Victor Ginsburgh
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| Bruxelles arrosée de glyphosate |
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| Bruxelles arrosée de glyphosate |
Il faudrait pendre (parce que la
pendaison existe encore dans ce pays, dans l’Etat de Washington, notamment)
celui qui a récemment osé dire : « Je pense que les femmes ont été
bien plus fortes que les hommes dans cette lutte. Elles ont été indignées
(outraged) par ce qui est arrivé à Brett Kavanaugh. Oui, indignées » (1). Vous
aviez évidemment deviné que ce ne pouvait être que Donald Trump pour raconter
de telles conneries.
Selon la Banque Mondiale, un
individu vit dans un état « d’extrême pauvreté» s’il vit avec moins de
1,90 dollar par jour. L’extrême pauvreté touche quelque 760 millions de
personnes dans le monde, contre 1,9 milliard en 1990. Faut-il s’en réjouir. Oui
mais…![]() |
| Giraffe inondée |
La première, dont
on n’a pas conservé le nom, a forcé la porte de la profession de potier qui
était complètement dominée par les hommes durant le premier millénaire avant notre
ère. On a retrouvé ses restes à Eleutherna (Apollonie). L’analyse de sa
musculature a révélé qu’elle utilisait une jambe pour faire tourner sa roue de
potier, ou plutôt de potière (1). Elle a sans doute produit des poteries
différentes de ce que faisaient ses confrères masculins qui peignaient les
vases que nous voyons dans tous les musées et sur lesquels sont représentés de
vieux mâles tenant leur sexe d’une main et poursuivant des jeunes éphèbes de
l’autre. Une époque où les femmes étaient confinées dans les gynécées. Télémaque,
fils d’Ulysse et de Pénélope a dit à cette dernière de retourner dans ses
appartements, de reprendre sa quenouille et que « discourir est l’affaires
des hommes, de tous les hommes, mais surtout de moi qui détiens le pouvoir dans
cette maison » (2).
Margaret Chase
Smith, élue dans l’Etat du Maine en 1950, a été la première femme américaine tour
à tour sénatrice et députée. Républicaine, elle défend les valeurs de son
parti, mais n’hésite pas à s’y opposer. Elle soutient la position que les
Américains devraient réfléchir en tant qu’êtres humains sur les libertés
individuelles plutôt que de façon politicienne.
Une des motivations majeures que l’on trouve dans les différents projets de
réforme des systèmes de retraite est l’idée bien légitime qu’il faut préserver
le bien être des générations à venir. Il existe de nombreuses méthodes qui
permettent de montrer que la dette que nous laissons à ces générations est exorbitante,
nettement plus élevée que la seule dette publique, qui, soit dit en passant,
n’est pas négligeable en France comme en Belgique, puisqu’elle tourne autour de
100% du PIB.
Donald Trumpador
(du nom d’une nouvelle pommade destinée à faire tenir les cheveux même quand on
n’en a plus, voir illustration) vient d’annoncer la fermeture de la mission
diplomatique palestinienne à Washington, parce que « les Palestiniens
refusent de discuter les efforts de paix avec Israël » (1). Il a coupé les
fonds américains à l’United Nations Relief Works Agency for Palestine (UNRWA)
parce qu’il ne faut pas entretenir les camps palestiniens plus longtemps, sans
quoi les miséreux qui y vivent ne s’en tireront jamais (2). Et il a aussi gelé
les fonds américains aux hôpitaux palestiniens installés à Jérusalem Est qui
n’existe plus, puisque la ville est maintenant unifiée et placée sous autorité
israélienne (3). D’ailleurs, dit Jared Kushner, le bo-fils du Trumpador,
« les mesures punitives contre les Palestiniens favoriseront la
paix et que l’administration [américaine] change les ‘fausses réalités’
[petit rappel de ce que le bo-papa appelle les ‘fake news’] qui empêchent
d’aller de l’avant » (4).
150 milliards à
l’horizon 2030, un partenariat public-privé (PPP), six domaines prioritaires.
En quelques mots, voilà le pacte d’investissement que le gouvernement fédéral
belge propose pour relancer l’économie belge. Si l’expression « plan
Marshall » n’avait pas été utilisée par un autre gouvernent, elle aurait
certainement été recyclée pour l’occasion. On ne peut que se réjouir de cette
initiative. Le seul bémol est le partenariat avec le privé à raison de 50-50.
Dès l’abord, je le confesse, j’écris ce blog sans filet et risque de tomber
dans le fameux bullshit cher à
Laurent Wauquier et qui retiendrait l’attention de chercheurs de la
prestigieuse université de Yale (1). Le
Monde qui a un langage policé traduit ce terme somme toute vulgaire par ‘billevesée’.
Le Conseil de la langue française et de la
politique linguistique, qui dépend du gouvernement de la Fédération
Wallonie-Bruxelles (FWB), avait en 2015 suggéré de réformer l’accord du
participe passé. Et trois ans plus tard, Jean-Marie Klinkenberg, le linguiste
belge qui préside ce conseil, « souhaite une réforme parce qu’il est
impossible d’expliquer intelligemment le pourquoi de cet accord (1). La langue
c’est notre principal instrument pour nous situer dans la société, pour
avancer... Il faut que chaque citoyen puisse se sentir chez lui dans sa langue.
Tout ce qui l’infantilise et le fragilise on doit le corriger » (2).
On lit souvent que la société américaine est fortement inégalitaire mais
socialement mobile, entendant par la que chacun et chacune y a sa chance de réussir.
En revanche, les sociétés européennes seraient davantage égalitaires mais
seraient aussi caractérisées par une forte immobilité sociale. Cette vue a été récemment
remise en cause. On a pu remarquer que l’égalité des chances était moins élevée
aux Etats Unis qu’en Europe (1). En outre, on a cru déceler une loi qui porte
le nom de « courbe de Gatsby le
Magnifique » (The Great Gatsby curve), selon laquelle mobilité sociale
et égalité des revenus seraient corrélées (2).
Il est généralement admis qu’avec la mondialisation, l’espace économique dépasse
l’espace politique et que du coup nos gouvernants nationaux ont de moins en
moins de pouvoir. C’est oublier trop facilement qu’il leur reste une marge de
manœuvre importante qu’ils n’utilisent souvent pas. J’aimerais citer quelques exemples
de politiques que nos gouvernements pourraient adopter mais auxquelles ils préfèrent
le « laissez faire », par opportunisme ou faiblesse devant des
groupes de pressions et autres lobbies.![]() |
| Poisson d'avril |
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| L'if de Fortingall a changé de sexe |
L’effet de ruissellement que
les amateurs de globish appellent the trickle down effect se
produirait lorsque les revenus des individus les
plus riches sont réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l'investissement. Ils contribuent ainsi, directement ou indirectement,
à l’activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société.
Cet effet est invoqué pour justifier les réductions d'impôt pour les hauts
revenus ; celles-ci auraient un effet bénéfique pour l'économie globale.
Depuis de nombreuses années, et de toutes parts, j’entend cette rengaine
dès que l’on signale le quasi-plein emploi atteint par l’Allemagne, le Royaume
Uni et les Etats Unis: Oui mais à quel
prix ? A celui d’une grande pauvreté même dans des ménages de travailleurs.![]() |
| Rudy Giuliani, le grand justicier |
L’un est celui qui s’intéresse aux autres peuples, écoute ce qu’ils ont à
dire et essaie de comprendre. On disait et on continue de dire des citoyens de
ce peuple qu’ils sont « cosmopolites », un terme devenu dérogatoire,
mais au moins les cosmopolites étaient sensibles aux autres, même s’ils étaient
religieux, formés dans la culture et la pensée juive, avaient étudié dans une
école rabbinique, se rendaient à la synagogue le jour du shabbat, et étaient souvent
adversaires des mariages mixtes avec un ou une gentil(le). Certains allaient,
cependant, jusqu’à fêter Noël devant un arbre illuminé par des vraies bougies
(du temps où c’était encore permis), mais il n’y avait pas de crèche.
Et puis il y a un deuxième peuple qui ne s’intéresse qu’à lui-même, n’écoute
que lui et ne fait aucun effort pour comprendre ni le premier peuple, ni le reste
du monde. Mais parce que les citoyens de ce deuxième peuple ont quand même
gardé une once de l’ancien humour du temps où ils faisaient encore partie du
premier peuple, la question qu’ils se posent lors de chaque événement ou
changement dans le reste du monde est : « Est-ce bon ou mauvais pour
les Juifs ? » même lorsqu’il s’agit d’une éruption volcanique au
Guatemala, d’un bloc de glace qui se détache de l’Antarctique ou d’une éclipse
de soleil visible uniquement dans l’hémisphère sud.
Du Petit Prince, le dessin de l’éléphant
avalé d’un seul coup par un boa m’a toujours plus impressionné que celui du
mouton. Il m’était difficile de ne pas l’oublier quand j’ai vu le profil de l’éléphant
utilisé depuis quelques années par les chercheurs qui s’intéressent aux inégalités
planétaires. A la différence de celui de Saint-Ex, la trompe de l’éléphant se relève
et c’est inquiétant (1).
Simone de Beauvoir, théoricienne et chantre du féminisme
dans les années 1970, se retourne dans sa tombe : Même certains oiseaux
chanteurs, dont les bouvreuils, écoutent uniquement la voix de leur père. Ils
forment néanmoins, par la suite chacun avec sa belle, des couples « parfaits »
qui ne se sépareront jamais, ce que n’ont pas fait Simone et Jean-Sol Partre.
Parce que leur nombre
grandissant et leur façon de se promener ont rendu leur circulation sur les
branches d’arbustes très difficile. Les automobilistes sont condamnés à la même
chose, et bientôt elles et ils devraient pouvoir bénéficier de la même vue que
ces gentilles bestioles. Sans quoi il ne sera plus possible d’éviter voire d’écraser,
par-ci un piéton, et par-là une cycliste, ou les deux simultanément. Et les
places dans les cimetières, comme les crémations, sont devenues hors prix.
En réalité, comme souvent en économie, tout dépend du point de vue que l’on
adopte ou plus exactement du critère éthique que l’on choisit. En l’occurrence,
on peut en envisager deux. Le premier qualifié d’utilitariste considère que l’idéal
est de maximiser le bien être attendu alors que le second met l’accent sur le résultat
final et favorise une solution qui traiterait de façon équitable ceux qui ont
la chance de vivre longtemps et ceux qui meurent prématurément.
Lorsque une catastrophe réelle et finale nous surprendra en Palestine, les
premiers responsables seront les Britanniques et les seconds seront les organisations
terroristes nées de nos rangs.![]() |
| Elliot Levey |
J’ai la conviction que nos sociétés
auraient sans doute gagné à éviter la vague de privatisation qu’elles ont
connue ces dernières décennies. Trois motivations peuvent expliquer cette
déferlante. D’abord, une motivation idéologique. Les idées néolibérales qui se
sont répandues avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et de Margaret
Thatcher ont amené à nous faire croire que tout ce qui était public était
inefficace. Ensuite, il y avait une série de problèmes politiques qui ont
empêché les entreprises publiques d’évoluer pour répondre aux besoins du
moment. Ajoutons à cela, le besoin de liquidités pour des Etats gravement
endettés. On notera cependant que la plupart des privatisations se sont
produites sans que ne soient effectuées de sérieuses études permettant de
jauger la performance des entreprises publiques qualifiées d’inefficaces sans
autre forme de procès.
Une anecdote qui
date. La scène se passe à Chicago il y a près de 40 ans. Une dame, qui venait
de fêter son 60ème anniversaire, me dit à ma grande surprise :
« Vivement mes 65 ans » et de m’expliquer tout ce qu’elle attend
de cet âge d’or : la retraite, l’assurance santé gratuite (medicare), les transports en communs
gratuits avec sièges réservés pour les séniors, un nombre limité de chèques
taxi (taxi vouchers) et surtout la considération qui était attachée au statut
de sénior.
De peu d’intérêt
me direz-vous, et je suis bien d’accord. Mais il y a très souvent la même
question qui revient et qui est passionnante parce qu’elle revient tellement
souvent que l’on peut se demander comment des gens qui sont capables d’écrire
(puisqu’ils envoient la question par internet) et de lire (puisqu’ils peuvent
lire la réponse que Quora leur
renvoie) peuvent poser une question de ce type : « Peut-on prouver de
façon rigoureuse que la terre n’est pas plate ? » ou, dans une
version, un peu différente « Si la terre est une sphère, mais pas plate,
comment se fait-il que les Australiens ne sont pas tombés dans le
vide ? ».![]() |
| Marie Curie, deux fois Prix Nobel |
Plus que n’importe quelle autre taxe, les droits de succession font l’objet
de nombreuses pressions visant à leur allègement, voire à leur suppression et
le passé récent indique que ces pressions marchent. Une enquête récente du
CREDOC commandée par France Stratégie (1) révèle que la majorité des Français méconnaissent
totalement cette taxe et tendent à l’imaginer beaucoup plus pesante qu’elle ne
l’est en réalité. Par exemple, ils sont nombreux à penser que lors d’un décès
l’époux.se survivant.e doit s’acquitter d’un impôt alors qu’il n’en est rien
depuis de nombreuses années. Il faut dire que le lobby des notaires et des
avocats fiscalistes contribuent à cette désinformation.![]() |
| Le docteur h.c. (presque) diplômé |