamment L’accumulation à l’échelle mondiale (1970) et Le développement inégal (1973). Peu et beaucoup. Il a remarquablement décrit le phénomène de l’impérialisme économique qui exploitait les pays pauvres, et particulièrement l’Afrique, et rendait leur développement impossible. Sur ce point une bonne partie de son diagnostic demeure pertinent.